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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 19:21

Chère Gudule,

 

Ça fait des jours, si ce n’est des semaines, que je veux t’écrire. Et puis je ne trouvais pas les mots, je ne savais pas comment te dire. Te dire merci. Merci pour Le Bel Été, que tu m’as offert. Merci surtout de l’avoir écrit.

 

Ce Bel Été, j’en connaissais l’histoire. Ton deuil, l’ami fidèle qui est là pour te soutenir, et l’amour qui vous tombe dessus. Et puis la saleté de maladie. Je connaissais l’histoire par ce que tu m’en avais raconté, et parce que tu l’avais pré-publié sur ton blog – mais lire le livre est autrement plus jouissif :-)

 

http://img.over-blog.com/600x421/2/52/29/68/images/-couv-definitive.jpg

 

 

Gudule, je n’aurai jamais autant ri à lire des descriptions d’hôpitaux et de soins. Les Desperate Housewives peuvent se rhabiller, tu les bats à plate couture ! Et c’est de ça que je veux te remercier. Ton livre devrait être distribué dans toutes les salles d’attente de tous les cabinets médicaux, parce qu’il fait du bien, parce qu’il rend heureux, envers et contre les sales trucs qui nous tombent dessus. Je suis tombée amoureuse de Castor – non, rassure-toi, du personnage de Castor que j’ai envie d’embrasser pour avoir été et être toujours là (tu lui diras, hein ?)

 

Donc voilà, bizarrement, j’ai eu du mal à mettre ça par écrit, sans doute parce que ça touchait quelque chose de particulièrement sensible en moi. Et aussi je voulais de rendre publique cette lettre. J’espère que ça ne te gêne pas, mais vraiment, Le Bel Été rentre dans mon top trois des livres à partager parce qu’ils font du bien à l’âme, et j’ai envie de le faire savoir.

 

Donc tous, qui me lisez, allez faire un tour sur le blog de Gudule où est indiqué comment se procurer ce petit et si grand ouvrage. En plus, on peut le recevoir dédicacé !

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 17:15

        Je n'ai plus le temps de chroniquer mes lectures, mais j'ai toujours envie de partager, de faire découvrir mes coups de coeur. Alors ce sera du trois en un, trois livres dans un billet, trois livres que je viens juste de finir ou suis en train de lire et que je prends grand plaisir à lire.

 

        L'artbook, pour commencer. Il s'agit de Manhattan Ghosts, un texte de Philippe Ward, sur des photos de Mickaël Laguerre, publié chez Rivière Blanche. New York, la ville dont sont tombés amoureux le père et le fils, la musique, et des photos magnifiques. Je connais et j'aime les livres de Philippe Ward, je savais que je prendrais plaisir à lire l'histoire qu'il a concoctée, l'histoire d'une flic new-yorkaise vivante qu'un fantôme (un ami de son père) emmène dans l'autre monde, le purgatoire où les âmes des morts attendent, pour mener l'enquête sur la disparition de John Lennon. Je savais bien que ça serait jubilatoire, et que ça me donnerait envie de réécouter Lennon, et aussi Billie Holiday, Marylin Monroe et tous les autres. Je le savais, mais je ne m'attendais pas à avoir le souffle coupé devant les photographies de Mickaël Laguerre ! Des images splendides, en noir & blanc ou en couleurs, des prises de vue intimistes ou des paysages urbains grandioses, classiques ou très rares. Magnifique !

        Et d'ailleurs, j'aimerais beaucoup avoir la légende des photos. Parce que ces toits, parce que ces statues, parce que ces couleurs sont extraordinaires, et que je voudrais pouvoir explorer, via le net à défaut de pouvoir prendre l'avion, pour en voir davantage... Et puis je me dis que toutes les photos qu'a prises Mickaël ne sont sûrement pas contenues dans le livre, alors...

        Et puis je voudrais la play-list, aussi. Parce que je saurai facilement retrouver certains morceaux, comme "Imagine", mais peut-être pas tous. Alors, une page web dédiée à Manhattan Ghosts ? En voilà une idée qu'elle est bonne !

 

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        Le roman, ensuite. C'est Car les temps changent, de Dominique Douay, paru aux moutons électriques, dans la collection Helios (coll. de poche que se partagent à présent les Indés de l'Imaginaire), sous une couverture signée Sylvie Chêne. J'attendais avec impatience la parution de ce roman (et la réédition de L'Impasse-temps qui figure en bonne place dans ma PAL -- j'ai longuement hésité entre commencer par l'un ou par l'autre, et la curiosité l'a emporté). J'ai eu l'occasion de parler ici ou là (sur facebook, je crois) de son recueil de nouvelles Cinq solutions pour en finir, et de la novella intitulée "Car les temps chagent", une novella en cinq parties entrecoupées par trois autres nouvelles. C'est ce texte que Dominique Douay a repris, amplifié, complété. Il lui a donné un background et une profondeur, du réalisme -- et du coup un je-ne-sais-quoi de tragique -- et une fin surprenante, qui à la fois explique et... Chut ! Ne comptez pas sur moi pour en dévoiler trop. Allez lire le pitch sur le site des moutons et laissez-vous tenter. Sachez seulement que je n'étais pas peu fière en découvrant, dans cette interview, que je ne suis pas peu fière d'avoir contribué à pousser D.D. à passer à l'acte ;-) et à faire de cette nouvelle un roman.

        Une autre chose dont je ne suis pas peu fière (je suis en mode fan, ça se voit ? ^^), c'est que Dominique m'ait demandé d'écrire un petit témoignage ou je ne sais comment ça s'appelle, sur mon rapport à ses livres, pour le dossier du prochain Galaxies qui lui est consacré. À ce propos, double gag : je ne savais pas, en l'écrivant, que devaient paraitre Car les temps changent et l'Impasse-temps et lui ne savait pas que je collaborais à Galaxies et que j'aurais la chance de lire ce numéro en avant-première. Je peux vous l'annoncer: c'est du grand cru !

 

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        L'anthologie, enfin. C'est Noëls d'hier et de demain, dirigée par Pierre-Alexandre Sicart pour les éditions Argemmios, et magnifiquement illustrée par Caza. Je la lis avec un pincement au coeur, parce que c'est le dernier ouvrage publié par les éditions Argemmios fondées il y a six ans par mon amie Nathalie Dau et qui ferment leurs portes, faute de repreneur. Je la lis aussi avec grand bonheur, parce que le thème est formidable et que les textes l'abordent tous de façon très différente, qu'ils sont originaux et -- osons le mot -- beaux. Alors, oui, bien sûr, ils sont aussi irréguliers, oui, bien sûr, il y en a qui m'accrochent moins que d'autres, c'est le principe d'une anthologie. Mais quel plaisir de découvrir tel auteur dont on n'avait pas entendu parler et dont on a subitement envie de découvrir les oeuvres complètes ;-)

Les "contes" de Noël réunis par Pierre-Alexandre ne sont pas pour les enfants. Certains d'entre eux sont durs, ou cyniques, ou poignants. Certains sont drôles, ou tendres. Il y a de la science-fiction, du fantastique, du merveilleux... Il y est question de sapins, du Père Noël, du Messie... et de bien d'autres choses encore. C'est un livre formidable, et à peine paru, c'est un livre rare. On peut le commander exclusivement sur la boutique en ligne d'Argemmios, jusqu'au 24 juillet et dans la limite des stocks disponibles. C'est déjà un collector, et ça me fait mal de penser qu'il n'a que si peu de temps pour rencontrer son lectorat (il n'est pas disponible en numérique). Il y a de grands noms, au sommaire, et quelques auteurs moins connus, soigneusement sélectionnés (David Baquaise, Olivier Boile, Ophélie Bruneau, Orson Scott Card, Muriel Essling, Pierre Gévart, Léo Lamarche, Meddy Ligner, Jean-Marc Ligny, Claude Mamier, Élodie Meste, Damien Nortier, Anne Rossi, Alain Rozenbaum, Nicolas Saintier, Léa Silva, Ian Watson et Dean Whitlock). Je sais tout le travail que représente une anthologie, et je sais le soin qu'a mis Pierre-Alexandre à réaliser celle-là, à traduire les textes anglo-saxons, alors j'ai envie de lui dire bravo.

 

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Et comme je ne veux pas finir sur une note de nostalgie, voici un très bref aperçu de ce qui m'attend :

La Révolte d'Albi, de Claude Mamier

Mystère en Atlantide, de Philippe Ward & Sylvie Miller

La Chimère aux ailes de feu, de Li-Cam

Et bien sûr L'Impasse-temps, de Dominique Douay, dont je parlais plus haut, et plein d'autres encore...

 

Allez, la prochaine fois, je vous parle de mes lectures en numérique ;-) Là aussi, il y a du très bon !

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 14:13

Il est toujours délicat de critiquer un livre dont on connaît l'auteur. Ça l'est d'autant plus si ce livre est, non pas une fiction, mais une autobiographie. Pourtant, je n'ai pas envie de passer sous silence le bonheur de lecture que m'a procuré Noir sur Blanc, de Ketty Steward.

 

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Ce livre se présente comme un recueil de souvenirs. Ketty Steward raconte son enfance à la Martinique, son adolescence et un peu sa vie d'adulte. Elle le fait à petites touches, noires et blanches, comme celle d'un piano qui égrène une mélodie au rythme souvent cassé. Il est question de discrimination ethnique, certes (assez peu, en fin de compte), mais aussi et surtout d'une famille à l'histoire pesante, d'une religion (les Adventistes du Septième Jour) très particulière, de plein de façons de ne pas être « comme les autres », de ces différences qui façonnent, dans la joie, parfois, dans la douleur, trop souvent. Ketty relate des « anecdotes » qui, loin d'être secondaires, ont contribué à bâtir son identité, elle parle de souffrance avec une pudeur infinie – et rien que pour ça, je lui tire mon chapeau, mais je lui tire aussi pour le reste.

 

 

J'aurais plein d'autres choses à dire sur ma lecture de Noir sur Blanc, mais j'en parlerai directement à Ketty. Je lui dirai le plaisir que j'ai eu à déguster son écriture, très juste et très belle, les émotions diverses, et fortes, que j'ai ressenties en découvrant un peu plus sa vie si contrastée. Et le sentiment que j'ai eu d'être, à bien des égards, pareille, alors que nos parcours sont très différents.


À vous, je dirai simplement : lisez ce livre ! On peut le trouver dans toute bonne librairie ou le commander sur le site des éditions Henry. Et pour plus de renseignements, allez faire un tour sur le site de Ketty Steward – je vous conseille aussi le blog de Mélanie Fazi qui parle très bien de sa lecture de Noir sur Blanc.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 19:39

Le dieu était dans la lune, d’Hervé Thiellement

éd. Black Coat Press, coll. Rivière Blanche

 

Un jour, Gontran Rieu, accompagné de Créon, un Camégékko mâle accroché à son oreille gauche, rencontra Madame Labette, une anibulle. Les anibulles sont des êtres vivants et pensants capables de se passer d’atmosphère, de voyager dans l’espace plus vite que la lumière et de loger en leur sein des astronefs avec leurs occupants. Or, Labette est une anibulle de type 4, je vous prie, et qui plus est, à la recherche d’un partenaire pour faire du commerce entre les systèmes (stellaires, évidemment, les systèmes : quoi d’autre ?)

 

Et c’est ainsi que Labette l’anibulle embaucha Gont l’humano et son Camégékko télépathe. Cette joyeuse équipe rencontra par la suite plusieurs personnes (avec ou sans Camégékko), humaines ou non, et bourlingua gaiment entre les étoiles jusqu’au moment où Dieu se réveilla, quelque part sur une lune boueuse, et décida de se faire adorer, d’asservir et de détruire. Plus exactement, elle s’éveillera bien plus tard, mais un saut dans le passé lui permettra de se trouver sur le chemin de l’anibulle et de ses amis, et de découvrir qu’on peut être Dieu sans pour autant éviter les ennuis.

 

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Le dieu était dans la lune est un roman de SF jubilatoire et jouissif (pléonasme ? Tant pis. Je persiste et signe), dont l’intrigue est moins bordélique que ce que je vous laisse entendre. Son seul défaut est de déborder de personnages amicaux, sympathiques et ayant à peu près tous le même caractère et les mêmes goûts (au premier rang desquels faire l’amour) (mais non, ce n’est pas ça le problème !) Du coup, l’ensemble manque de contraste et l’histoire pêche par excès d’harmonie. Ce qu’entreprend la joyeuse troupe qui vit dans l’anibulle réussit toujours, ou presque. On frôlerait l’ennui si, heureusement, Labette, Gont (et Hervé Thiellement) ne débordaient d’idées. Et on arrive sans s’en apercevoir à la fin du bouquin qu’on a lu d’une traite, un large sourire plaqué sur le visage (mes zygomatiques ne vous remercient pas, monsieur Thiellement !) avec l’envie de lire de nouvelles aventures de cette bande de Branquignols de l’espace. (En réalité, la référence cinématographique qui vient à l’esprit en lisant ce bouquin serait plutôt Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.) J’espère juste que la suite connaîtra un peu plus de suspens, parce que… Parce que je suis le type de lectrice qui fonctionne comme ça, tout simplement.

 

Alors, j’aurais pu vous parler de l’aspect plus profond et plus sérieux du roman. Jean-François Thomas le fait très bien dans Galaxies n°16 où il écrit « Sans en avoir l’air, Hervé Thiellement s’attaque au fanatisme et au dogmatisme, notamment religieux, et prône la liberté, l’amour et l’amitié. » Son analyse du roman (qui ne se limite pas à cette seule phrase) est très intéressante. Mais moi, en lisant Le dieu était dans la lune, je suis passée à côté de tout ça. D’une part parce que je connais les opinions de l’auteur que j’ai le plaisir de compter parmi mes amis, et que nous avons souvent l’occasion de débattre des sujets qui nous passionnent tous les deux (et si on est d’accord sur l’essentiel, on peut batailler sévère sur certains points). De l’autre parce que, pour tout vous avouer, j’étais trop occupée à me fendre la poire.

 

Et vous savez quoi ? C’est précieux. Merci Hervé !

 

Lucie Chenu

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 18:58

 

La Vestale du Calix   http://www.noosfere.org/images/couv/a/atalante557-2011.jpg

Anne Larue

éditions L'Atalante

coll. La Dentelle du Cygne

illustration de couverture : Genkis

septembre 2011, 224 pages, 14 €

 

 

Je vous ai déjà parlé d'Anne Larue, à l'occasion de la parution, suivie du retrait des librairies – autrement dit une censure de la part de son propre éditeur qui avait pourtant accepté l'ouvrage ! –, de son essai Fiction, féminisme et postmodernité. Les voies subversives du roman contemporain à grand succès. Cet essai universitaire traite de la fantasy et de la wicca, et de la façon dont elles font « acte de résistance contre le backlash, revanche antiféministe de nos sociétés occidentales aujourd’hui ». Anne n'en était pas à son premier essai, elle a une biblio assez conséquente dont les titres, alléchants, vont de La femme est-elle soluble dans l'eau de vaisselle ?à Le Masochisme, ou comment ne pas devenir un suicidé de la société, en passant par Une vie de Démocriteet Le Surréalisme de Duchamp à Deleuze… Ça fait envie, non ?

 

Mais Anne Larue, universitaire atypique, a plus d'une corde à son arc. Et, comme elle l'explique dans une interview, les essais s'adressent à des lecteurs d'essais, et elle souhaitait s'adresser à des lecteurs de fiction. Et puis cette passionnée de fantasy ne pouvait qu'avoir envie de s'essayer au roman. Ce qu'elle a fait, donc, avec La Vestale du Calix, parue chez L'Atalante.

 

Anna est une vestale, elle a grandi au Vestaliat auquel elle a réussi à accéder, enfant, au cours d'une épreuve qui en a laissé plus d'une sur le carreau – ou plus exactement sur la route où elles sont mortes d'épuisement. Anna est consciencieuse, mais aussi amoureuse, et, à cause d'elle, le Calix Esclarmonde dont elle avait la garde est brisé. Pour un tel crime, Anna devrait passer à l'ébouillanté, mais voilà, son maître a besoin d'un cobaye, elle est donc décorporée – ce qui est moins douloureux. Persuadée d'être morte, elle se retrouve en l'an 4666 où, ma foi, elle trouve que l'après-vie n'est pas si désagréable. Elle devient la co-locataire d'Ankh, belle blonde médiéviste, avec qui elle se cache pour échapper aux matches de trimslop. Elle fabrique des costumes et monte à cheval. Elle est d'ailleurs, semble-t-il, l'une des rares de cette époque à savoir que les chevaux sont intelligents et qu'ils parlent. Mais peut-être ne lui parlent-ils qu'à elle ? Le jour où elle disparaît, Ankh part à sa recherche en compagnie de Holinshed, un cheval qui voyage dans le temps. Ce sera pour Ankh un véritable voyage initiatique.

 

Vous en ai-je trop dit ? Je ne crois pas. Car connaître le fil de cette histoire à la fois loufoque et grandiose, ça n'est pas l'avoir lue. L'intrigue est passionnante et originale, les personnages attirants, mais surtout on se marre à chaque phrase, alors qu'il est question de choses profondes, voire graves. Souvent, je me laissais aller à l'amusement, et puis tout d'un coup, je prenais brusquement conscience de la portée de ce que je lisais, je découvrais au détour d'un paragraphe qu'il y avait bien plus que ce qu'il semblait. Je suppose que ça tient au style d'Anne Larue, à ses phrases précises et concises qui apportent une fraîcheur à ce qui apparaîtrait glauque sous la plume d'une autre. Il y a quelque chose, dans son ton, qui me fait penser à l'art naïf. Une simplicité qui permet des métaphores plus osées. Une légèreté qui fait passer un message, qu'on est libre de prendre pour le faire sien ou de laisser de côté, et qui, du coup, passe tellement bien…

 

 

Et puis, cette histoire, bon sang, tout à la fois classique et terriblement originale… Waouh…! 

 

edti : pour rajouter deux points. 1) j'adore ses chevaux et 2) j'adore la couverture, signée Genkis

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 14:52

 

 

Le Petit Jardin des fées                                           http://www.lelitteraire.com/IMG/fees%20couv.jpg

Anne Duguël, alias Gudule

éditions [Mic_Mac]

collection Prétexte

illustration de couverture : Xavier Collette

octobre 2010, 176 pages, 17 €

 

 

Le petit jardin des fées est un roman pour adultes, c'est pourquoi Gudule l'a signé Anne Duguël, son nom de plume réservé aux adultes (alors que Gudule, son nom de plume tout court, a servi surtout pour ses ouvrages jeunesse, mais pas que, la preuve, les deux omnibus publiés chez Bragelonne : Le Club des petites filles mortes et Les filles mortes se ramassent au scalpel) (en fait, Gudule explique la raison de ce nouveau changement de pseudonyme dans une interview récente). Il est paru aux éditions [Mic_MaC], dans la collection Prétexte, une collection pour adultes, donc, chez cet éditeur spécialisé pour la jeunesse. C'est un roman d'horreur, mais pas de fantastique. Est-ce pour cela, je ne sais pas, mais toujours est-il qu'on a peu parlé de ce livre, comparé à d'autres titres de Gudule. Ce qui est bien dommage, à mon humble avis, parce que ce bouquin est excellent, et que je me suis régalée à sa lecture. Un seul regret pour ce livre superbement illustré par Xavier Collette : qu'on en parle si peu. À vrai dire, même le site de l'éditeur n'est pas à jour, et c'est sur Le Littéraire que j'ai trouvé l'illustration de couverture. (Attention, je trouve que la chronique de Serge Perraud, très intéressante au demeurant, dévoile un peu trop l'histoire, donc à vous de voir si vous avez envie de la lire avant de lire le roman. Je trouve aussi que dans la réserve qu'il émet, S. Perraud confond l'auteur et son personnage…)

 

Vanille et Fleur sont en vacances chez leur mamie, Claudine Duchemin, à Pastourou, un village du Tarn. Elles y jouent tous les jours avec Nina, la fille du maire et de la tenancière du bar-tabac. Les trois fillettes vont dans le « jardin aux simples » et écoutent de la musique, et dansent, dans l'espoir d'attirer les fées. Elles vont effectivement attirer quelque chose, mais pas ce qu'elles espéraient.

Dès le début, on sait que quelque chose s'est passé, quelque chose de dramatique qui concerne Fleur. Mais on ne sait pas quoi, on devine, peu à peu. On comprend à demi-mot, on se trompe peut-être, et on découvre bien plus que ce à quoi l'on s'attendait.

L'histoire est racontée tour à tour par une dizaine de personnages, neuf, très exactement, qui jouent un rôle plus ou moins important. Il y a Vanille, la grande sœur de Fleur, Nina, et Claudine, dont on découvre peu à peu le passé douloureux. Et puis les parents de Nina, et d'autres encore. Et tous ces gens nous parlent comme si on était au courant, comme si l'on savait ce qu'il s'était passé, alors qu'on n'en sait rien. Et ils ont tous une façon bien à eux de s'exprimer. Les fillettes parlent comme des enfants, elles ont des préoccupations d'enfants, un langage d'enfants – plus ou moins, car elles n'ont pas le même âge, et puis l'une est parisienne et parle de sa sœur, l'autre est de Pastourou et parle de son village. Les adultes n'ont pas du tout les mêmes préoccupations, d'ailleurs, ils ont tous des choses différentes en tête, certains sont heureux de vivre, d'autres ressassent de vieilles rancœurs, voire de grands malheurs. Il est question de fenêtres bouchées, de chasseurs bourrés, et puis de lourds secrets, à peine murmurés.

Au début, j'ai cru que je n'allais pas m'habituer à ces changements de narrateurs si fréquents – chaque « témoignage » dure entre une et trois pages – et puis, bien sûr, je m'y suis fait très vite. Bien sûr, parce que Gudule – pardon, Anne Duguël – a un immense talent, alors on y croit, on rentre très vite dans l'histoire et dans les sentiments, les émotions des habitants de Pastourou. Et aussi parce que les narrateurs étant présentés en annexe, en tête de roman, il est aisé de s'y reporter, le temps de faire connaissance. (À la fin du livre, c'est la généalogie des principaux personnages qui est indiquée, et c'est une autre très bonne idée.)

Et petit à petit, ces narrateurs qui, en apparence, ne parlent pas de la même chose, ne racontent pas la même histoire, dessinent une image, à la façon d'un puzzle, ou plutôt d'une toile, par petites touches impressionnistes. Il y a des moments de chagrin, de la peur, mais aussi des rires et des rêves. Il est question d'amour dans ce livre, et de haine aussi. De souffrance et de bonheur. D'erreurs, oh oui ! De ces choses très simples, très quotidiennes, qui construisent un destin, une personnalité.

Tous ces gens ont des tons qui sonnent terriblement juste. Ce n'est pas un style littéraire que nous offre Gudule, mais neuf. Neufs voix qu'on a l'impression d'entendre parler avec des accents du Sud, de Paris ou du Wisconsin, neuf paroles exprimées avec retenue, humour ou colère, neuf personnes dont on devine, par la façon qu'elles ont de s'exprimer, ce qu'elles ont vécu, les voyages, les expériences, les épreuves qui les ont forgées. Parce qu'en fait, plutôt que de raconter ce qui est arrivé à Fleur, chacun dit ce qu'il a vécu, récemment et autrefois.

C'est du grand art, et c'est bon !

 

  edit : une précision que j'ai oublié de donner. Ce bouquin est un roman d'horreur, mais il n'est pas malsain. Il ne m'a pas mise mal à l'aise comme certains textes. Et pour ça aussi, chapeau Gudule !

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 11:29

Ça fait bien longtemps que je n'alimente plus ce blog que de façon sporadique, pour signaler un salon ou une parution, qui me concernent directement ou non, qui m'intéressent pour une raison ou une autre. Il y a bien des raisons à cela: trop de choses à faire, vivre, écrire, pas assez de temps ni d'énergie. Et puis over-blog m'ennuie ; ça m'agace, quand je visite un blog, de voir en gros s'afficher une sorte de pop-up pour relayer l'article sur facebook, twitter et autre. Bien sûr, je relaye parfois des articles que je lis et trouve intéressants à faire connaître autour de moi. Mais ça reste une démarche volontaire, pas un réflexe pour se débarrasser d'une image envahissante… (Mais bien sûr, vous, c'est pas pareil, et vous devez relayer mes billets !) Bref, j'ai souvent envie de changer de blog, de rapatrier le mien sur la plate-forme indépendante qui héberge déjà C(h)oeurs de Citoyens, mais cela aussi demande du temps, de l'énergie, de la disponibilité que je n'ai pas, sans parler des connaissances en informatique. Déjà, pour CdC, si je comprends les explications de Didier et Macada, quand je dois les appliquer, tout s'embrouille dans ma tête!

 

Bref, pourquoi je vous raconte tout ça, moi? Ah oui, pour vous dire que malgré cela, le désir de bloguer est toujours là. Il a juste changé de forme. J'ai souvent envie de partager mes lectures de façon très informelle et très subjective, comme le fait Henri Bademoude dans Délices & Daubes, sauf qu'en ce qui me concerne, je n'aurai pas envie d'écrire une ligne sur un livre qui me tombe des mains, à moins d'être payée très cher. Si déjà le livre m'ennuie, pourquoi irai-je m'enquiquiner à en parler? Je n'ai déjà pas assez de temps pour parler de tous ceux que j'ai aimés! Ou alors, il faudrait que je sois vraiment très très furax d'avoir eu ce livre entre les mains…

 

J'ai donc décidé d'ouvrir une « rubrique littéraire » dans laquelle je parlerai de livres que j'aime, sans pour autant me sentir obligée d'étayer mon avis par une explication de texte. Oui, bien sûr, je vous dirai pourquoi j'ai eu plaisir à lire tel ou tel bouquin, ce que j'ai ressenti en le lisant, mais je ne me sentirai pas obligée de vous dire pourquoi vous devriez l'aimer. Et je ne parlerai pas que de SF, fantastique ou fantasy, je compte bien déborder sur le polar, le roman historique, la littérature générale, les essais et les manuels de jardinage do-in.

 

Enfin, si j'ai le temps, bien sûr. Ce qui est loin d'être gagné.

 

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