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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 16:03

Or donc, hier, c'était la Journée internationale des droits de la femme, couramment abrégée en « Journée de la femme », qui trouve, je le rappelle,  « son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant l'égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote ». Et alors, que se passe-t-il, le lendemain et tous les autres jours, pour la femme ? Petite revue de presse…

 

Tout d'abord un article qui m'a fait rire (jaune) (sans jeu de mots), eu égard aux discussions d'hier tournant autour de la girly attitude. Un article qui confirme quelque chose que j'avais déjà entendu dire, à savoir que des cadavres chinois sont recyclés en produits cosmétiques pour l'Europe. Je gage que malgré les risques sanitaires, réels, (sans parler de l'éthique de la chose) on en parlera beaucoup moins que des lasagnes équines. 

 

Je découvre ensuite quelque chose de beaucoup moins drôle (c'était déjà pas marrant, en fait), dont l'ampleur dépasse ce que je croyais savoir. Sur Slate.fr, un article sur les violences et le viol, quotidien des Indiennes d'Amérique. Violences conjugales, d'une part, et, de l'autre, viols commis par des « non-natifs » qui vont « chasser » dans les réserves, en toute impunité.

 

J'explore un peu le site (je feuillette le journal, quoi) et je tombe sur un article qui pose la question du terme « féminisme ». Est-il temps de l'oublier, de passer à autre chose? Il y a quelques pistes de réflexion, et quelques points qui m'étonnent fort (qui me choquent, même), surtout juste après l'article précédent.

 

Curieuse de découvrir la tribune sur la Journée de la femme, je lis cet article sur la prostitution et les effets pervers de sa dépénalisation en Allemagne et aux Pays-Bas et pour finir, je découvre un petit dossier sur Israël où il est question des femmes qui veulent prier à voix haute au Mur des Lamentations, où certaines se rendent « parce que la lutte contre la contrainte ultra-orthodoxe est le reflet de leur contrôle sur des sujets qui devraient vraiment inquiéter tous les Israéliens: le statut personnel, le mariage, le divorce, et l’identité juive » et là, je tombe carrément des nues, mais je pense aussitôt à cet article lu hier dans Le Point sur Les Désobéissantes qui enflamment Israël en faisant sortir illégalement des Palestiniennes de Cisjordanie pour leur offrir une journée de détente, et je me laisse aller à rêver d'un mieux, là-bas, qui viendrait des femmes…

 

jusqu'à ce que je lise cet article sur la contraception forcée des Juives éthiopiennes en Israël.

 

Il y a encore du boulot...

 

(edit : quelques précisions, erreurs et liens cassés) 

 

(re-edit : et le surlendemain, je tombe sur cet article)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 15:48

Je ne voulais pas parler de la Journée internationale des droits de la femme. Je ne voulais pas, parce que je savais que ça serait comme chaque année une vaste mascarade. Qu'on dirait « journée de la femme », comme on parlerait de la journée du labrador à queue ridicule, et que le message de cette journée serait totalement biaisé, détourné, piétiné.

 

Je ne voulais pas, et puis voilà que je suis tombée sur un blog qui fait un « Top 10 des blogueuses françaises ».

 

Cet article stipule « Elles sont toutes pétillantes, parlent de mode, cuisine ou simplement de leurs vies » et se termine par « Il existe des blogs sur de nombreux sujets différents, allant de la beauté, à la mode, en passant par la lecture ou la cuisine ». Du coup, ça m'a un poil agacée et j'ai commenté, là-bas. Je reprends ces commentaires ci-dessous.

 

Pauvre de moi, sur mon blog, je parle d’édition, d’écriture, de politique, d’immigration, d’homophobie, d’exclusion, de cinéma, de musique, d’identités multiples… et j’en passe !
Que suis-je ? Une mutante ?

 

Ah oui, et d'agriculture. D'élevage de chevaux et d'apiculture, très précisément ^^

 

Blague à part (quoique, en fait, ça n'était pas une blague), moi aussi le côté « girly » m'offense. Parce que la mode, la cuisine et le ménage sont des corvées et qu'il m'a fallu lutter toute ma vie contre l'idée reçue que, parce que j'étais née fille, ça devait m'intéresser, que je devais me maquiller et m'habiller bien avec des fringues pas confortables, et puis porter des talons hauts qui font cambrer les reins, ressortir les fesses et causent de terribles maux de dos.

 

Donc, oui, franchement, que la « Journée internationale des droits des femmes » soit réduite à « journée du girly, de la mode et de la cuisine », je trouve ça offensant. Parce que durant cette journée, on devrait se souvenir des fillettes excisées, mariées contre leur gré, des femmes battues, de celles qui n'ont pas le droit de vote, le droit d'aller à visage découvert, d'aller où bon leur semble, de celles qui pour le même travail touchent moins que leurs collègues masculins, de celles qui sont violées et qu'on traite d'allumeuses, voire qu'on oblige à épouser leur violeur ou qu'on met en prison…

 

C'est ça, la « Journée internationale des droits des femmes ».

 

Ça ne veut pas dire que je pense que les blogs sur la mode ou la cuisine valent moins que les autres. Ce n'est pas parce que c'est pas ma tasse de thé que je porte un jugement de valeur. On a tous – et surtout toutes – le droit d'avoir des goûts différents, d'en parler ou non. De la même manière, je ne porte aucun jugement de valeurs sur les femmes qui choisissent d'avoir des enfants ou celles qui n'en veulent pas, et sur les blogs que les unes ou les autres peuvent avoir.

 

Ça veut juste dire que tant que « girly » sera l'idéal féminin, on aura à se faire du souci pour nos filles.

 

edit : eh bien en fait, nous étions plusieurs à ne pas vouloir parler de la Journée internationale des droits de la femme, tandis que d'autres avaient des choses à dire. Tout cela s'exprime dans un billet hâtivement bricolé sur C(h)oeurs de Citoyens.

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Published by Lucie Chenu - dans Coup de gueule
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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 16:40

Esperanto est un projet de film en cours de réalisation par Yann Selakovitch et l'association de production et réalisation Woolly Dream.

 

Yann Selakovitch avait déjà réalisé un court-métrage teinté de fantastique, dont je vous avais déjà parlé, Chimerarium, et Woolly Dream est aussi le producteur de la web-série humoristique The Silly Batteries , dont l'histoire se situe après la fin du monde, celle qui a bien eu lieu le 21 décembre 2012.

 

Pour en revenir à Esperanto, l'équipe est actuellement en recherche de financement, en particulier sur Ulule, pour 27 jours encore.

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le principe de Ulule, vite fait : c'est un site sur lequel on peut proposer un projet en pré-financement, un peu comme une souscription pour un livre à paraître. C'est l'équivalent français de Kickstarter, le site américain grâce auquel Amanda Parker a pu obtenir le financement de son album, l'an dernier. Les internautes qui souhaitent soutenir tel ou tel projet peuvent donner une somme d'argent, en échange de laquelle ils obtiennent quelque chose de plus ou moins important en fonction de la somme offerte.

 

Dans le cas d'Esperanto, on peut participer à partir de cinq euros, jusqu'à… Il n'y a pas de limite supérieure, bien sûr. Selon le don, selon votre choix, vous pouvez obtenir votre nom au générique (vous voulez faire de la pub ? Pensez-y !), le DVD du film, assister aux derniers jours du tournage et bien d'autres choses encore.


Cliquez sur le lien, regardez le trailer et lisez les explications, ça vaudra mieux que tous mes longs discours ^^ (Bon, je vous mets quand même le synopsis en dessous)

 

Et n'hésitez pas à transmettre autour de vous !

 

http://fr.ulule.com/esperanto/

 

 

 


 

 

 

Synopsis :
Dans les années 1960, deux pays dans l'esprit des Balkans sont en guerre depuis quelques années. Un soldat a perdu ses facultés mentales, il est devenu incapable de vivre avec ses semblables. Il est transféré dans un campement à l'écart, une sorte de no man's land où s’est formée une microsociété composée d'exclus. Là-bas, il réapprend à vivre au contact des habitants, qui vivent dans de vieilles carcasses de caravanes rouillées…

Simon, le nouvel arrivant, ne dit rien, il respire à peine, ne s'alimente plus, et son regard s'égare. Mais les habitants de ces caravanes ont eux aussi été traumatisés par la guerre, ce sont des fous, chacun à sa manière.

Il y a le Roi aux grands discours vides de toute sincérité, le Fou qui joue la vie, et qui jouera avec Simon. Il y a l'autorité presque paralysante de Maria, la « madre », agressant le nouvel arrivant, tout comme cette Fille qui change de passé et de personnalité à chaque réveil, toujours traumatisée par « les hommes »… Lou et sa gentillesse, qui cache peut-être quelque chose, confrontent Simon à bien des épreuves. Sans parler de la présence de Tommy, aveugle, sourd et muet, jouant de l’harmonica, toujours assis à sa place, et du Chien... Enfin, si on ose appeler cela un chien...

Simon sera confronté aux habitudes de chacun, à leurs pulsions, leurs vices et leurs caprices. Il n'aura alors pas d'autres choix que de réagir, bousculé et poussé vers l'avant. Mais il semble paralysé par son passé, et son attitude va évoluer vers un chemin que lui-même n'aurait jamais osé imaginer…

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Published by Lucie Chenu - dans Séries TV - cinéma
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 16:17

J'ai comme l'impression de sortir d'hibernation.

 

Je suis restée longtemps silencieuse sur ce blog. Quelques nouvelles retransmises de temps à autre, assez peu, finalement. Les contacts se font ailleurs, facebook, beaucoup. Mais ces jours-ci, il me vient de nouveau des envies de bloguer, des envies de partager des coups de cœur, parler de mes lectures, de musique ou de films. Ça se fera petit à petit, sans « devoir », pour le plaisir, quand et comme je pourrai, en fonction du temps qui s'effrite chaque jour entre mes doigts avides de le retenir… Et puis je vous informerai de mes projets, de ceux de mes amis ou des gens que j'admire, tout simplement.

 

Pour commencer, quelques news qui me concernent. Deux de mes nouvelles viennent de sortir. La première, « Le Heurt du Réverbère », dans Station Fiction n°5 (2012) – La Bête. C'est en fait une réédition. Une première version de ce texte avait été publié en 2005, dans L'Oulifan n°15 – Revenantes 2. Il fallait écrire une short story sur le thème « éclats et félins » et y inclure trois phrases tirées d'un roman de Jane Austen. Le texte a été partiellement réécrit et une suite, indépendante et libérée des contraintes oulipiennes, doit paraître prochainement, dans une anthologie éditée par Station Fiction, elle aussi.

 

http://www.thebookedition.com/images/couv-products-92517.png

 

La seconde, « L'eau pure », figure au sommaire de L'Amicale des jeteurs de sort, aux éditions Malpertuis. C'est l'anthologie du festival Zone Franche 2013, festival auquel, à mon grand regret, je n'ai pas pu me rendre comme je l'avais projeté. C'est d'autant plus dommage que je comptais y rencontrer plein de gens, assister à quelques tables rondes – sur le numérique – voire participer à l'une d'entre elles – sur l'antho en question – et, cerise sur le gâteau, être présente lors de l'annonce de la naissance de la revue Mythologica.

 

http://www.ovhsitebuilder.com/files/writeable/uploads/ovh681/image/couvajszf.jpg

 

Parce que oui, ça me concerne, ça ! Mythologica, webzine indépendant, lance une revue trimestrielle qui sera éditée sous deux formes, papier et numérique. Cette revue s'intéressera à des domaines assez variés allant de la littérature au cinéma, en passant par le jeu ou la musique, toujours en relation avec l'Imaginaire, bien entendu, et plus particulièrement avec la fantasy et le fantastique. Pour ma part, je serai en charge de la fiction francophone, une nouvelle aventure fort excitante.

 

http://www.mythologica.net/wp-content/uploads/2013/02/couv0-trois-quarts-300x300.jpg

 

Pour tout savoir au sujet de la revue, les collaborateurs, le format, les thèmes, le coût, le numéro gratuit, lire le communiqué de presse.

 

D'ailleurs, je vous laisse : j'ai commencé à travailler dessus !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Livres - édition
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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 14:13

Il est toujours délicat de critiquer un livre dont on connaît l'auteur. Ça l'est d'autant plus si ce livre est, non pas une fiction, mais une autobiographie. Pourtant, je n'ai pas envie de passer sous silence le bonheur de lecture que m'a procuré Noir sur Blanc, de Ketty Steward.

 

http://www.noosfere.com/heberg/ktsteward/images/livres/nsb200.jpg

 

 

Ce livre se présente comme un recueil de souvenirs. Ketty Steward raconte son enfance à la Martinique, son adolescence et un peu sa vie d'adulte. Elle le fait à petites touches, noires et blanches, comme celle d'un piano qui égrène une mélodie au rythme souvent cassé. Il est question de discrimination ethnique, certes (assez peu, en fin de compte), mais aussi et surtout d'une famille à l'histoire pesante, d'une religion (les Adventistes du Septième Jour) très particulière, de plein de façons de ne pas être « comme les autres », de ces différences qui façonnent, dans la joie, parfois, dans la douleur, trop souvent. Ketty relate des « anecdotes » qui, loin d'être secondaires, ont contribué à bâtir son identité, elle parle de souffrance avec une pudeur infinie – et rien que pour ça, je lui tire mon chapeau, mais je lui tire aussi pour le reste.

 

 

J'aurais plein d'autres choses à dire sur ma lecture de Noir sur Blanc, mais j'en parlerai directement à Ketty. Je lui dirai le plaisir que j'ai eu à déguster son écriture, très juste et très belle, les émotions diverses, et fortes, que j'ai ressenties en découvrant un peu plus sa vie si contrastée. Et le sentiment que j'ai eu d'être, à bien des égards, pareille, alors que nos parcours sont très différents.


À vous, je dirai simplement : lisez ce livre ! On peut le trouver dans toute bonne librairie ou le commander sur le site des éditions Henry. Et pour plus de renseignements, allez faire un tour sur le site de Ketty Steward – je vous conseille aussi le blog de Mélanie Fazi qui parle très bien de sa lecture de Noir sur Blanc.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 19:00

Je viens de rentrer d'un long voyage (d'autant plus fatigant que je suis partie en voiture), chargé d'émotion, qui m'a menée au Mans, au Havre, à Paris, à Montrouge et à Nantes... J'ai ainsi pu retrouver des gens chers à mon cœur et que je vois trop rarement. C'était aussi pour moi l'occasion de me rendre aux Utopiales, le vendredi uniquement, principalement pour assister à l'hommage rendu à Roland Wagner, un hommage « qui n’aurait jamais dû avoir lieu aussi tôt », comme le dit si bien Laura Vitali. Là aussi, j'ai revu des amis, des connaissances, pris des nouvelles des uns et des autres. C'était bien. Même si je n'ai pas assez vu (voire pas vu du tout) certains d'entre eux.

 

Je suis rentrée un peu épuisée de tous ces kilomètres, et depuis je télécharge les tables rondes et les conférences qui m'intéressent (et il y en a un paquet, cette année !) Elles ne sont pas encore toutes en ligne, mais si vous aussi souhaitez les entendre, voilà le lien vers le blog mis en place par ActuSF. Allez y faire un tour, vous y trouverez des photos, des vidéos, des mp3 et j'en passe… Pour ma part, je vais devoir trouver le temps de les écouter, maintenant… Et celui de lire les livres que je ramène dans ma besace.

 

 

 

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 11:45

Salut, ô Atlantique

Épique et fantastique.

C'est bon de te revoir,

Et même de te boire.

 

Le roulement incessant

De tes vagues salées,

Bruyantes et ensablées

Me lave et me délasse.

Toutes les pensées sales,

Mauvaises, et tout le stress

S'en vont en me laissant

Vide de tout devoir,

Vierge de tout rêve,

Et je ne songe à rien.

 

Les émotions me quittent

Au sein de l'Atlantique.

Je flotte, l'esprit serein,

Au rythme du reflux.

Je suis comme apurée

Et mon âme s'allège

Des peines et des soucis

Qui lui pesaient si lourd,

Des joies et des bonheurs

Qui lui tenaient si chaud,

Jusqu'à ce qu'elle ne soit

Plus qu'une bulle légère

Qui s'élève dans le ciel.

 

Et je découvre alors

Toutes les autres bulles

Qui s'envolent au vent

Rugissant au-dessus

De nos corps allongés,

Flottant, éparpillés,

Autour de la carcasse,

De l'épave éventrée,

Du navire chaviré.

 

Et nos cadavres roulent

Au sein de l'Atlantique.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 08:42

Quand les sommets lointains se festonnent de nuages,

Lorsque le vent forcit à faire tournoyer,

Que les feuilles s'arrachent des verts peupliers,

Que les noyers grêlent dru leurs fruits sur nos têtes,

Que les grondements roulent tout là-haut sur les crêtes,

Alors c'est là le signe que les dieux sont en rage.

Quand le sable s'élève et s'avance en crissant,

Que des tornades se forment et vont, menaçant

Ce qui par malheur est sur leur voie, spiralant,

Quand le tonnerre éclate, annonce enfin l'orage,

Quand les vagues se haussent pour embrasser l'éclair,

Alors c'est qu'il est temps de déserter la plage

Avant que, délaissant toute pudeur amère

L'océan déchainé n'exhibe sa colère

Et ne détruise tout, le long de son passage.  

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 19:39

Le dieu était dans la lune, d’Hervé Thiellement

éd. Black Coat Press, coll. Rivière Blanche

 

Un jour, Gontran Rieu, accompagné de Créon, un Camégékko mâle accroché à son oreille gauche, rencontra Madame Labette, une anibulle. Les anibulles sont des êtres vivants et pensants capables de se passer d’atmosphère, de voyager dans l’espace plus vite que la lumière et de loger en leur sein des astronefs avec leurs occupants. Or, Labette est une anibulle de type 4, je vous prie, et qui plus est, à la recherche d’un partenaire pour faire du commerce entre les systèmes (stellaires, évidemment, les systèmes : quoi d’autre ?)

 

Et c’est ainsi que Labette l’anibulle embaucha Gont l’humano et son Camégékko télépathe. Cette joyeuse équipe rencontra par la suite plusieurs personnes (avec ou sans Camégékko), humaines ou non, et bourlingua gaiment entre les étoiles jusqu’au moment où Dieu se réveilla, quelque part sur une lune boueuse, et décida de se faire adorer, d’asservir et de détruire. Plus exactement, elle s’éveillera bien plus tard, mais un saut dans le passé lui permettra de se trouver sur le chemin de l’anibulle et de ses amis, et de découvrir qu’on peut être Dieu sans pour autant éviter les ennuis.

 

http://riviereblanche.com/dieulune01.jpg

Le dieu était dans la lune est un roman de SF jubilatoire et jouissif (pléonasme ? Tant pis. Je persiste et signe), dont l’intrigue est moins bordélique que ce que je vous laisse entendre. Son seul défaut est de déborder de personnages amicaux, sympathiques et ayant à peu près tous le même caractère et les mêmes goûts (au premier rang desquels faire l’amour) (mais non, ce n’est pas ça le problème !) Du coup, l’ensemble manque de contraste et l’histoire pêche par excès d’harmonie. Ce qu’entreprend la joyeuse troupe qui vit dans l’anibulle réussit toujours, ou presque. On frôlerait l’ennui si, heureusement, Labette, Gont (et Hervé Thiellement) ne débordaient d’idées. Et on arrive sans s’en apercevoir à la fin du bouquin qu’on a lu d’une traite, un large sourire plaqué sur le visage (mes zygomatiques ne vous remercient pas, monsieur Thiellement !) avec l’envie de lire de nouvelles aventures de cette bande de Branquignols de l’espace. (En réalité, la référence cinématographique qui vient à l’esprit en lisant ce bouquin serait plutôt Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.) J’espère juste que la suite connaîtra un peu plus de suspens, parce que… Parce que je suis le type de lectrice qui fonctionne comme ça, tout simplement.

 

Alors, j’aurais pu vous parler de l’aspect plus profond et plus sérieux du roman. Jean-François Thomas le fait très bien dans Galaxies n°16 où il écrit « Sans en avoir l’air, Hervé Thiellement s’attaque au fanatisme et au dogmatisme, notamment religieux, et prône la liberté, l’amour et l’amitié. » Son analyse du roman (qui ne se limite pas à cette seule phrase) est très intéressante. Mais moi, en lisant Le dieu était dans la lune, je suis passée à côté de tout ça. D’une part parce que je connais les opinions de l’auteur que j’ai le plaisir de compter parmi mes amis, et que nous avons souvent l’occasion de débattre des sujets qui nous passionnent tous les deux (et si on est d’accord sur l’essentiel, on peut batailler sévère sur certains points). De l’autre parce que, pour tout vous avouer, j’étais trop occupée à me fendre la poire.

 

Et vous savez quoi ? C’est précieux. Merci Hervé !

 

Lucie Chenu

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 16:08

Il m'interdisait,

Certains soirs,

De lire

Et aussi de dormir.

Je devais écouter,

Allongée,

Dans le noir,

Chaque coup de battoir.

Je devais écouter

Chaque insulte,

Chaque cri,

Pour en prendre de la graine.

Graine de quoi ?

Graines de haine

Enfilées telles les perles

D'un collier maléfique

Qui me serrait le cou

À m'en étrangler,

M'empêchait de bouger,

De pleurer,

De parler.

 

Je ne devais pas lire,

Mais j'avais un secret :

Pas besoin des écrits

De Bidule ou d'Untel.

Je savais faire naître

La magie des histoires

Qui emportent les enfants

Au Pays du Bonheur

D'où les monstres sont bannis.

Alors, je restais

Allongée

Tout comme il l'avait

Ordonné.

Mais mon esprit délié

Vagabondait

Et il s'en est allé

Loin de ce corps meurtri,

Loin des coups,

Loin des cris,

Pour toujours,

Il est parti.

.../...

 

Le 9 juin 2012

La suite existe, elle n'est pas destinée à ce blog.

 

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