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  • : Les Humeurs de Svetambre
  • Les Humeurs de Svetambre
  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 18:57
Je compte rapatrier ici quelques-unes des critiques que j'ai pu publier sur mon blog MySpace. Et je compte aussi parler de "fictions non-imaginaires", si cette expression a un sens...

Pour commencer, un livre qui me tient à coeur, pour plein de raisons que vous comprendrez vite, vous qui me lisez. Une anthologie que j'ai lu il y a bientôt deux ans. Depuis, j'ai lu quelques-uns des romans publiés par les divers auteurs du Collectif, et je compte bien ne pas m'arrêter là, parce que tout ce que j'ai lu est vraiment bon.


J'ai déjà parlé à certains d'entre vous de ce bouquin, Chroniques d'une société annoncée, publié chez Stock et signé d'un collectif : Qui Fait la France ?. Je l'ai découvert à travers une émission de radio, en voiture (et va-t-en noter des références en conduisant !). C'était à peu près à la période de la sortie de l'Appel d'Air, et je ne pouvais m'empêcher de faire un rapprochement entre les deux livres. Parce que ce sont deux anthologies (deux "collectifs"), deux livres qui gueulent, qui manifestent. Mais bien sûr, ils sont très différents.

Chroniques d'une société annoncée, ça n'est pas de la SF, pour commencer. Le collectif Qui Fait la France ? ne regroupe pas des auteurs du fandom, donc, mais des auteurs de banlieue. Regroupement géographique ? Non, bien sûr, regroupement culturel, d'auteurs qui ont en commun de subir l'ostracisme de la France, alors qu'ils sont Français.

Onze nouvelles et une petite pièce de théâtre composent ce recueil. Ca faisait très longtemps que je n'avais pas lu de nouvelles non-SF, non-fantastiques ou non-fantasy. Des nouvelles réalistes. Je continue à lire des romans de littérature générale, de temps à autre, mais les nouvelles, ça faisait longtemps. Et là, je me suis pris une claque dans la gueule. Une double baffe, sur le fond, et sur la forme.

Comme depuis quelques temps je lis plus de fantastique que de réalisme (je me répète) du moins en ce qui concerne la fiction, les quelques nouvelles flirtant avec la folie ou le fantasme m'ont désarçonnée. Je n'avais pas les codes pour "Je sais qui je suis", de Faïza Guène ; j'attendais inconsciemment une chute surnaturelle en lisant "Détours", de Mabrouck Rachedi... Mais par contre, ça n'était pas le cas avec "Une balle dans la tête", du même Mabrouck Rachedi, dont je n'ose rien dire de peur de vous dévoiler la fin, absolument jubilatoire ! Et puis, comme il est bon aussi de se laisser surprendre par le réel ! Même si ça fait plus mal, même si on se distancie moins, en tant que lecteur.

Il faut dire que j'avais été harponnée dès le début, par "Vagues à l'âme", de Karim Amellal, parce que je suis du Havre (!), par "Racisme aveugle", de Habiba Mahany, parce que cette nouvelle est un vrai coup de poing, comme l'est aussi "Garde à vue", de Mohamed Razane, dont le héros pourrait être mon fils, et que je n'ai pas pu lire sans pleurer...

"Une nuit de plus à Saint-Denis", de Khalid El Bahji, et "Une journée à Dreux", de Thomté Ryan, m'ont plutôt fait grincer des dents, tant j'avais envie de changer le destin des personnages... et "Dans un jardin délaissé", de Samir Ouazene, de lire de la poésie. Pourquoi ? Je ne sais pas, quelque chose dans cette nouvelle triste et belle à la fois, qui lave la tête.

Mais ne croyez pas que l'antho soit toute entière triste, tragique ! Non, il y a des passages franchement drôles, au premier degré, comme "Allah a aidé les Blancs", de Dembo Goumane, à hurler de rire, ou au second, comme "Abdel Ben Cyrano", de Mohamed Razane, petite pièce de théâtre ironique qui en intervertissant les langages met en évidence le noeud du big, mega- problème : l'incompréhension.

Je crois, moi, que ce livre peut aider à pallier à cette incompréhension, et l'association Qui Fait la France ? aussi. Je l'ai lu comme une main tendue entre les cités surpeuplée et ma campagne qui crève de désertification... si l'on excepte les randonneurs qui viennent jeter leurs bouteilles de coca dans les prés, évidemment. Et quand j'ai saisi cette main (putain ! c'que j'suis lyrique, moi, aujourd'hui !), j'ai rencontré des gens vachement sympa, j'ai surfé de profil en profil, j'ai rencontré d'autres gens vachement sympas, et j'ait trouvé un magazine que je ne connaissais pas, mais que j'ai bien l'intention de lire dès que je l'aurai trouvé (mais dans ma cambrousse, ça va être coton) : Respect Magazine.

Ben, pour tout ça, pour Qui Fait la France ? et les Chroniques d'une société annoncée, et pour l'Appel d'Air aussi, même si j'y ai participé, et pour toutes les autres manifestations littéraires de ce genre (je pense au collectif "auteurs Sans Fascisme", il y a cinq ans et demi), ça sera le mot de la fin : respect !

edit : en me relisant, je m'aperçois que je ne cite pas Jean-Eric Boulin, qui est l'auteur d'une des nouvelles. Evidememnt, j'ai prêté mon bouquin et ne l'ai pas encore récupéré. Je ne sais donc pas où j'ai pu faire l'erreur. Je pense que j'ai dû attribuer sa nouvelle à un autre, mais laquelle et qui ? Je corrige dès que j'ai trouvé l'erreur. Si l'un des membres du collectif passe par là, qu'il n'hésite pas à me l'indiquer !
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Published by Lucie Chenu - dans Cri du coeur
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 23:58
 et Le week-end prochain à Paris et en région parisienne, se tiendront deux manifestations littéraires !

La première, le Salon de l'Autre Livre, vous en avez très probablement entendu parler. Ca se passera du 20 au 22 à l'Espace des Blancs Manteaux. Tous les détails sur le site

Seront présent plusieurs éditeurs de l'Imaginaire (je crois) dont, CDS éditions avec leur dernière publication : Le Boudoir aux Végétales, un art-book d'Estelle Valls de Gomis .



On pourra y rencontrer  Charlotte Bousquet, Nicolas Cluzeau, MB Cras, Maelig Duval, Jijicé et Fabien Fernandez avec « L » et Projet Pélican. et Des Vierges et des tombeaux...





Et le 21 novembre, à l'Hotel de ville de CERGY se tiendra la première édition des Uchroniales. Ce tout nouveau salon a la particularité d'être co-organisé par l'Association des Paralysés de France dans le but de communiquer autrement sur le handicap moteur.



Et Argemmios sera là, avec entre autres leurs derniers titres, Grisemine, le petit chat qui voulait voler, écrit et dessiné par Isabelle Chatel Merlier, un album qui s'adresse aux petits de 3 à 8 ans, et Cette porte là-bas qui se fermait... de Pierre Gévart, une novella peu ordinaire.









Parmi les auteurs présents aux Uchroniales, Jean-Michel Calvez, Jess Kaan et Nathalie Dau ainsi que Charlotte Bousquet qui se dédoublera pour l'occasion ! Et il y aura aussi Mathieu Coudray, Corinne Guitteaud, et j'en passe...














edit : les éditions ActuSF, Mnemos, Mille Saisons et bien d'autres, seront aussi présentes aux Uchroniales, et la Librairie Ys aura en stock les ouvrages des auteurs présents, même si leur éditeur n'est pas là.
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:07

Il y a huit ans, j’ai été conviée à participer à un projet extraordinaire : écrire autour de la musique de Nicholas Lens, et plus précisément de Flamma Flamma, le Requiem du Feu, premier opus de la Trilogie d’Accacha.

 

Nous nous sommes réunis, virtuellement, via le net, et la première étape a été de se répartir les morceaux en fonction de nos goûts à tous. Pas simple ! En effet, le principe était de s’immerger totalement dans « notre » morceau, d’écrire sous influence – influence de l’album entier, certes, mais surtout influence d’un morceau précis.

 

Le livret de Flamma, signé Hermann Portocarrero, est en latin. Delphine Imbert l’a traduit pour nous, se servant de la version originale et de la version en allemand disponible sur les pochettes des CD. Or, une autre des « contraintes » que nous avions adoptées était de conserver le titre original (en latin, donc), et de glisser au fil des pages de notre texte une phrase, extraite du livret, mais en français, cette fois. Cela donne quelque chose d’assez amusant quand on arrive à repérer cette private joke, mais il n’est absolument pas nécessaire de le savoir pour apprécier les textes.

 

Un autre point notable est qu’à l’époque, nous connaissions la musique et les textes des quatorze morceaux que nous nous sommes répartis. Mais nous ne connaissions absolument pas le contexte. Du titre de l’œuvre et de ceux des morceaux, de la musique si particulière, nous déduisions un drame, une tragédie. Un requiem parle de mort, n’est-ce pas ? Ça n’est que lorsque j’ai acheté le second opus des  Chroniques d’Accacha : Terra Terra, The Aquarius Era, qui était accompagné d’un livret plus explicatif, que je me suis rendue compte du sens général de l’œuvre de Lens et de la part de parodie qu’elle contient.

 

Peu importe, notre démarche n’était pas de raconter ce que Lens et Portocarrero avaient déjà raconté. Nous étions, nous sommes, quatorze auteurs tombés amoureux de cette musique si particulière, si différente de ce que, pour la plupart d’entre nous, nous écoutions d’habitude, si prenante, envoûtante… Imaginez une musique classique et inclassable (certains l’étiquettent pop), moderne et mélodieuse, englobant une voix de soprano rappelant celle de la Diva du Cinquième Élément et Le Mystère des Voix Bulgares, ces voix si nasillardes et leurs phrasés orientaux…

 

Depuis lors, le temps a passé. Nathalie Dau, membre de notre collectif, a fondé les éditions Argemmios et a décidé de publier le recueil, avec l’assentiment de la fondation Nicholas Lens et de sa maison de disques, que nous avions tenu au courant de notre démarche.

 

C’est pour bientôt, il arrive. Il aura pour titre Flammagories, Hommage à Nicholas Lens. Alain Valet a réalisé une splendide illustration de couverture que j’ai bien hâte de vous montrer, Bruno Peeters, qui est un fin connaisseur en matière de musique et a suivi toute l’aventure, signe la préface, tandis que Luc Toussaint, qui initia en quelque sorte le projet, nous a fait l’amitié d’écrire une introduction.

 

Le sommaire est le suivant :

Hic Iacet I (Jean-Michel Calvez)

Hic Hiacet II (Jess Kaan)

Sumus Vicinae (Xavier Dollo)

Tegite Specula (Lionel Davoust)

Complorate Filae (Julien Fouret)

Vale Frater (Nathalie Dau)

Amice Mi (Olivier Gechter)

Corpus Inimici (Vincent Corlaix)

Deliciae Meae (Lucie Chenu)

Flamma Flamma (Nico Bally)

Ave Ignis (Delphine Imbert)

In Corpore (Lydie Metayer)

Agnus Purus (Jean Millemann)

Ardeat Ignis (Khan Van)

 

Pendant longtemps, il était difficile de trouver des informations sur Nicholas Lens même sur le web, ses CD étaient introuvables en France, il fallait commander en Allemagne (Lens est Belge) ; heureusement, il a maintenant un site internet (actuellement en cours de rénovation) et on peut écouter quelques-uns des morceaux de Flamma. Voici « le mien », celui qui m’a inspirée pour écrire ma nouvelle, Deliciae Meae.

 

 

On peut télécharger légalement les œuvres de Nicholas Lens sur http://www.tunecore.com/music/daila-laika Seul problème, je n’ai pas encore réussi à comprendre comment. Ça n’est pas grave, vu que je possède pratiquement tous ses disques, mais… argh ! Il semble qu’il y ait un morceau que je ne connaisse pas et… je n’ai pas la moindre idée de ce qu’est iTunes :-(  Ça marche, sur PC, ce truc ?

 

Je vous avertirai de la parution de Flammagories dès que j’en saurai plus (et vous montrerai la splendide illustration dès que j’aurai le feu vert de l’éditrice ;-)), il y aura probablement une souscription pour lancer l’impression.

 

En attendant, voici le lien vers la page facebook des fans de Nicholas Lens, je vous laisse apprécier sa musique…

 

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 22:59

Ça faisait un moment que je voulais écrire un article sur la laïcité en France, et ses dérives. Il se trouve que vient de se passer quelque chose qui tend à démontrer mon idée que la France est loin d’être aussi laïque qu’on voudrait bien nous le faire croire.

J’entends dire ou je lis parfois que l’immigration « d’avant », celle des « Ritals » et des « Polaks », s’est bien passée parce qu’ils avaient la même religion que les « Souchiens », mais que l’intégration des Maghrébins ne pouvait pas se passer aussi bien, parce que l’Islam est trop différent du catholicisme.

Et puis j’entends dire ou je lis parfois que la France est un pays laïque, et qu’en conséquence les signes religieux ostentatoires doivent être proscrits. Depuis la loi de 2004, ils le sont de l’école. On sait que cette loi avait pour but de proscrire les « voiles islamiques » que certaines adolescentes musulmanes portaient. Dans les années 90, on pensait qu’elles étaient contraintes à porter le voile islamique par leur famille, et que les exclure de l’école si elles s’obstinaient à porter le voile était le meilleur moyen de les faire rentrer dans le rang de la laïcité. Je n’ai jamais réussi à trouver logique qu’on renvoie des gamines au motif de les sauver de leur trop autoritaire famille…

On n’imaginait pas que certaines puissent avoir choisi elles-mêmes de porter ce voile. Pensez-vous : des adolescentes faire un choix en toute conscience ? Des jeunes, et qui plus est des femelles ? Vous voulez rire ! Pas chez les bougnouls musulmans, sont bien trop arriérés, ces gens-là ! Ils n’ont pas appris à leurs filles à penser

Les Français catholiques et laïques, eux, sont bien plus évolués. Ils enseignent à leurs enfants à penser, eux. La preuve :

En 2007, Denis Guiot, alors directeur de la collection Autres Mondes chez Mango Jeunesse, apprenait avec stupéfaction que le roman de Nathalie Le Gendre prévu pour le mois suivant ne paraîtrait pas. Motif ? Les Orphelins de Naja avait pour thème la pédophilie au sein d’une église du futur. Le milieu de l’édition jeunesse, mais aussi les bibliothécaires, de nombreux critiques, lecteurs et parents de lecteurs se sont émus de cette décision de Mango Jeunesse (racheté par Fleurus, ceci explique cela). Une pétition a été lancée, de nombreuses personnes l’ont signée, et le patron de Mango Jeunesse est revenu sur cette décision de rupture de contrat. Il n’était pas compliqué de demander à l’auteur quelques modifications à son manuscrit si besoin était, cela fait partie du travail éditorial.

 

Mais Denis Guiot était fort en colère, ce qui se comprend. Il avait été désavoué et a donc préféré quitter Mango Jeunesse. Il dirige maintenant la collection 15-20 ans chez Intervista et la collection Soon, chez Syros.

Cette année, comme tous les ans, est organisé à Rennes le Prix Ado. De jeunes lecteurs ont pré-sélectionné, comme tous les ans, dix ouvrages qui devraient ensuite être lus par tous les collégiens qui s’inscriront pour être juré du prix. Un seul livre est choisi à la fin, comme de bien entendu. Et cette année, parmi les dix ouvrages sélectionnés, se trouvent Les Orphelins de Naja de Nathalie Le Gendre, ainsi que le premier livre que Denis Guiot a publié chez Intervista : Je suis ta nuit, de Loïc Le Borgne. Ce roman fantastique traite, entre autre, du suicide d’un adolescent.

 

Or, que se passe-t-il ? Eh bien alors que seuls les ados sont censés participer à la sélection, alors que celle-ci est annoncée sur les sites partenaires, une réunion des instances organisatrices avec le clergé a lieu, à la suite de quoi ces deux livres sont retirés de la sélection.

Vous avez bien lu : avec le clergé.

Alors que le clergé n’a rien à voir avec l’organisation du Prix Ado. Alors qu’en France, les pouvoirs politiques et religieux sont séparés, c’est la définition de la laïcité. Alors que les signes ostentatoire religieux sont proscrits à l’école – ah oui, ça, ça ne compte pas : ce très fort signal religieux n’est pas ostentatoire, il est plutôt vicieusement caché.

Alors l’affaire n’est pas close, les dernières nouvelles semblent optimistes. Le vent de protestation, les courriers des médiathèques et le buzz sur le net auraient servi à quelque chose et les deux livres écartés seraient réintégrés dans la sélection. Mais on reste vigilants. Et je vous tiens au courant.

Pour en savoir plus : ma critique sur nooSFere des Orphelins de Naja, un article sur Actualitté, la page facebook de soutien aux deux auteurs et la discussion sur ActuSF.

Ah, oui, et, heu… ce billet a été écrit par petits bouts, comme j’ai pu, mais je reviendrai sur le sujet de la laïcité.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 20:04

Aujourd'hui, mardi 10 novembre 2009, est un jour bien étrange.

Hier, nous étions le 9 novembre 2009, hier, « le monde entier » célébrait la chute du mur de Berlin, la réunification de l'Allemagne, l'extension / l’expansion de l’Europe, la Paix entre les Peuples. Le « mur de la honte » était abattu, vive la Liberté !

Pourtant, d’autres barrières de séparation existent, sont en construction ou sont proposées, encore aujourd’hui.

Demain, nous serons le 11 novembre 2009, demain, la France célébrera l’Armistice, la fin de la Première Guerre mondiale, celle qui devait être « la der des ders ». Demain, la France honorera ses héros morts en combattant l’ennemi allemand… La Victoire !

Et cela illustre à merveille les tendances schizoïdes de notre époque. Car, enfin, depuis quelques années, que vivons-nous ?

D’un côté, l’Europe se construit, s’élargit, vite, très vite, même. Se bâtit une Constitution qui est refusée par une partie de ses citoyens. En particulier par les Français. Bien vite, les 15 millions d’électeurs qui ont voté « non » au référendum sont appelés « nonistes », accusés d’être « anti-européens ». A-t-on jamais cherché à savoir pour quelles dizaines de raisons différentes ils ont voté « non » ? Non. Et pourtant… Est-ce que ça n’est pas LA question essentielle à poser ? Qu’est-ce que les électeurs, dont certains s’affirment hautement pro-européens, reprochent à ce traité ?

((Moi, je peux vous le dire : ce que je reprochais à ce traité, c’était l’Otan. ))

Un traité modifié est alors « proposé », qui doit être ratifié par les parlements – plus question d’en appeler au Peuple, ce con ! Il ne vote pas comme il faut ! – dans la plupart des pays, et par référendum en Irlande. Le référendum irlandais rejette ce traité simplifié. Que se passe-t-il alors ? On fait revoter les Irlandais, et le « oui » l’emporte. Curieusement, cette fois-ci, on ne ressent pas le besoin de les faire revoter encore, pour confirmer. Pourtant, tous les enfants le diront, une manche partout, il faut faire la belle…

De plus, le président de la république française, dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne (oui, ces six mois qui ont coûté si cher aux contribuables européens, c’est à dire à nous), fonde l’Union pour la Méditerranée. Wikipédia nous apprend « Les principaux buts de cette organisation sont d'ordre énergétique et environnemental : l'eau, l'énergie (en particulier l'énergie solaire), l'environnement (avant tout la dépollution de la Méditerranée), l'autoroute de la mer, sont au cœur du projet. A l'inverse, des sujets moins consensuels comme l'immigration, la nature des régimes politiques des États membres, le conflit israélo-palestinien, ont été écartés. »

D’un autre côté, la France sarkozyste se dote d’un « ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire ». Rien que ça.

Et l’action de ce ministère, à votre avis, ça sera quoi ? En toute logique, selon l’intitulé, ça devrait être « aider les immigrés à s’intégrer et les “nationaux” à être solidaires avec les immigrés et leurs pays d’origine ». Ça serait bien, ça, comme ministère !

Oui, mais voilà, le nôtre, de d’un « ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire », il ne sert pas à ça. Notre ministère, son objectif, c’est 25 000 reconduites à la frontière par an au minimum.

Ah ouais… 25 000 reconduites à la frontière par an… Alors qu’on ne connaît pas les chiffres exacts de l’immigration clandestine, alors que des jeunes entrés de façon tout à fait légitime avec leurs parents munis de titres de séjour parfaitement en règle, se retrouvent du jour au lendemain privés du droit de vivre ensemble, « grâce » aux lois Pasqua et Sarkozy, le jour de leur majorité. Et cela, même s’ils sont scolarisés ou travaillent, même si leurs parents restent vivre légalement en France. Et même s’ils ne connaissent plus leur pays d’origine !

Je me demande combien d’Allemands de l’Est ont été renvoyés à la frontière pour respecter les quotas.

Ah non, je me trompe, la RDA n’existe plus et les Européens sont les bienvenus en France.

Enfin, c’est comme l’égalité, ça. Il y en a qui sont plus bienvenus que d’autres.

Demain, on fêtera l’Armistice de la Première Guerre mondiale, en ayant oublié le rôle des Colonies et des tirailleurs sénégalais. Comme Wikipédia l’indique : « Les colonies ont joué un rôle primordial pendant la Première Guerre mondiale, fournissant aux Alliés de la matière première et de la main-d’œuvre. (…) Au total, ils sont 600 000 à combattre. Des dizaines de milliers y laisseront la vie. Même si l’image de l’« indigène » laisse place à celle du soldat, globalement les préjugés demeurent. Par la suite, avant et après la décolonisation, la dette de sang contractée par la France au cours des deux guerres mondiales pèsera lourd dans les reproches d’ingratitude formulés à son égard, même si, contrairement à une légende noire tenace, le nombre d’ « indigènes » morts au combat ne fut pas proportionnellement plus élevé que celui des métropolitains. »

Je suis heureuse que le mur de la honte soit tombé hier. Je suis heureuse que la guerre s’arrête demain. Mais j’ai conscience que le Traité de Versailles est l’une des causes (si ce n’est LA cause) de la Seconde Guerre mondiale. Et que la Révolution russe de 1917, pour cruelle qu’elle fut, était aussi nécessaire que nos trois Révolutions françaises (1790, 1830 et 1848), et qu’elle fut aussi à l’origine de la construction du mur de Berlin…

Et j’ai conscience que d’autres « murs de la honte » sont érigés un peu partout dans le monde.

Mon identité, dans tout ça ? Internationale, bien sûr.

Et je ne suis pas la seule à penser ça ! Bellaciao a eu l’idée de créer un site contre le nationalisme, pour l’internationalisme. http://identiteinternationale.net/

Allez, une petite chanson pour la route ?

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Cri du coeur
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 16:07

Récemment, dans un article intitulé Mon identité nationale à moi, article préliminaire à ma série en cours (c'est comme les sagas de fantasy, les articles sur l'identité, ) j'ai écrit ceci :

 

 

<<Apprendre la Marseillaise ? Le sang impur dans les sillons ? Et pourquoi pas récupérer l'Alsace et la Lorraine à la force des baïonnettes ? Ah oui, merde, c'est déjà fait. Franchement, à l’heure de l’Europe, est-ce vraiment de cela que la France a besoin ? Vous connaissez le troisième couplet de la Marseillaise ? Le voici :

 

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

 

 

 

Si l’on rapproche ces termes de ceux employés par les fachos du FN et les racistes de tous poils, enragés dès qu’ils croisent quelqu’un d’un peu différent d’eux, ça fait peur. Ça fait très peur. >>

 

 

Et une amie m'a fait remarquer que les cohortes étrangères dont il est question dans la Marseillaise étaient les armées royalistes tentant d'écraser la République naissante, que le joug était la royauté de droit divin, les vils despotes les royalistes, et que la Marseillaise était un hymne populaire, révolutionnaire, un appel à écraser la tyrannie à mille lieues de l'idéologie fasciste. Et que d'ailleurs, un député anglais avait été élu en 1792 à la Convention, preuve que le « nationalisme » n’était pas ce qui sous-tendait les républicains de l’époque !

 

 

C'est vrai que cet article n'était pas très réfléchi, pas très structuré. J'y jetais sur l'écran mes pensées, mes associations d'idées, sans trop m'embarrasser d'explications. Et c'est un tort.

 

 

Je suis en effet parfaitement consciente que la Marseillaise n’est pas un hymne raciste. Quand elle est composée, quand elle est adoptée comme hymne national, elle est en effet un appel à l’union populaire contre la tyrannie des rois et des puissants, contre la contre-Révolution. Au point que pendant l’Empire et la Restauration, elle a été interdite.

 

 

Mais voilà, il y a ce passage : « Quoi ! des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers ! »

 

 

J'ai entendu (ou lu) ces mêmes mots à propos de l'immigration, maintenant, en 2009. Les cohortes étrangères étant bien évidemment les islamistes le couteau entre les dents (comme les bolcheviks du temps de ma jeunesse), et la loi dans les foyers étant la charia... Et ces gens disent ça sérieusement, à propos de la moindre manifestation de religion qui n'est pas la leur... A propos de la moindre manifestation de différence. Et ça, ça me fait vraiment peur.

 

 

Et puis on ne peut pas nier que la langue évolue. Et même si par moments on le regrette profondément, je pense qu’on doit l’accepter et même, l’accompagner (après tout, nous aussi, nous pouvons et nous devons faire évoluer la langue, comme nous pouvons et nous devons faire évoluer notre société vers ce qui nous paraît juste).

 

 

Alors oui, en 1789 (ou 95), ces paroles avaient un sens révolutionnaire, mais actuellement, la faire chanter aux enfants à l'école, dans la société telle qu'elle est (métissée, hétérogène, inégale, raciste, sexiste, et j'en passe), ça serait provoquer un énorme contre-sens. Du moins ce troisième couplet.

 

 

 

Le plus probable est que les enfants ne comprendraient pas les paroles. Les instits font de leur mieux, mais il faudrait que le programme d’histoire soit suffisamment avancé, que la Révolution ait été traitée, et avec elle la Marseillaise. Il faut l’étudier avec l’approche de la langue française, et avec l’approche de l’Histoire. Tout cela, ça ne peut se faire qu’à partir du CM2, et encore.

 

 

Mais là faire chanter ça aux enfants sans qu’ils la comprennent…

 

 

Et puis j’ai une petite préférence pour l’Internationale, personnellement ;-)

 

 

Mais n’allez pas croire que je pense que la Marseillaise est un hymne raciste. Je pense qu’à notre époque, elle n’est plus de mise. Qu’à l’heure de l’Europe, et de l’Hymne à la joie (aux paroles duquel je reprocherais un certains sexisme, comme quoi, c’est pas encore gagné de ce côté-là  ), elle devrait être repensée, retravaillée, voire remplacée…

 

 

Et qu’elle ne devrait pas être la priorité d’une réflexion sur l’identité française ! C’est à l’hymne à se conformer au pays et à ses habitants, et non l’inverse.

 

Ceci dit, c’est vrai qu’en y repensant, se faire récupérer un chant révolutionnaire par des fachos, par glissement sémantique, c’est pas terrible…

 

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 10:09

Je ne veux pas attendre trop longtemps avant de publier cette suite à mon article intitulé Identité nationale … et la citoyenneté dans tout ça ?. Mais ce qui suit risque de paraître confus, nourri de la colère que j’éprouve suite à des propos tenus sur mon mur facebook. J'espère que vous vous y retrouverez quand même.

 

Il est temps d’arrêter de dire n’importe quoi. Qu’en 2009 on puisse encore écrire « Les femmes d'immigrés, elles sont plutôt des pondeuses en puissance, ce qui en fait des demandeuses d'emplois par procuration (pour leurs enfants à venir) (…) je suis plutôt pour la relance de la colonisation. Ce fut une grosse erreur de l'abandonner, ainsi qu'en témoigne l'état lamentable de l'Afrique aujourd'hui.. » me met dans une colère telle que tout d’un coup, je trouve les jeunes beurs délinquants de banlieue fort mesurés lorsqu’ils expriment la leur, de colère.


Immigration, chômage… et la colonisation/décolonisation dans tout ça ?

 

La France, royaume plutôt centralisé (monarchie catholique absolue de droit divin et tout le tintouin) vit une première Révolution en 1789 (après avoir connu de nombreuses et douloureuses guerres de religion, c’est bon de le noter). Après quelques décennies d’alternance entre république, empire, retour de la monarchie, viennent d’autres révolutions différentes de la première, et la IIIe République, période faste et bousculée à la fois. Il s’y passe plein de choses, et entre autres une intensification de la colonisation qui avait débuté avec une participation active au commerce triangulaire ce qui, pour ceux qui l’ignoreraient, signifie esclavage et traite de Noirs. S’ensuivent les deux Guerres Mondiales. La prise de conscience de l’horreur nazie. Et puis la décolonisation.

 

Mais déjà bien avant cela, la France et l’identité française se sont bâties sur des vagues de migration, invasions ou conquêtes : les Celtes, poussés vers l’ouest, qu’on appela ici les Gaulois, les Romains, envahisseurs impérialistes, les Goths, Wisigoths et autres « hordes barbares » qui donnèrent leur nom au pays, j’ai nommé « les Francs », les Wikings venus du nord qui donnèrent leur surnom à la région que le roi de France leur octroya, la Normandie, les Anglais, les Bourguignons, les Bretons, les Savoyards… tous ces peuples très différents les uns des autres, par leurs us et coutumes, par les langues qu’ils parlaient, se sont amalgamés tant bien que mal pour former un pays où la grande majorité (le Tiers État) était opprimée par des élites – sauf qu’on ne les appelait pas « élites » puisqu’ils n’étaient certainement pas élus ! – composées de la noblesse et du clergé. Centralisée, la France l’était, oui. Homogène ? Sûrement pas. Au point que les dialectes et patois étaient parfois incompréhensibles pour ceux d’une province éloignée. Au point que le mot « pays » désignait quelqu’un originaire de la même province – quand ce n’était pas plutôt du même village.

 

Pour la suite, pour ce qu’on appelle actuellement l’immigration en France, je conseille vivement de lire cet article de Wikipédia qui fait le point sur les significations données aux mots, sur les chiffres

 

Un exemple, un extrait : « Par sa situation géographique qui en fait un lieu de croisement des commerces et des populations, puis par son histoire d’ancienne puissance coloniale, la France est un pays de migration de longue date.Cependant, depuis les années 1990, la France présente un solde migratoire deux fois et demi inférieur à la moyenne des autres pays européens[1]. »

 

Alors, pourquoi vient-on nous casser les b… avec un soi-disant « problème de l’immigration » ?

 

J’étais vraiment en colère qu’on écrive ça sur mon mur facebook, ces insultes sur les femmes d’immigrés « pondeuses en puissance », et puis « je suis plutôt pour la relance de la colonisation ». Alors bien sûr, c’est venu suite à une discussion, en réponse à ce que je disais qui était déjà une réponse à un commentaire déplaisant. Mais, ce qui est déplaisant n’est pas, par définition, faux. Et si j’ai effacé l’insulte de mon mur (et le commentateur de mes amis parce que ça n’est pas la première fois qu’il trolle chez moi comme ailleurs et que là, c’était une fois de trop), j’ai répondu à une partie de son message. Mais pas à la partie sur la colonisation, parce que j’avais déjà en tête ce que je suis en train de vous écrire (ça va, c’est pas trop embrouillé ? Vous arrivez à suivre ?)

 

 

Or donc, en réponse à ceci « Le problème des immigrés, c'est qu'ils apportent leur misère; Or, de la misère, on en a déjà beaucoup, en France. Lorsqu'on travaille à Pôle Emploi, on la rencontre chaque jour. Évidemment, planqué dans les beaux quartiers ou dans une région peu urbanisée, cela se sent moins. », voilà ce que j’avais écrit :

 

« Enfin, pour parler plus précisément de l'immigration en provenance des pays d'Afrique : il nous faut bien admettre que la France a foutu un tel bordel dans ses colonies que nous -- nous les "Français de souche" et nous les immigrés -- payons les pots cassés par nos ancêtres (des deux bords).


Tant qu'on s'obstinera à ne pas parler de la colonisation, des colonisations, j'ai envie de dire, parce que ça s'est passé de façon bien différente selon les régions et les époques, tant qu'on s'obstinera à se taire, à fermer les yeux et à se boucher les oreilles, comme les trois singes, et tant qu'on occultera les années 70 où on allait chercher les travailleurs de l'autre côté de la Méditerranée parce que les Français ne voulaient pas accepter de bosser dans des conditions déplorables pour des salaires de misère, alors oui, on croira qu'un immigré n'est rien d'autre que quelqu'un qui apporte la misère, qui paupérise le pays.


Et on ne réglera ni le problème du chômage, ni celui des sans-papiers, ni celui de la délinquance. Et on ne réussira qu'à détruire encore, un peu plus, le patriotisme, le vrai. De ceux pour qui être Français signifie avoir fait leur la devise de la France : "Liberté, Égalité, Fraternité" »


L’intégrale, c’est ici.

 

Donc, en supprimant l’insulte, j’ai aussi supprimé le passage sur la colonisation. Qui n’allait pas dans le sens de ce que je pense, certes, mais après tout, j’appelais à en parler.

 

Or donc, colonisation-décolonisation. Et leur corollaire : l’immigration en provenance des ex-colonies, parce que l’immigration existe aussi en provenance de plein d’autres pays, j’espère que tout le monde en est bien conscient. D’ailleurs, j’aimerais avoir du temps pour parler des Ritals, des Polaks, des Yougos, des Espingouins qui fuyaient la guerre, l’oppression ou la misère, et de tous les autres, des Boat People errant des semaines…

 

En cherchant des références, des précisions, je suis tombée sur des articles qui m’ont fort étonnée et dont je ne sais pas trop quoi penser. J’ai commencé sagement par Wikipédia, à chercher à préciser les notions de nationalité et de citoyenneté, et puis j’ai continué par les articles sur la colonisation et la décolonisation. Par là-dessus, est arrivé la newsletter de Rue 89, et j’ai lu ceci : Identité nationale : la fin de cinquante ans de mensonges ? et surtout, j’ai cliqué sur les liens nombreux et intéressants.

 

En résumé, la thèse de l’auteur de l’article, Alexandre Gerbi, est que « Depuis un demi-siècle, la Ve République vit sur un gigantesque mensonge. Selon l'histoire officielle, la France a perdu malgré elle ses colonies d'Afrique. Or, en réalité, c'est essentiellement la France qui a imposé l'indépendance à ses populations africaines, afin d’esquiver la « bougnoulisation » et perpétuer le colonialisme. » C’est ce qu’il cherche à démontrer par de nombreux articles sur son blog, intitulé Fusionnisme : Mouvement pour l'Unité franco-africaine .

 

Et là, je suis perdue. À la fois bien loin du but de mon article, et en plein dedans. Parce que l’identité française, si on ne connaît pas réellement l’histoire de la France, c’est quoi ? Et comment partager des valeurs communes, tous ensemble, si l’on ne nous a pas raconté la même chose ?

 

J’ai toujours pensé qu’un après-guerre entraînait des mensonges, des altérations de la vérité (commencées, bien sûr, avant et pendant la guerre !). J’en ai vu les effets pendant les guerres en Yougoslavie. Je me suis toujours doutée que la version de la guerre d’Algérie enseignée en Algérie et en France n’était pas la même, que l’indépendance du Gabon n’avait pas la même signification vue du Nord ou bien du Sud. Que dire « la colonisation c’est le mal, et la décolonisation, c’est le bien », c’était peut-être un peu trop simpliste. Que dire « les pieds-noirs sont tous des racistes et les harkis sont des traîtres » était monstrueux. Et bien d’autres choses.

 

Mais là, j’en suis restée comme deux ronds de flanc.

 

Alexandre Gerbi est interviewé ici. Si certains d’entre vous ont un avis éclairé – connaissent mieux que moi l’histoire de la France et de ses colonies d’Afrique et d’ailleurs – je suis preneuse !

 

Mais je ne suis pas preneuse d’opinions émises à l’emporte-pièce, d’insultes (envers moi ou autrui) et je supprimerai tous les commentaires injurieux.

 

Et je réaffirme ici hautement que mon identité à moi ne se satisfait pas d'être « nationale ». mon identité de Française est celle d’une métisse (même si mon sang et mes gènes ne sont que blancs, ce qui ne signifie strictement rien) et que, privée d’immigration, d’échanges culturels avec autrui, avec des gens différents de moi, dont le vécu, l’expérience, les connaissances sont différentes et donc, complémentaires, privée de mes amis, je m’étiolerais.

 

Or donc, mon sous-titre annonçait que je vous parlerais aussi d’immigration et de chômage, et je vois que je suis partie dans tous les sens, que j’ai passé un temps fou à rechercher des sources et des références (que je ne vous ai pas toutes retransmises, parce qu’en plus, Firefox a buggé).

 

 

C’est que le message qui m’a tant énervée commençait par ceci : « Quand même, il me semble, tout immigré sans exception, est a priori un demandeur d'emploi. »

 

Et là, je trouve ça simpliste, et crétin. Et oublieux d’une histoire bien plus récente que celle de la décolonisation, et dont je me souviens parfaitement. Cette période où l’on allait chercher les Africains, où on leur demandait d’émigrer, pour servir de main d’œuvre.

 

L’histoire de l’immigration n’est pas l’histoire du chômage !!! L’immigration économique commence avec le travail – soyons logique : qui irait chercher du travail dans un pays où le chômage domine ? Le chômage est venu ensuite, avec les crises du sucre, de l’énergie ou des finances, et surtout avec l’automatisation des usines, avec l’importation de produits finis moins chers (textile) et la délocalisation des entreprises.

 

Le chômage en France est la conséquence de la mondialisation et du libéralisme, pas de l’immigration – légale ou clandestine.

 

Alors, oui, on peut se poser la question, se dire : « bon, ça n’est peut-être pas leur faute, aux immigrés, mais maintenant que le chômage est là, faudrait peut-être qu’ils partent, non ? Qu’ils rentrent chez eux et laissent le boulot aux Français ? »

 

Ben oui, tiens, c’est une idée, ça : on prend et on jette. Après tout, c’est ce que font les patrons des grandes entreprises, non ?

 

Mais voilà : licencier quelqu’un ou le chasser du pays où il vit, ça n’est pas la même chose du tout. Déjà, pour commencer, « immigré »  ne signifie pas « étranger », beaucoup (même si trop peu, à mon avis) d’immigrés ont été nationalisés. Ensuite, on ne vit plus à l’époque d’Athènes où les Métèques (les étrangers) et les esclaves étaient des sous-hommes sans citoyenneté (et je ne parle pas des femmes !). Et la devise du pays, mise en place par la constitution de la république française adoptée le 4 novembre 1848, c’est « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et se garder pour soi la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, ça serait les trahir.

 

Et durant ces années durant lesquelles les immigrés étaient les bienvenus pour faire le dur boulot qui ne manquait pas, la France s’est métissée. Et ce métissage racial et culturel l’a enrichie. Et mon identité française à moi, c’est ça : black, blanc, beur, même si je n’aime pas le foot (et même Paris Foot Gay, alors que je n’aime toujours pas le foot, foot le faire ;-)), bi-sexualité, même si ce que je fais et avec qui je le fais ne regarde que moi, multi-culturalité et… pas nationaliste. Mais citoyenne, oui.

 

Alors pour commencer, parce que j’aime la France, je veux l’avertir. Lui dire que la Liberté, l’Égalité et la Fraternité ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas, que si l’on ne les partage pas. Et qu’elles sont incompatibles avec le racisme et l’anti-sémitisme, le sexisme et l’homophobie, et toute autre forme de rejet de l’autre, de la différence.

 

Et je veux lui dire aussi que la laïcité, ça n’est pas de rejeter une religion qui nous est étrangère tout en se laissant gouverner par un cardinal de Latran ou d’ailleurs, que la séparation des pouvoirs politiques et religieux ne signifie pas l’interdiction du culte, et que si je suis athée, la France ne l’est pas (Cuba est athée : souhaitez-vous que la France imite Cuba ? À bien des égards, je répondrais oui. À d’autres… non.), d’ailleurs, l’Alsace-Moselle vit sous un régime de concordat et non de laïcité.

Or donc, parce qu’il est tard et que cet article est long, je vais l’interrompre provisoirement. Et j’espère y revenir. J’espère surtout ne pas vous avoir étourdi dans un puzzle de réflexions partant dans trop de directions, et parfois elliptiques.

 

Ah oui, pour ceux que ça intéresseraient, j’avais évidemment réagi à « de la misère, on en a déjà beaucoup, en France (…) planqué dans les beaux quartiers ou dans une région peu urbanisée, cela se sent moins » en répliquant que pas de misère dans les régions peu urbanisées, j’aimerais bien ! En ces temps où le monde paysan croule sous les dettes, où les suicides sont nombreux (mais les pendaisons dans les granges sont nettement moins excitantes que les défenestrations chez France Télécon alors forcément, donc vous n’en entendez pas parler), où l’on ne peut que vendre à perte ce qu’on travaille sept jours sur sept (et parfois 24 h / 24) à produire, lire que la misère se sent moins à la campagne… Arf !

 

Encore un truc : les migrations, ça marche dans les deux sens. Combien de Français ont émigré en Afrique, en Amérique ou ailleurs, pour des raisons économiques, ou par choix personnel, par affinité envers un autre pays, une autre culture ? Certains se définissent encore comme français, d’autres ont chois de changer de nationalité/citoyenneté, ou encore de conserver la double nationalité.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 08:38

Les Derniers Jours d'Edgar Poe, une anthologie de Richard Comballot préfacée par Georges-Olivier Châteaureynaud et illustrée par Fabien Fernandez paraît ces jours-ci chez Glyphe - Imaginaires

 

 

 

Un thème d’actualité : Le bi-centenaire de la naissance d’Edgar Allan Poe… 20 nouvelles de fantasy, fantastique ou science-fiction.

 

Des écrivains prestigieux et audacieux, qui bousculent les codes tout en rendant hommage au Maître du fantastique classique. 

 

Sommaire complet :

Préface de Georges-Olivier Châteaureynaud

Jess Kaan : « Dégradé »

Jacques Mucchielli : « « And the tattling of many tongues » »

Daniel Walther : « Un verre d’amontillado »

Fabienne Leloup : « Les valises d’avril contiennent Eurêka »

Léo Henry : « Quand j’ai voulu ôter le masque, il collait à mon visage »

Jean-Pierre Andrevon : « Sur les ailes du corbeau »

Claude Mamier : « Les Dernières Braises qui s’éteignent »

Tony Mark : « Les Amours de Ligeia et Morella »

Pierre Stolze : « Le Dernier Tombeau d’Edgar Poe »

Michel Lamart : « Extraordinaires révélations sur la mort de Poe »

Xavier Mauméjean : « Les Écorchés du Boulevard »

Christian Léourier : « Quelques notes à propos du décès d’Edgar Allan Poe, poète américain »

Alain Dartevelle : « L’Ombre du doute »

Timothée Rey : « Toasts »

Yael Assia : « Maneki-Neko »

Jérôme Noirez : « Great Balls of Darkness »

Catherine Dufour : « Confession d’un mort »

Jean-Pierre Vernay : « Les Étranges Passions de M. Edgar Allan Poe telles que racontées par M. Charles Baudelaire »

Jacques Barbéri : « Opération Hippocampe »

Christian Vilà : « Les Derniers Jours d’Edgar Poe »

 

On peut commander directement chez l'éditeur.

 

Richard Comballot a réuni des recueils inspirés des thèmes les plus forts et des plus grands auteurs des littératures de l’Imaginaire. On lui doit notamment, outre deux numéros de la revue Lunatique consacrés à Jean-Pierre Andrevon et à Daniel Walther, Dimension Philip K. Dick (Rivière Blanche), Elric et la porte des mondes (Fleuve noir), Mission Alice, Les ombres de Peter Pan, La Machine à remonter les rêves (Mnémos), ainsi que la direction de recueils de nouvelles signés Michel Jeury (La vallée du temps profond, les moutons électriques), Jacques Barbéri (L'Homme qui parlait aux araignées, La Volte)… Il est aussi l’auteur d’une monographie sur Philippe Caza, et a récemment co-dirigé La Créode et autres récits, de Joëlle Wintrebert, pour les éditions du Bélial.


Jean-Pierre Andrevon, peintre, chanteur, chroniqueur à L’Écran fantastique. Ses livres de SF ou de fantastique, pour adultes ou pour enfants, sont des incontournables : Gandahar et Le Travail du Furet ont été portés à l’écran. Grand Prix de l’Imaginaire pour La Fée et le Géomètre et pour Sukran, prix Julia Verlanger pour Le Monde enfin, prix Masterton pour Le Village qui dort…) Chez Glyphe, il a publié Tous ces pas vers l'enfer, dont quelques textes viennent d’être repris en audio-livre (Quelques pas vers l'enfer, Livrior). Parmi ses ouvrages les plus récents, on trouve un essai (Guerre des mondes ! : Invasions martiennes, de Wells à Spielberg, les moutons électriques), un roman pour la jeunesse (Nouvelle Aurore, Mango Jeunesse), un recueil de textes fantastiques (C'est un peu la paix, c'est un peu la guerre, La Clef d’Argent) et un omnibus de romans de SF (Très loin de la Terre, Bragelonne).

 

Jérôme Noirez a entre autre publié Féerie pour les ténèbres, premier volume d’une trilogie, nominé aux prix Imaginale, Merlin 2006 et au GPI ; Leçons du monde fluctuant, lauréat du prix Bob Morane ; Fleurs de dragon et Le Chemin des ombres sont deux de ses romans pour la jeunesse parmi les plus remarqués. Il vient d’obtenir le Grand Prix de l’Imaginaire 2010 pour Le Diapason des Mots et des Misères

 

Catherine Dufour a obtenu le prix Merlin pour Blanche-Neige et les lance-missiles, premier volume de son cycle de fantasy Quand les Dieux buvaient ; le prix Rosny Aîné, le prix du Lundi, le prix Bob Morane et le Grand Prix de l’Imaginaire pour Le Goût de l'immortalité, et le GPI pour « L’Immaculée Conception »

 

Xavier Mauméjean écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes, des romans souvent à la marge entre les genres. Il a obtenu le lauréat du prix Gérardmer / Fantastic’Arts pour Ganesha : Mémoires de l'Homme-Eléphant ; le prix Bob Morane pour La Ligue des Héros ; le prix Rosny-Aîné pour La Vénus anatomique et le prix Aslan ainsi qu'un second prix Rosny-Âiné pour Lilliputia


Claude Mamier, écrivain, traducteur et globe-trotter, est l’auteur de nombreuses nouvelles de fantasy dont plusieurs ont été réunies dans Récits des Coins d'Ombre. De son récent voyage autour du monde de 1000 jours et 1001 nuits, il a ramené de nombreux contes et nouvelles publiées dans Les Contes du Vagabond et, tout récemment chez Glyphe, Le Bar de Partout, ainsi que « La Dernière Charge des Fées noires », dans Identités. Il est aussi au sommaire de l’anthologie Malpertuis I qui vient de paraître aux éditions Malpertuis.

 

Jess Kaan, auteur de fantastique (Dérobade), de science-fiction (Réfractaires), et anthologiste (La Route) s’apprête à publier son premier roman de fantasy, Investigations avec un Triton, dans le même univers et avec le même héros que « L’Affaire des elfes vérolés » qui lui avait valu le prix Merlin. Pour les éditions Glyphe, il est l’auteur de « Le Couloir », dans (Pro)Créations, et de « La Fourmilière, mon pied et le Tupic », dans Identités.

 

Daniel Walther a été deux fois lauréat du Grand Prix de la Science-Fiction Française : en 1976 pour son anthologie Les Soleils noirs d'Arcadie et en 1980 pour son roman L'épouvante. Il a dirigé le prestigieux Club du Livre d’Anticipation (éd. OPTA)

 

 

 

Christian Vilà est un autodidacte qui publie depuis 1973. Ayant fait ses armes dans la SF, il se diversifie très vite, en raison d’une allergie incurable à la ghettoïsation littéraire. Auteur professionnel, il a sévi dans un peu tous les registres des littératures dites de genres, où il a publié quatorze romans et une quarantaine de nouvelles. Il est aussi scénariste de bandes dessinées et de télévision. Son dernier roman, Les Mystères de Saint-Pétersbourg (Bragelonne), navigue dans les eaux de la fantasy et de l’uchronie. Il vient de publier « Les Autres », dans l'anthologie érotique Chasseurs de Fantasmes.

 

Préface de Georges-Olivier Châteaureynaud (La Faculté des songes, prix Renaudot en 1982, Grand Prix de l’Imaginaire en 1988 (Le Combat d'Odiri), 1996 (« Quiconque ») et 2009 (L'autre rive)

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 09:27

Or donc, « identité nationale » est le thème du jour. Thème du jour et fausse question, à mon humble avis de française qui fut longtemps (et bêtement) fière de son pays.

 

 

(Bêtement, parce que je n’en voyais que les points positifs, je croyais que la France était le pays des Droits de l’Homme, je croyais qu’elle était en tête des combats sociaux et humanitaires, je croyais en sa démocratie – et je croyais en la valeur de la démocratie. Depuis, j’ai appris qu’elle avait été condamnée un grand nombre de fois par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, sans que ça change significativement l’action de son gouvernement. Du coup, je suis moins bête et moins fière.)

 

 

Que signifie pour moi – encore maintenant – « être française » ? Ça fait deux-trois jours que je retourne cette question dans ma tête – il a fallu que je la dissocie des mots « identité nationale » pour être capable d’y répondre. Parce que ce « nationale » sent le nationalisme et que je ne me reconnais pas là-dedans.

 

 

C’est assez simple, « être française », pour moi, ça tient en trois mots : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

 

 

La devise de la France – sa devise actuelle, qui n’est pas « Travail, Famille, Patrie » – est ce dans quoi je me reconnais en tant que française. Ce qui ne m’empêche pas d’aimer ma famille plus que tout – mais ça n’est pas parce que je suis française que je l’aime, plutôt parce que je suis une fille, une femme, une mère – et d’aimer mon travail – car j’ai la chance de faire un travail que j’aime, et j’ai conscience que c’est un privilège – et d’aimer, oui, d’aimer la France. Ma patrie. Enfin, je devrais plutôt dire « ma matrie » parce que c’est ma mère qui me l’a léguée, pas mon père. Et que le patriarcat me gave grave.

 

 

Aimer la France, ça n’est pas fermer les yeux quand elle se conduit mal. Si je fermais les yeux et laissais faire quand mes enfants agissent mal, je serais une bien mauvaise mère. Si je n’avertissais pas mes amis lorsqu’ils ont tort et vont droit dans le mur, je serais une bien mauvaise amie. Aimer la France, c’est faire partie d’elle, et la guider dans le sens que j’estime être le bon, par mes actions, par mes paroles et, bien sûr, par mes votes.

 

 

Aimer la France, c’est donc aussi tirer la sonnette d’alarme quand elle trahit sa devise. Ce qui fait d’elle qu’elle est la France.

 

 

La Fraternité, c’est assez facile à concevoir, mais bien plus difficile à mettre en pratique. C’est l’entraide, c’est le coup de main, c’est la compassion. Envers tous ceux qui croisent notre chemin. La Fraternité passe par le respect, bien sûr, mais pas par l’admiration, ni par l’amour, ni même par l’amitié. Bien sûr, dans le quotidien, nous aidons plus facilement nos amis que de parfaits inconnus, ne serait-ce que parce que nous les côtoyons et avons donc plus souvent l’occasion d’être là pour eux. Mais lorsque le pays construit des écoles ou des maisons de retraite, il n’a pas à demander leur carte du Parti aux petits vieux, ni leur carte d’identité aux enfants. La Fraternité s’adresse à tous. Et le délit de sale gueule – ou de sale nom – est l’inverse de la Fraternité, il trahit la devise de la France.

 

 

L’Égalité est un mot à la fois simple et compliqué. Tant de fois « égal » est confondu avec « semblable » ! Comme s’il était possible, comme s’il était souhaitable, que nous soyons tous similaires, habillés de la même façon, pratiquant la même gymnastique, le même métier, après avoir suivi les mêmes études… Soyons sérieux deux minutes : l’Égalité, c’est avant tout l’égalité des droits civique, c’est aussi l’égalité des chances, sans discrimination de sexe, sociale, raciale, culturelle, familiale ou religieuse. Sans discrimination financière, non plus. Aïe ! Je le sais bien que c’est là que le bât blesse ! Il va quand même falloir y réfléchir. Tout comme il va falloir réfléchir au fait que la France est un pays raciste, sexiste, homophobe. Que le lavage de cerveau y est tellement bien pratiqué qu’on s’aplatit devant le bling-bling et la grossièreté de ses dirigeants, que la censure est tellement ancrée dans les mœurs qu’on ne s’étonne même pas que certains soient plus égaux que d’autres… que les chances de certains d’accéder à un haut poste sans en avoir les compétences, ou d’acquérir promptement la nationalité française soient beaucoup, beaucoup, plus élevées que pour d’autres.

 

 

Quant à la Liberté, c’est sans conteste le morceau de notre devise qui est le plus mal compris, le plus déformé. La Liberté, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça n’est pas, tout d’abord. Le droit de faire n’importe quoi sans réfléchir aux conséquences (ou sans s’en soucier). Ça, c’est le libéralisme, plutôt. C’est aussi la délinquance. Dans les deux cas, je prends aux autres ce qui devrait leur revenir. C’est du libéralisme ou de la délinquance selon qu’on est plus ou moins égal, cf. paragraphe précédent ! Non, la Liberté, ça n’est pas ça. La Liberté, c’est le droit d’aller et venir, « la faculté d’agir sans être entravé par le pouvoir d’autrui » dit Wikipédia, mais, la Liberté n’est pas un joujou pour les enfants. La Liberté a des limites, et pour être réellement libre, il faut les connaître, ou du moins essayer de les discerner. C’est ainsi que la Liberté est sœur siamoise de la Responsabilité. Je suis libre d’agir, OK, mais je suis responsable de mes actes. Devant autrui et devant la loi.

 

 

Et les premières limites de ma Liberté sont la Liberté d’autrui, son Égalité et la Fraternité qui lui est due.

 

 

Car ces trois mots sont indissociables : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et plutôt que d’enseigner aux enfants les paroles d’un hymne guerrier qui n’a plus de valeur qu’historique (et dont, d’ailleurs, ils risquent fort de ne pas comprendre les mots), à l’heure où l’on construit l’Europe, plutôt que de décorer leur classe avec une image tricolore (oui, c’est cool, un drapeau, mais ça n’est qu’un bout de tissu, en final !) ou une star mariannisée – encore du bling-bling –, il faudrait, non, il faut, leur enseigner la devise de la France, ce qui fait qu’elle est la France.

 

 

Et enseigner, c’est montrer l’exemple.

 

 

Plutôt que de parler d’ « identité nationale », terme vide de toute substance intelligente, à connotation fortement négative – l’exclusion, puisque n’est pas national ce qui est étranger –, et qui conduit tout droit au nationalisme, on ferait bien mieux de s’intéresser à la citoyenneté.

 

 

Et à l’histoire de la France. Parce que bon, être français, oui, bonne question. Qu’est donc la France et qu’a-t-elle fait ? Et que fait-elle, maintenant, qui puisse nous rendre fiers d’elle et de nous ?

 

 

cet article n'est pas fini, suite au prochain épisode !

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 10:36
Attention, il ne reste plus que deux jours pour gagner un exemplaire de La marque de la bête , de Charlotte Bousquet, sur ActuSF. C'est ici que ça se passe, et ne vous laissez pas impressioner par l'erreur de titre de la page, c'est bien que Charlotte Bousquet qu'il est question, pas de Sylvie Denis (ça sent l'erreur de copié-collé, ça ;-))

Et voici la présentation du bouquin (où se trouvent les réponses à la plupart des questions)




J'ai reçu le bouquin il y a peu et l'ai juste feuilleté, mais je peux vous dire qu'il augure bien ! Une réécriture du conte de Peau d'Âne. Quand on connait l'écriture de Charlotte Bousquet, son engagement et sa passion pour les mythes et archétypes.... oui, ça augure bien !
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