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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 19:55

 

Un sentiment de vide et d'inutilité

M'envahit tout entière et chasse la gaité

Qu'avait fait naître en moi l'idée de te revoir.

 

Envahissent mon âme faux amis, faux espoirs

Qui déchirent mon cœur de leurs griffes acérées.

C'est au tour de la peur que ne peut rassurer

Aucune belle parole, aucune mélodie,

Sauf peut-être la sirène d'un cargo qui s'enfuit.

Son chant strident, cruel, fait souvent naître en moi

Quelque état qui ressemble à ce qu'était la joie.

 

Je me rappelle alors, avec grande émotion,

Une musique rock, un accent, une chanson,

Et je ferme les yeux et me crois transportée

Dans tes bras, dans tes rues, mon Havre bien-aimé...

 

 

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 18:35

Voici un communiqué de presse à diffuser largement, merci.

 

Le Droit du Serf dépose un Recours pour Excès de Pouvoir contre le décret d'application de la loi relative à l'exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle.

 

Paris le 06.05.2013 · Le collectif d'auteurs Le Droit du Serf, fondé en 2000, dont la vocation est la défense des droits des auteurs, annonce que deux de ses représentants, Sara Doke et Ayerdhal, ont déposé une requête le 2 mai dernier auprès du Conseil d'État.

 

Me Stéphanie Delfour, mandatée par les deux représentants du collectif, a déposé un Recours pour Excès de Pouvoir contre le décret publié au JO le 1er mars 2013 portant application de la loi du 1er mars 2012 sur la numérisation des œuvres indisponibles du XXe siècle.

 

Considérant, depuis la présentation du projet de loi, que cette législation porte atteinte au droit d'auteur, le collectif du Droit du Serf a choisi de saisir le Conseil d'État pour tenter d'obtenir l’annulation du décret d'application, estimant qu'il est fondé sur la violation des principes généraux du droit.

 

La requête pointe les multiples violations de la loi présentes dans le décret. Ainsi, le Droit du Serf montre que plusieurs textes internationaux sont bafoués par le décret d'application, tels que la Convention de Berne, le traité d’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) mais également le droit de l'Union européenne et la Convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

 

En outre, le recours démontre que le décret lui-même n'est pas conforme à la loi du 1er mars 2012.

 

Le Droit du Serf s'étonne par ailleurs qu'aucun autre recours n'ait été déposé par les différentes organisations représentatives des auteurs, quand bien même certaines d’entre elles avaient émis de vives critiques contre la loi.

 

« Le décret d'application définit les modalités dans lesquelles doit s'appliquer la loi qui autorise à numériser et exploiter commercialement des œuvres indisponibles du XXe siècle. Au travers de l’établissement d'une liste arbitrairement conçue, la loi impose aux auteurs de justifier de leur identité pour réclamer que leurs œuvres soient retirées de la base de données. Le Droit du Serf a toujours considéré cette pratique comme une atteinte au droit d'auteur, » explique Ayerdhal.

 

À présent que la requête a été déposée, il reviendra au Conseil d'État de la communiquer au gouvernement, celui-ci disposant alors d'un délai d’un à deux mois pour répondre aux arguments développés. Il sera alors possible de présenter des observations complémentaires et de déposer une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

 

« Toute personne qui le désire sera, dans les jours prochains, en mesure de se joindre à la requête pour lui apporter plus de poids. Les auteurs, les éditeurs, les ayants droit considérant que leurs droits sont lésés pourront faire valoir leurs arguments. Plus on est de serfs, moins nous sommes taillables et corvéables à merci », conclut Ayerdhal.

 

Un document plus détaillé figure sur le blog du Droit du Serf à l’adresse suivante : http://ledroitduserf.wordpress.com/2013/05/05/recours/

 

Contact presse : droitduserf (at) gmail.com

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 16:53

 

  On aurait pu croire, l'an dernier, tandis que les parlementaires discutaient de la loi sur les livres indisponibles du XXe siècle, qu'elle avait pour but de déposséder les auteurs de leurs droits au profit des éditeurs. Et de fait, c'est le cas. Pourtant, des éditeurs s'insurgent publiquement contre cette loi qui les empêche de travailler.

 

On aurait pu croire aussi que les grands gagnants de l'histoire seraient les lecteurs qui auraient accès, par le miracle de la numérisation de masse, aux livres qu'ils cherchent en vain chez les bouquinistes, et les grands perdants les libraires qui verraient leur chiffre d'affaires diminuer comme peau de chagrin. Et de fait, c'est le cas. Enfin, c'est le cas, mais c'est faux. Carles livres seront proposés à la numérisation, à leur éditeur d'origine tout d'abord, puis, si celui-ci n'est pas intéressé, à d'autres éditeurs numériques qui peuvent, eux aussi, ne pas être intéressés.

 

La situation créée par ReLIRE est bien plus complexe qu'elle n'en a l'air. C'est, comme je le disais il y a peu, une véritable usine à gaz dont chaque jour nous découvrons une nouvelle facette. Et il est très difficile de faire comprendre où ça coince à qui ne connait pas l'édition, ou bien la connait mais ne vit pas de droits d'auteurs. 

 

Rappel : la loi relative à l'exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle a été votée le 1er mars 2012. Elle modifie le Code de la Propriété intellectuelle  de façon à autoriser la numérisation des œuvres indisponibles sous droit (c'est-à-dire qui ne sont pas dans le domaine public) du XXe siècle, sans même en demander l'autorisation à leurs auteurs. Leurs ouvrages entreront en gestion collective et seront proposés en priorité à leur premier éditeur, celui grâce à qui le livre est indisponible, pour exploitation numérique. Si celui-ci refuse, proposition est faite à un autre éditeur, sans exclusivité. L'auteur ne touchera pas moins que l'éditeur – et à ce stade, ne me demandez pas de quel éditeur je parle, je ne le sais pas, et le pire, c'est que je crois que le législateur non plus. 

(OK, en fait, on le sait : il s'agit de l'éditeur fainéant, de celui qui, parce qu'il a cessé de travailler le livre, a provoqué son indisponibilité. Oui, vous avez bien lu ; il sera payé pour avoir cessé de travailler. C'est un nouveau concept, made in France.)

Le droit d'auteur est attaqué, et les écrivains qui le souhaiteraient auront bien du mal à s'opposer à un acte dont ils ne seront pas avertis..

 

L'auteur peut s'opposer à l'entrée en gestion collective de ses livres, il a pour cela un délai de six mois à compter de leur inscription en base. Tous les ans, le 21 mars, une nouvelle liste de 60 000 ouvrages est mise en ligne sur le site dédié de la BnF : ReLIRE. L'ayant droit aussi, peut s'y opposer, à condition de fournir un acte de notoriété (250 €, chez un notaire). L'un et l'autre doivent avoir Internet, car aucune information ne leur sera prodiguée.

 

Rectificatif : depuis peu, l'organisme qui a été choisi pour la gestion de ces livres numériques, la Sofia, prévient ses adhérents par une circulaire et leur conseille de se rendre sur le site de ReLIRE afin de vérifier si leurs œuvres sont concernées, cette année. Mais tous les écrivains ne sont pas adhérents de la Sofia, et les ayants droit ne le sont pas non plus, à moins d'être eux-même écrivains.

 

L'auteur ou l'ayant droit toucheront une somme dont on sait juste qu'elle ne sera pas moindre que celle que touchera l'éditeur. Mais à part ça, on ne sait pas combien les livres numériques coûteront, ni s'ils contiendront des DRM, ni quel sera le pourcentage du prix de vente HT que toucheront les auteurs, les traducteurs, les co-auteurs, les illustrateurs, etc.

 

Comment le saurait-on et pourquoi, puisqu'aucun contrat ne sera signé. Il s'agit bel et bien d'une expropriation des droits d'auteurs.

 

Résultat des courses (je vous la fais brève) :

 

Puisqu'il est question d'argent, vous pensez bien que les livres numériques issus de la gestion collective ne seront pas gratuits. Pourtant, c'est ce que croient nombre de lecteurs. À vrai dire, je pense que l'État joue sur cette ambigüité, fait miroiter ce qui ne sera pas : une masse d'ouvrages introuvables à portée des lecteurs insatiables.

 

En réalité, l'argent prévu pour Gallica (numérisation et mise à disposition gratuite des œuvres du domaine public) est en partie détourné pour la numérisation de ces œuvres sous droit qui seront, elles, payantes. Les lecteurs y perdent.

 

Les œuvres dites « orphelines » (ainsi nommées parce qu'on a perdu toute trace de leurs auteurs et/ou ayants droit), qu'une directive européenne préconise de numériser pour les mettre gratuitement à disposition des lecteurs, rentrent dans le cadre de la loi sur les indisponibles du XXe siècle ; elles seront donc payantes pendant les dix premières années de leur exploitation . Là encore, les lecteurs, les bibliothèques, les chercheurs y perdent.

 

Les livres indisponibles que des auteurs ou leurs ayants droit ont proposés à d'autres éditeurs après avoir récupéré leurs droits, et que ces éditeurs prévoient de publier petit à petit, peuvent se trouver dans « le registre » (i.e. ReLIRE) au mépris des contrats d'édition qui ont été signés. Ces éditeurs peuvent s'opposer à cet opt out, ils ont alors deux ans pour rééditer les ouvrages. C'est un délai très bref, trop pour un éditeur qui compte rééditer petit à petit l'intégrale de tel ou tel écrivain.

edit du 9 mai : on m'a fait remarquer (merci Joëlle :)) que mon paragraphe pouvait être mal interprété. Cette clause protège l'auteur de l'éditeur originel qui promet de rééditer et ne le fait pas. Ou d'un éditeur numérique travaillant avec la Sofia qui s'engage à numériser et ne le fait pas. Elle est donc tout à fait utile. Mais très mal rédigée -- comme tout le reste de la loi ! Quel texte juridique, quel contrat sérieux emploie un mot (ici "éditeur") tantôt dans un sens (l'éditeur de la première édition du livre) tantôt dans un autre (l'éditeur numérique) ?

  La loi concerne tous les livres parus en France, mais le rapport Gaymard préconisait, dans un premier temps, d'en exclure les livres d'auteurs étrangers, en attendant que des lois similaires soient votées et appliquées dans les autres pays. Cependant, le registre a été fait par des branquignols et y on trouve des anthologies, ouvrages collectifs, contenant des traductions de textes d'auteurs étrangers. En particulier des Américains et des Britanniques, lesquels ne sont pas contents comme on peut le lire ici. 

 

Mise à jour : certaines anthologies contenant des textes d'auteurs étrangers ont été ôtées du registre, pour cette année, comme l'explique Léa Silhol. Ce qui pose un problème supplémentaire : celui de la discrimination en fonction de la nationalité de l'auteur, ce qui est illégal en France. À ce stade, on ne peut qu'éclater de rire.

 

La très britannique Society of Authors appelle ses membres à faire preuve de vigilance, tout comme la très américaine Science Fiction & Fantasy Writers of America, dans un mail collectif envoyé à ses adhérents. Hélas, ni les uns ni les autres n'ont compris, semble-t-il, que les auteurs ne sont pas toujours nommés dans ce grand foutoir qu'est ReLIRE et qu'il faut aux auteurs étrangers connaître le titre français de l'anthologie pour laquelle leur texte a été traduit il y a de cela un certain nombre d'années (on parle du XXe siècle, souvenez-vous), s'ils veulent s'opposer à son entrée en gestion collective. Un article récent en anglais explique très bien ce mécanisme, et un mode d'emploi en anglais, guide de survie à destination des auteurs non-francophones, a été mis en place par des auteurs et éditeurs françcettais, scandalisés par l'appropriation des droits numériques sur des ouvrages initialement écrits français ou traduits d'une autre langue.

 

Les lecteurs, eux, semblaient tout d'abord ravis à l'idée d'obtenir gratuitement (croyaient-ils) tous les livres qu'ils n'auraient jamais le temps de lire. Certains ont protesté avec virulence sur le blog d'Hubert Guillaud, où il comparait ReLIRE à un « scandaleux pillage du droit d'auteur organisé par la loi ». Pourtant, certains d'entre eux ont compris qu'ils pourraient bien être les dindons de la farce, ceux qui payent deux fois, tout d'abord en tant que contribuables, et ensuite en achetant les livres numériques issus de ReLIRE.

 

D'ailleurs, il est des lecteurs que l'opération scandalise, au point qu'il existe une pétition des lecteurs contre ReLIRE ! On peut la signer ici. Les auteurs peuvent aussi, bien sûr, toujours signer la pétition des auteurs contre la loi sur les Indispobibles initiés l'an dernier. 

 

 

 

Quant aux écrivains, certains tentent d'en prévenir le plus grand nombre possible et ont parfois bien du mal à faire comprendre de quoi il s'agit aux auteurs parfois âgés – on parle du XXe siècle, là – ou à leurs ayants droit. La Nitchevo Factory se consacre à l'information, et liste les auteurs alertés, ainsi que les éditeurs qui ont pris position publiquement.

 

 

Mais combien d'autres ne seront jamais avertis que leur œuvre est confisquée, au nom de la Loi et au nom d'un profit dont ils ne toucheront, au mieux, que quelques cents ?

 

edit : J'attendais avec impatience de pouvoir l'annoncer : a été déposé un recours pour Excès de Pouvoir contre le décret publié au JO le 1er mars 2013 portant application de la loi du 1er mars 2012 sur la numérisation des œuvres indisponibles du XXe siècle.

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Coup de gueule
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 16:00

Parce que nous sommes des privilégiés, nous avons pu assister à un bout de tournage d'Esperanto. C'est passionnant de voir les plans refaits, rejoués, recadrés, de deviner le personnage en croisant un comédien grimé, d'entendre quelque anecdotes – que je me garderai bien de répéter!

 

L'équipe a mis en ligne, avec ses remerciements renouvelés, quelques photos des coulisses ; on peut les voir ici

 

Et parce que je ne m'en lasse décidément pas, voilà de nouveau « Nana, fuego y tierra », interprété par Julia Caldera, à écouter sur Souncloud

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Séries TV - cinéma
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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 20:36

Retrouverai-je un jour cette étreinte chaleureuse

Qui me réconfortait sans que j'en aie conscience ?

Retrouverai-je un jour cet amour sans limites,

Et inconditionnel, qui m'a ainsi construite ?

Ça fait plus de dix ans, dix ans que tu n'es plus,

Et tu me manques autant qu'au jour de ton trépas.

Ça fait plus de dix ans. Qu'ai-je accompli, dis-moi,

Qui vaille un peu la peine de t'avoir survécu ?

 

Lorsque j'étais enfant, je croyais que plus tard,

Quand je serais bien vieille, je connaîtrais le monde.

Je voulais voyager, je voulais tout savoir,

Parler toutes les langues, pratiquer tous les arts.

Je rêvais de musique et je me voyais peintre,

Et quand tu m'écoutais, dans tes yeux, je lisais

Que tu avais confiance et qu'en moi tu croyais.

Et avec enthousiasme, tu entretenais mes songes.

 

Il m'arrive de penser qu'il aurait mieux valu

Que tu fasses de moi une fille bien élevée

Qui saurait cuisiner, qui saurait jardiner,

Qui ferait le ménage et n'aurait jamais lu

que ses livres de classe, des livres de recettes,

Et qui n'aurait jamais découvert la SF.

Mais voilà, tu n'étais ni polie ni très sage,

Et tu as fait de moi ce qu'en moi tu voyais.

 

Il est dur le chemin de cette liberté

Qu'il faut sans cesse encore à nouveau défricher.

Difficile d'y croire quand tout autour de soi

Le monde est différent, les gens disent « halte là ! »

Difficile de transmettre sans pour autant forcer

À suivre nos propres pas l'enfant qu'on a porté.

Difficile d'aider, comme toi tu l'as fait.

Difficile d'aimer, et puis de respecter.

 

Et maintenant que tu n'es plus là, près de moi,

Pour m'insuffler ta force, ton courage, ta foi,

Saurai-je continuer ? Saurai-je, comme toi,

M'accomplir dans mon œuvre et répandre la joie ?

Tu me manques, tu sais, mais je dois maintenant

Dépasser mon chagrin, oublier ma maman.

Me passer de béquille et bâtir mon bonheur

Comme l'enfant grandie que je suis malgré moi.

 

 

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 10:38

Aujourd'hui 8 avril, c'est la Journée internationale des Roms. Vous savez, ces voleurs de poules, ces cambrioleurs en puissance qu'il est bon de chasser de nos terres à nous qu'on a et qu'on partage pas, dont notre ministre de l'Intérieur de gauche (le ministre, pas l'Intérieur) fait démolir les camps et vandaliser toutes les possessions parce que, bien sûr, c'est le seul moyen de lutter contre la corruption de nos cités (je vous conseille ce témoignage édifiant) alors qu'il est évident que cela empêche tout processus d'intégration, qu'outre l'aspect monstrueux, outre la cruauté avec laquelle on traite ces gens, ces parents et ces enfants, c'est totalement contre-productif.

 

Aujourd'hui 8 avril, j'ai entendu à la télé que ça ne serait pas 60 000 euros que notre ex-ministre du budget aurait planqué en Suisse, non, dans les îles Caïman, non, en Russie, ah non, ça, c'est Depardieu, au moins, il avait l'honnêteté et la franchise de dire ce qu'il faisait et ce qu'il pensait, celui-là. Bref, c'est pas 60 000 euros, mais 15 millions. Je me disais aussi, quel gagne-petit !

Aujourd'hui 8 avril, j'apprends qu'un homme s'est fait tabasser au motif qu'il est homosexuel, que des « manifestants pour tous », qui veulent des droits civiques que pour eux, ont tagué un Salon LGBT qui se tenait à Paris, et je suis renvoyée dans les années 50-60, à l'époque où les Noirs, en Amérique, devaient lutter pour obtenir les mêmes droits civiques que les Blancs, les descendants de ceux qui avaient réduit leurs parents en esclavage, à l'époque où les Algériens se faisaient massacrer et jeter dans la Seine pour avoir oser manifester l'indépendance qui leur était refusé par ce pays pour qui la liberté, l'égalité, et la fraternité, ces valeurs universelles, n'existent que pour ses seuls ressortissants.

 

Aujourd'hui 8 avril, l'un des plus grands quotidiens français, Libération, non content de surfer sur le succès des enquêtes menées par Mediapart, comme le fait aussi Le Monde, invente des vraies-fausses informations de Mediapart au sujet de Fabius, de telle sorte que la rumeur puisse salir malgré les démentis – et là, on se demande vraiment dans quel but Libé fait ça, discréditer Mediapart quand il sera prouvé que c'est faux ou discréditer Fabius ? Pour Arrêts sur Images, c'est une opération noyade.

 

Aujourd'hui 8 avril j'apprends que Libération (encore ?) a publié une interview de Christian Salmon en déformant ses propos, de manière à salir Jean-Luc Mélanchon.

 

Aujourd'hui 8 avril, j'apprends qu'au nom du féminisme des LGBT sont attaqués et maltraités "comme si les nouveaux piliers du patriarcat étaient les gays et les trans".

 

Aujourd'hui 8 avril, je suis en colère et j'ai peur, peur de léguer à mes enfants un monde d'égoïsme et de cruauté.

 

Aujourd'hui 8 avril, je vais tenter, maladroitement, comme d'habitude, de transmettre les infos qui sont passées sous silence à propos du mal qu'on fait aux Roms, aux LGBT, aux femmes, aux immigrés et à tous ceux qu'on stigmatise pour ce qu'ils sont, alors qu'on déroule le tapis rouge devant des salopards, je vais tenter de remodeler le monde à l'image de ce que je voudrais qu'il soit : un monde où les enfants pourraient vivre heureux sans avoir faim, sans avoir peur, quels qu'ils soient et quoi qu'ils soient.

 

Aujourd'hui 8 avril, je me dis que la situation politique, économique, sociétale est tellement dure et pénible qu'il est bien difficile d'intéresser les gens à la privation du droit des écrivains de disposer de leur œuvre dont j'ai parlé ici et reparlé par là, et compte reparler bientôt, d'autant plus qu'on fait croire que cela se fait « pour le public », alors qu'il s'agit de gros sous.

 

Et puis, aujourd'hui 8 avril, je découvre une pétition de lecteurs dénonçant cette situation absurde et injuste et ça me redonne confiance en l'espèce humaine.

 

 

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Cri du coeur
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 19:30

Si le tournage d'Esperanto ne débute que le 20 avril, l'équipe est active et prépare fébrilement le décor, le matériel, le logement et tout ce dont vingt personnes auront besoin durant deux semaines. Elle distille aussi, petit à petit, quelques news sur Ulule.fr où le projet est proposé en financement.



(Je vous rappelle le principe : vous versez la somme que vous voulez à partir de 5 euros, et en fonction de ce que vous versez, vous obtenez un simple merci, votre nom au générique, un DVD du film, une invitation à assister au dernier jour du tournage, deux places pour la première, etc.)



Après le teaser et l'interview des comédiens et des membres de Woolly Dream, on peut maintenant entendre un très beau chant, interprété par Julia Caldera, "permettant d'apporter une ambiance à Esperanto par un autre moyen que celui de l'image". Voici le lien direct permettant de l'écouter.



Il y a un projet de sous-titrage du film en espéranto. les choses bougent, c'est super ! Mais il faut assurer le tournage, et donc l'intendance, avant de penser aux sous-titres Cool



À l'heure où je vous parle écris, il reste trois jours et le projet est financé à 86% C'est plutôt très bien, mais je vous rappelle qu'on peut dépasser les 100% (par contre, s'ils ne sont pas atteint, aucune somme n'est allouée au projet et les donateurs sont remboursés).

J'ai vu sur ulule un truc financé à 500%, ça fait peur et ça rend jaloux Evil or Very Mad Mais j'ai vu aussi des projets présentés par des associations internationales, telles que la WWF, ou des pros ayant pignon sur rue, ça fait relativiser.



Si vous voulez participer, voilà le lien : http://fr.ulule.com/esperanto/



N'hésitez pas à faire chauffer votre carte bancaire et à relayer Razz

 

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Published by Lucie Chenu - dans Séries TV - cinéma
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 13:43

Emmanuelle Bermes, qui fut « conservateur des bibliothèques à la BnF, où elle s'occupa de numérique et de métadonnées pendant près de huit ans » et est maintenant en charge du projet « Centre Pompidou Virtuel » trouve que ReLIRE a du bon, et elle l'exprime sur son blog dans un billet que l'on ne peut hélas pas commenter. Pas grave, je vais reprendre ici les points qui me chagrinent le plus.

 

Passons sur le « Je travaille dans l'édition », provocateur, agaçant en tout cas de la part de quelqu'un qui est salarié (cadre) de l'État. De fait, tout le billet montre à quel point, lorsqu'on perçoit un bon salaire, on ne peut pas parvenir à se mettre à la place d'écrivains qui ne vivent que de leurs droits d'auteurs et peinent à joindre les deux bouts.

(On aura compris que je ne parle pas de moi, mes DA sont trop faibles et de toute façon, je ne suis pas directement concernée par la loi sur les indisponibles du XXe siècle.)

J'ai conscience que ce que je viens d'écrire peut être compris comme une charge personnelle contre madame Bermes que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam. Il me semble quand même qu'il y a dans ce fossé social entre la majorité des auteurs et les instances dirigeantes de la BnF une des raisons de l'incompréhension, voire du je-m'en-foutisme, que les auteurs rencontrent lorsqu'ils exposent leurs problèmes et – pire ! – leur avis.

 

Beaucoup de choses me font bondir, dans ce billet, mais je ne vais relever que les plus « graves ». Graves, parce que je crains que les lecteurs de ce billet ne prennent les contre-vérités de madame Bermes pour argent comptant. Lorsqu'elle écrit « vu de chez moi, le déchaînement d'indignation suscité par ReLIRE est assez incompréhensible », j'ai envie de lui répondre : forcément, pour vous, c'est tout bénef, ceux qui s'indignent sont ceux qui se voient dépossédés et ceux qui sont capables de se mettre à leur place (et il y en a, en nombre, jusque-z-et y compris parmi les bibliothécaires).

 

Ainsi, madame Bermes écrit : « Quand on connaît la situation de l'édition aujourd'hui et son mode de fonctionnement, il faut vraiment faire preuve d'une immense naïveté (ou mauvaise foi) pour penser que ces livres devenus indisponibles depuis plus de 10 ans et qui le sont restés depuis ont la moindre chance d'être réédités en dehors de ce dispositif. »

Alors dans ce cas, expliquez-nous pourquoi on trouve, dans cette liste, de très nombreux textes déjà réédités, en papier ou en numérique, et qui ne sont donc pas indisponibles ?

Il y a toujours eu des amoureux de la littérature, des curieux, des passionnés pour chercher à faire connaître les ouvrages qui les ont marqués. Et depuis dix ans, justement, avec les nouvelles techniques d'impression numérique, puis avec l'édition numérique (tout le monde comprend la différence ? J'espère que c'est le cas de l'ex-conservatrice des bibliothèques en charge du numérique et des métadonnées), c'est devenu beaucoup plus facile. Certains auteurs ont eux-mêmes remis en circulation leurs anciens textes. Par ailleurs, de très nombreuses petites maisons d'édition se sont montées, parfois à cette seule fin : rééditer l'œuvre majeure d'un écrivain génial mais oublié.

En clair, vous ne connaissez pas ces rééditions, donc vous estimez qu'elles n'existent pas et n'ont aucune chance d'exister un jour. Rappelez-moi votre job ?

 

« Alors évidemment, constituer comme on peut un registre de 60 000 titres et demander aux auteurs de faire de l'opt-out ce n’est peut-être pas le système idéal, mais quoi d'autre ? Négocier individuellement avec chacun ses droits numériques ? Ce serait une tâche dantesque »

 

Et donc, parce que ça serait du boulot que de demander aux auteurs ou à leurs ayants droit leur accord de publication, et de leur proposer un contrat d'édition numérique, on force leur porte. Quoi faire ? Eh bien, mais rien. On n'est pas obligé de faire quelque chose. On n'est pas obligé de s'approprier des œuvres qui ne sont pas dans le domaine public. On peut très bien attendre le délai légal de 70 ans après la mort de l'auteur.

Ou demander la permission de l'auteur qui, dans de nombreux cas, sera ravi de l'opportunité. Après tout, il est prévu de rémunérer (combien ? Personne n'en sait rien, ça dépendra des frais, l'auteur n'est en mesure de négocier ni le montant de ses droits, ni la forme retenue pour l'édition, au mépris du droit d'auteur et de la Convention de Berne par la même occasion !) les auteurs ou leurs ayants droit, donc il faudra bien les contacter à un moment ou à un autre, non ? À moins que l'idée ne soit, justement, de les flouer ? Je n'oserais le croire…

 

« On peut aussi critiquer le système de l'opt-out et se dire que la base de données proposée par la BnF devrait être parfaite du premier coup et intégrer toutes les informations qui n'existent pas, comme le registre centralisé de toutes les éditions numériques déjà existantes, FRBRisé s'il-vous-plaît pour qu'on puisse savoir de quelle édition papier la version numérique est dérivée. »

 

Il y a deux points, là :

« On peut aussi critiquer le système de l'opt-out et se dire que la base de données proposée par la BnF devrait être parfaite du premier coup »

Oui, on peut, et même, on doit. Parce que cette liste n'est pas qu'une simple base indicative. Elle est la base juridique sur laquelle les auteurs, les éditeurs et les ayants droit sont obligés de s'appuyer pour faire valoir leurs droits.

 

« intégrer toutes les informations qui n'existent pas, comme le registre centralisé de toutes les éditions numériques déjà existantes, FRBRisé s'il-vous-plaît pour qu'on puisse savoir de quelle édition papier la version numérique est dérivée. »

Pardon ? Vous croyez encore que les éditions numériques sont obligatoirement dérivées d'éditions papier ? Que ce sont de bêtes scans OCRisés ? Qu'au XXe siècle, les auteurs n'avaient pas d'ordinateur ni de logiciels de traitement de texte ?

Là, c'est grave. Si les conservateurs des bibliothèques qui s'occupent du numérique et de métadonnées ne connaissent que les scans OCRisés, s'ils n'ont jamais entendu parler des rééditions numériques corrigées et augmentées, c'est grave.

 

« Ceux qui ont déjà géré une base de données bibliographique de 60 000 références savent qu'il n'y a rien là d'anodin (et je tire mon chapeau au passage aux collègues de la BnF pour le travail réalisé en un temps record, moi qui ai toujours claironné que faire aboutir un projet en moins de 2 ans dans cet établissement était impossible.) »

Moi aussi, je leur tire mon chapeau. Le « conseil scientifique » en charge de la liste ReLIRE n'a été nommé que le 19 mars, et la liste est publiée le 21. À temps pour le Salon du Livre, et pour coïncider avec la « signature historique de l'accord auteurs éditeurs », accord sur les avenants aux contrats d'éditions concernant le numérique, sur lequel il y aurait d'ailleurs à redire…

 

Tout compte fait, non, je ne leur tire pas mon chapeau, à vos collègues. Leur base fourmille d'erreurs, elle comporte des titres réédités en papier, en numérique, c'est un ramassis de données ni triées ni même simplement regardées. Comme dirait ma belle-mère, c'est ni fait ni à faire !

 

« On pourrait objecter que le délai d'opposition, 6 mois, est bien court. Je fais cent pour cent confiance aux auteurs et à leurs ayants-droit pour aller vérifier le registre dans les 6 mois. Ces gens-là sont soucieux de ce qu'il advient de leur production. S'ils ne le sont pas, alors on peut penser qu'ils n'auraient jamais fait la moindre démarche pour que leurs bouquins redeviennent disponibles, c'est donc heureux que quelqu'un le fasse à leur place. »

Ai-je bien lu ? « Ces gens-là » ? Mais quel mépris on sent dans « ces gens-là » !
Et encore une fois, quelle méconnaissance de ce que sont les auteurs ayant publié des ouvrages au XXe siècle et leurs ayants droit. La plupart d'entre eux n'ont certainement jamais entendu parler de cette loi inique.

Sans parler des auteurs étrangers. Parce que voilà, contrairement à ce que je croyais, les textes d'auteurs étrangers peuvent être compris dans le processus. Et alors quoi ? Nul n'est censé ignorer la loi française, y compris un auteur chinois ou américain ou ses ayants droit ? Et il leur faudra, s'ils refusent l'opt out, faire des démarches administratives lourdes, dans une langue qui n'est pas la leur ?

 

Pendant longtemps, je ne comprenais pas, quand on me parlait de l'arrogance française. Ça va, n'en jetez plus, j'ai compris.

Et j'en ai mal au cœur !


« c'est donc heureux que quelqu'un le fasse à leur place. » Mais quel mépris, bis ! Et depuis quand, parce que quelqu'un ne fait pas quelque chose, il faudrait à tout prix le faire à sa place ?

(Madame Bermes, si votre voisin ne plante pas de fleurs qui vous agréent sur son balcon, vous estimez de votre devoir – et dans vos droits – de le faire à sa place ?)

 

Et puis enfin, faire quoi ? Parce que c'est bien beau, tout ça, mais concrètement, de quoi est-il question ? On sait que les ouvrages indisponibles et sous droits (i.e. pas dans le domaine public) du XXe siècle (et du XXe siècle seulement) sont listés puis proposés à leur éditeur d'origine ou, s'il refuse (ou n'existe plus), à un éditeur numérique pour être numérisés. Et là, que se passera-t-il ? Sous quel format les ouvrages seront-ils vendus ? Du Mobi pour Kindle d'Amazon ? De l'ePub lisible par toutes les liseuses et tablettes ? Avec ou sans DRM ? Et à quel prix ?

 

Avec ou sans DRM et à quel prix ?

 

On n'en sait rien, on n'en a pas la moindre idée. On sait juste que l'auteur touchera 50 % de ce qu'il restera du prix de vente hors taxe une fois, à égalité avec l'éditeur d'origine qu'on paye pour avoir cessé de travailler le livre, une fois déduits les frais de la Sofia (société de perception et gestion des droits) et la part de l'éditeur numérique, si ce n'est pas l'éditeur d'origine qui effectue la numérisation. Autrement dit, une participation au bénéfice.

 

Tiens, c'est bizarre : en France, il est interdit de conclure un contrat d'édition avec participation aux bénéfices, il faut obligatoirement que la rémunération soit indiquée en « pourcentage du prix de vente hors taxe ».

 

Ah, mais voyons, que je suis bête ! Il n'y a pas de contrat, là. L'auteur n'a pas son mot à dire sur la façon dont son œuvre est exploitée. Il entrouvre son tiroir-caisse et ferme sa gueule.

 

Alors, avec ou sans DRM et à quel prix ?

 

Aucune idée. Or cette question peut être cruciale pour les écrivains attachés à la libre transmission du savoir, ou plus prosaïquement qui connaissent bien le monde du numérique et sont conscients que la meilleure façon d'éviter le piratage est de proposer une offre légale peu onéreuse et sans DRM, ces logiciels casse-pieds (je reste polie) qui n'ont pour effet que d'empêcher le lecteur de lire le livre qu'il a acheté en toute légalité (à moins bien sûr qu'il ne possède la dernière tablette à la mode, dans ce cas, on ne parle plus de lecture, on ne parle plus d'œuvres ni de droit d'auteur, mais de nouvelles technologies et de marketing).

 

Je connais un grand nombre d'auteurs qui refuseraient tout net qu'on vende leurs ouvrages à un prix prohibitif et/ou avec DRM. Là, la loi sur les Indisponibles et ReLIRE leur imposent de choisir avant de connaître les conditions.

 

(En fait, les auteurs auront une autre porte de sortie une fois passés les six mois, mais elle sera étroite et difficile à franchir ; et réservée aux seuls auteurs, les ayants droit – c'est à dire les enfants des auteurs – pouvant aller se faire voir.)

 

Je reprends ma lecture du Figoblog : « Quand je pense que mes quelques Œuvres Papier commises (en tant qu'auteur) pour le Cercle de la Librairie m'ont rapporté chacune à peine une centaine d'euros, sur plusieurs années (et elles ne sont pas indisponibles !!) je doute que ces auteurs dont les œuvres étaient oubliées ne fassent fortune. »

(Si j'étais méchante, je pointerais du doigt le « ne » explétif qui n'a rien à faire là.)

(Je suis méchante.)

 

Et donc, on doit, dans notre pays, soit faire fortune soit s'écraser. Bien entendu, si on n'a pas fait fortune, c'est qu'on n'est rien, qu'on ne vaut rien, qu'on n'a pas d'opinion à exprimer sur quoi que ce soit et surtout pas sur ce que d'autres font de son travail.

 

Madame Bermes, la différence entre « ces auteurs » et vous, c'est qu'ils ne se sont pas – pas forcément – contentés de commettre, comme vous (et moi) « quelques Œuvres Papier ». Ils ont écrit, parfois beaucoup, des essais, des articles, des romans, des nouvelles (j'en connais qui ont commencé à publier en 1968 et ne se sont jamais arrêtés ; pouvez-vous imaginer ce que représentent 45 années de publication ?), au point d'avoir parfois du mal à se souvenir des différentes rééditions de chacun de leurs textes. Pour autant, ils n'ont pas fait fortune ; ils gagnent moins que vous, sans doute, mais sont riches d'expérience, d'histoires et de mots transmis à leurs lecteurs, transmis à leur gré, à leur façon.

 

Et c'est de cela que la BnF va les dépouiller, d'autant plus aisément que les ouvrages collectifs ne sont listés bien souvent que par titre, qu'il est impossible d'y accéder par nom d'auteur et qu'il est tout autant impossible à un auteur ayant publié il y a plus de dix ans (XXe siècle, vous vous souvenez ?) plus de 150 nouvelles et autant d'articles de chercher chaque titre de chaque volume auquel il a contribué.

 

Mais vous – et vos supérieurs – parce que vous estimez fastidieux le travail pour lequel, pourtant, vous êtes payés, vous osez écrire « il faut être un peu réaliste. Le dispositif proposé présente au moins l'avantage d'offrir une seconde vie à des ouvrages qui n'en auraient jamais eu. »

 

Vous n'avez rien prouvé d'autre que votre méconnaissance du sujet.

 

Et pour votre gouverne, Daniel Pennac, que vous avez le front de citer en fin de billet, n'a jamais dit que le droit de relire passait par celui de piétiner le droit d'auteur.

 

Allez, pour finir sur une note plus haute, qui sonne plus juste, voici la voix d'une lectrice : « En tant qu’amoureuse d’éditions belles et logiques dans leur cohérence entre forme et contenu, je pleure à l’idée de la laide foirade que promettent d’être ces trucs numérisés. (...) Des oeuvres que j’aime profondément s’avèrent actuellement indisponibles, et je ne tiens pas à ce que ReLIRE détruisent toutes leurs chances de vraie réédition, le moment venu.

Et je parle en collectionneuse / complétiste acharnée. Je peux passer des heures, des mois, à chercher les éléments manquants et épuisés de la bibliographie d’un auteur que j’apprécie. Aucun fichier numérisé à la va-vite, probablement bourré d’erreurs (à en juger par la non-qualité du travail effectué au niveau de la base de données de ReLIRE), ne vaudra l’émotion qu’on éprouve à déballer de ses mimines tremblantes un exemplaire tout marqué par ses vies précédentes. Pas d’égale à cette émotion, si ce n’est la réédition parfaite, telle que rêvée par l’auteur… »

 

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Livres - édition
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 12:15

On les savait pressés de s'approprier le travail d'autrui, je ne les imaginais toutefois pas si incompétents. Pas à ce point, quoi !

 

La fameuse première liste d'ouvrages indisponibles du XXe siècle, qui seront numérisés et commercialisés en septembre si leurs auteurs ou éditeurs ne s'y opposent, vient d'être publiée. Enfin, publiée, c'est vite dit. On a un site, bricolé à la va-vite, ReLIRE avec un moteur de recherche sur lequel il faut chercher les ouvrages en tapant le nom de l'auteur, le titre ou le numéro ISBN. Jusque-là, passe encore. Sauf que.

 

Sauf que tout cela fourmille d'erreurs et d'imprécisions. Par exemple, certains ouvrages collectifs ne sont donnés en résultat que si l'on tape le titre, et pas si l'on tape le nom de leurs auteurs. Des noms d'auteurs sont rentrés avec des fautes d'orthographe (et si j'ai pu m'en apercevoir par hasard, m'est avis qu'il y en a une foultitude d'autres que je n'ai pas repérés). On trouve aussi des ouvrages réédités, en papier ou en e-book, et qui sont loin d'être indisponibles.

 

Sans parler des ouvrages dont l'auteur ou l'un des auteurs est étranger  ! Ceux-là devraient être exclus du processus, puisque la loi française ne va tout de même pas jusqu'à modifier le droit d'auteur belge ou le copyright britannique ou américain. Et pourtant, on trouve des anthologies regroupant des nouvelles d'auteurs divers, et parmi eux Neil Gaiman, Charles de Lint, on trouve des romans d'Alain le Bussy, et j'en passe.

 

Ce ramassis de bourdes monumentales est absolument honteux et montre la BnF sous un jour bien peu plaisant. Il fait aussi un grand tort à l'édition – toute l'édition – française. (Oui, je sais, le SNE est à l'origine de cette arnaque, mais tirer une balle dans le pied de leurs descendants n'a jamais posé problème aux patrons des grosses entreprises, n'est-ce pas ?)

 

Croyez-vous, sincèrement, que les auteurs étrangers accepteront de publier une nouvelle en anthologie ou dans une revue, sachant que ce genre de truc peut – est déjà – arrivé ? Oh, certes, la loi ne concerne que les ouvrages indisponibles du XXe siècle, mais on n'en est pas à une erreur près, n'est-ce pas ? Et puis une première loi qui crée une telle brèche dans un droit fondamental, le droit d'auteur, c'est tellement facile à modifier, pour élargir son époque d'application… (En fait, je ne sais pas si c'est si facile, mais le risque que les auteurs étrangers le pensent et se méfient de l'édition française est réel.) J'aimerais bien avoir l'avis des agents, tiens !

 

Et les auteurs français, à l'ère du numérique, les auteurs français qui voient les éditeurs récompensés (payés) pour avoir laissé se perdre dans les oubliettes leurs ouvrages, croyez-vous sincèrement qu'ils referont confiance à ces gens-là ?

 

Enfin, les erreurs, les nombreux bugs du site, les fautes d'orthographe, etc. posent un réel problème d'ordre juridique. Que se passera-t-il si un auteur vérifie la liste et ne trouve pas ses œuvres, parce que son nom est mal orthographié ou bien parce qu'il n'est carrément pas listé en tant qu'auteur alors que les ouvrages collectifs auxquels il a participé le sont, eux, bel et bien, ou tout simplement parce que le site déconne et dit qu'il n'y a pas de résultat, que se passe-t-il donc, si cet auteur laisse passer la date et voit ensuite apparaître un livre piraté numérique ? Si le site est réparé ou la faute d'orthographe corrigée après la vérification de l'auteur ? Celui-ci se fait-il définitivement entuber avoir ?

 

Bravo, belle usine à gaz. Félicitations.

 

edit : on m'affirme que si, que les oeuvres écrites par des auteurs étrangers peuvent être concernées par cette loi dont le champ d'application est défini par "livre publié en France". Décidément bravo ! 

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Published by Lucie Chenu - dans Livres - édition
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:07

Il y a quelques jours, je vous parlais d'Esperanto, le projet de film que mon fils réalise avec l'association de production et réalisation ciné Woolly Dream. Je vous relayais un premier trailer, plutôt contemplatif, destiné à dévoiler l'ambiance du film plus que l'histoire, le synopsis (le début) et la présentation des personnages, décalés, déjantés, brisés ou au contraire reconstruits...

 

Une seconde vidéo est à présent disponible. C'est une interview des membres de l'équipe et de quelques-uns des comédiens pressentis. On les sent motivés, inspirés, prêts à donner le meilleur.

 

 


 

 

 

Le lieu de tournage est prêt, les décors, les costumes et accessoires, ainsi que le matériel technique. Entre les acteurs et les techniciens, l'équipe au complet compte 21 personnes et le tournage se situe à 1 heure de route de Toulouse. Le financement via Ulule va donc permettre de nourrir et loger tout ce monde durant le tournage.

 

On peut donner ce qu'on veut, à partir de 5 €. Et selon ce qu'on donne, on obtient un remerciement, son nom au générique, le DVD du film et des photos dédicacées, le droit d'assister aux derniers jours du tournage, et j'en passe !

 

Mais attention, ce projet ne sera financé que si au moins 1 400 € sont collectés avant le 2 avril 2013. C'est à dire que si le 2 avril 2013, la somme s'élève à 1395 € ou moins, tout le financement est annulé (et les donateurs remboursés). Pas cool pour l'équipe qui se prépare depuis des mois, a réservé dates, lieux, comédiens, matériel, etc.

 

Donc, si vous pensez pouvoir contribuer, SVP, n'attendez pas le dernier moment, au risque d'oublier. Surtout que, il faut bien l'avouer, l'effet "le projet monte petit à petit" aide énormément à décider les hésitants. Au moment où j'écris ces lignes, on est à dix-neuf jours de la date limite et le projet est financé à 30 %

 

5 € + 5 € + ... ça va le faire ! Mais ne tardez pas !

 

 

 

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Published by Lucie Chenu
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