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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 10:02

Le 1er mars 2010 sera une journée sans immigrés. C’est vrai, quoi ! Dehors, les immigrés ! À la porte, ceux qui bouffent le pain des Français – des vrais, de souche, pur sang. Mais laissez-nous le couscous et le café en partant.

 

 

Une journée sans immigrés, 24 heures sans eux. 24 heures sans nous, plutôt. Car le 1er mars 2010, ce sont les immigrés et descendants d’immigrés qui feront sentir le poids de leur absence. Eux-mêmes.

 

 

Que se passerait-il, si les fantasmes malsains des tenants du Front et de l’Identité Nationaux se réalisaient ? On aura déjà un aperçu ce jour-là de leur/notre absence, de leur/notre transparence…

 

 

Apprendre la Marseillaise ? Le sang impur dans les sillons ? Et pourquoi pas récupérer l'Alsace et la Lorraine à la force des baïonnettes ? Ah oui, merde, c'est déjà fait. Franchement, à l’heure de l’Europe, est-ce vraiment de cela que la France a besoin ? Vous connaissez le troisième couplet de la Marseillaise ? Le voici :

 


Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
(bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

 

 

Si l’on rapproche ces termes de ceux employés par les fachos du FN et les racistes de tous poils, enragés dès qu’ils croisent quelqu’un d’un peu différent d’eux, ça fait peur. Ça fait très peur.

 

 

Mon identité nationale à moi est faite de mélanges et d'immigration. Mon père était un « yougo » (qui s'est retrouvé apatride parce pas doué avec les papiers) né à Rome (Italie) de mère française. Ma mère est une descendante d'un président de la IIIe République (Française) qui fut ministre de la Marine et des Colonies. Drôle de mélange, pas toujours homogène ! Le plus dur toutefois a été d'émigrer de Normandie vers Midi-Pyrénées : ils sont pas « comme nous » ;-)

 

 

Enfin, non, le plus difficile a été le changement de carte d’identité. À plus de trente ans, voilà que subitement, je devais prouver (par des papiers impossibles à obtenir) que j’étais française, moi qui n’avait jamais rien été d’autre.

 

 

J’ai découvert à cette occasion que j’étais avant tout une femme, une humaine, une terrienne. Et les graines de mon anthologie Identités ont commencé de germer à ce moment-là.

 

 

Cette mésaventure, je ne suis bien sûr pas la seule à l’avoir subie. La plus récente, et la plus médiatique, est l’écrivaine Tatiana de Rosnay à qui l’administration a refusé le renouvellement de son passeport biométrique pour se rendre aux USA. Vous rendez-vous compte ? Sa mère est anglaise ! Quelle horreur, les Anglais ne sont-ils pas nos ennemis héréditaires ? Quoi ? Vous avez dit Europe. Oui, bon… passons.

 

 

Alors voir les plus xénophobes de « nos » ministres lancer un débat sur l’identité nationale, quelques jours après avoir renvoyé « chez eux » trois Afghans dont le crime était d’avoir fui un pays en guerre… beurk ! Du coup, un mouvement est lancé, sur facebook, et propose que le 2 novembre nous effacions nos images de nos profils. Ça ne servira peut-être pas à grand-chose, mais… un geste peut aussi, parfois, être gratuit, non ?

 

Quelques liens pour vous renseigner sur tout ça, en vrac :

 

Une journée sans identité facebookienne contre l’identité nationale

 

 

Le blog d’une journée sans immigrés et sa page facebook

 

 

un article sur les radiés de la nation.

 

 

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Published by Lucie Chenu - dans Cri du coeur
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commentaires

Vladimir Vodarevski 31/10/2009 21:57


La Marseillaise a une histoire. C'est l'hymne national. De tous les français. Même des polaks, comme moi (100% slave, c'est à dire esclave, ou sous race pour les nazis). L'identité nationale est un
faux problème. Il y a des problèmes sociaux. Qui touchent tous les français. Qui engendrent des violences. Les immigrés occupent souvent le bas de l'échelle sociale. Ils ont donc tous ces problèmes
sociaux. Ainsi que leurs enfants.  On les met en exergue. Ce qui engendre communautarisme et racisme. Un des principaux problèmes, c'est l'école. Il y a quelque chose qui cloche. Elle ne joue
plus son rôle "d'égalisateur social". Les gens attendent beaucoup de l'école. C'est là, le creuset de la citoyenneté. Si l'école est en panne, la citoyenneté aussi. Et on parle d'identité.
Qui suis-je? Je n'ai pas de passé, il n'y a pas de registres, aux confins de la Lituanie, de la Biélorussie et de la Pologne pour me dire qui étaient mes aieux. Sans doute des serfs. Déjà, suis-je
polak, ruskof? Comme on appelait mon grand père paternel? Quelle est mon identité? Celle que je me donne! Et je balade mon identité, au milieu des gens bien nés, comme le week end dernier à la
Fiac! Par expérience, je sais que l'ascension sociale est très difficile, ainsi que l'ascension "culturelle". Ce qu'il faut, c'est donner une identité à tous. Leur permettre de l'acquérir. Par
l'éducation et la culture.
Pardonne moi ma virulence. Plus je vieillis, plus je prends conscience de ces inégalités, qui ne sont pas seulement pécuniaires.


Lucie Chenu 03/11/2009 10:17


Oui, la Marseillaise a une histoire, indissociable de l'histoire de France et... l'Histoire est de plus en plus mal enseignée. Comment faire chanter en choeur cet hymne sans l'expliquer ? Sans
retracer le contexte ?

Non seulement je te pardonne ta virulence, mais surtout je te remercie pout ton message qui est très constructif, je trouve (quoiqu'un peu bref). Il m'a aidée à me focaliser sur le point qui me
gêne : parler de la nationalité au détriment de la citoyenneté. J'ai commencé une série d'"articles" (le premier vient d'être mis en ligne) dans lesquels je veux exprimer ce que je ressens, ce que
je sais, parfois, les questions que je me pose...

Et moi aussi, plus je vieillis, plus je prends conscience de ces inégalités. Et de mon impuissance à les empêcher...


Mabrouck 31/10/2009 13:28


Lucie, pas un mota retirer ni a ajouter. Ah si, merci. J'aurais ete curieux de voir la version longue...


Lucie Chenu 31/10/2009 13:57


Salut Mabrouck, bienvenue sur mon (vrai) blog :-)

Ben en fait, c'est la version longue ! Trop longue et trop perso, et partant dans trop de directions, pour aller telle quelle sur le mur du groupe. C'est pour ça que j'ai préféré la mettre ici, et
mettre le lien sur facebook.

En le relisant, je me dis que ça manque un peu de cohérence, tout de même. On ne s'en aperçoit pas trop quand on a lu ce à quoi je me réfère, mais je passe du coq à l'âne.


Martine PHILIPPE 31/10/2009 12:10


Moi aussi. J'ai toujours préféré l'Internationale (paroles et musique).
Merci pour l'article et toutes ces prises de position auxquelles j'adhère.


Lucie Chenu 31/10/2009 13:54


Merci de ton message, Martine :-))


charlotte 31/10/2009 11:17


c'estpour ça que j'ai toujours préféré L'internationale et le Chant des partisans.
J'essaierai de penser à enlever ma photo de facebook, lundi. Et je me rapppelle, à lecture de ton article, les manifs d'avant, celles où on ne se faisait pas casser la g... par des CRS et autres,
et où on hurlait "noussommes tous des enfants d'immigrés"... parce que c'est vrai.


Lucie Chenu 31/10/2009 13:53


Oui, c'est tellement vrai.