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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 00:16

On va faire simple.

 

L’art, c’est la vie et c’est aussi la liberté. Les artistes (plastiques, littéraires, musiciens, etc.) ont besoin de vivre du fruit de leur travail pour créer. Ils ont besoin de vivre, comme tout un chacun, et de vivre de leur travail pour s’épanouir1 en toute liberté dans leur art, ou plutôt pour que leur art s’épanouisse. Leur couper les ailes, leur mettre des bâtons dans les roues, les enfermer dans des cages administrativo-juridiques ou politicommerciales, c’est les castrer.

C’est couper leur inspiration, c’est les pousser dans « le monde du travail », le « vrai », celui qui abrutit les corps et les âmes.sil

C’est les empêcher de rêver et de faire rêver autour d’eux. C’est les empêcher aussi (surtout ?) de transmettre leur idéal de liberté.

 

La culture sans artistes, c’est au choix la culture d’État ou la soupe d’hypermarchés. Voire un mix entre les deux2.

 

C’est totalement flippant. Et ce qui l’est plus encore, c’est de voir les tenants du « libre », ceux qui confondent la liberté avec la gratuité, pousser à la roue pour détruire, encore et encore, les artistes, les penseurs, les créateurs.

 

L’art n’est pas gratuit. Jamais. La liberté, la vie ne sont pas gratuites. Elles s’offrent ou se gagnent, à la sueur du front ou au sang versé – non, je ne pense pas qu’aux révolutions, mais aussi par exemple au fait de donner la vie, d’accoucher – et elles ont un coût, toujours. L’art, aussi, coûte. Des heures d’apprentissage et de travail, des idées et des larmes, de l’inspiration... Tout cela plus ou moins selon les gens, bien sûr. Nous sommes tous différents et inégalitaires devant le talent. Hélas mais tant mieux.

 

L’art n’est jamais gratuit, mais il peut s’offrir, se donner à lire, à voir, à entendre. Parfois pour pas un rond, gratuitement. Souvent non, parce qu’en plus de donner de soi, l’artiste doit dépenser de l’argent en toiles et pigments, en ordinateurs et logiciels, en cordes de guitare et en cymbales, en pellicules argentiques ou en DVD, etc. Et puis l’artiste doit vivre, aussi, et pas seulement d’art et d’air pur, mais aussi de pain et de vin, de viande ou de clopes, payer son toit et ses soins3, sa TVA et toutes les autres joyeusetés qui font notre vie à tous, que nous nous considérions ou non comme des créateurs...

 

Alors, non, l’accès à l’art n’est pas toujours gratuit, pas toujours free. Parce que la liberté n’est pas gratuite. Freedom is not free. Et confondre les mots et les notions, dans ce domaine comme dans celui du droit d’auteur qui n’est pas le copyright4, revient à désinformer – ce qui est, vous l’aurez compris, un doux euphémisme pour ne pas dire « mentir » – et à manipuler.

 

Et, oui, il est juste et normal que les artistes, les auteurs soient rémunérés. Et plus juste et plus normal encore qu’ils décident eux-mêmes du devenir de leur œuvre, de sa publication ou non-publication, et qu’on leur demande l’autorisation avant toute reproduction à destination du public5, de quelque nature que ce soit.

 

EDIT : il faut lire cet autre billet de Lionel Davoust.

 

(inspiré par et dédié à Léa Silhol, Franck Macrez et Lionel Davoust)

 

1Ne vous leurrez pas : certains grands anxieux sont de grands artistes, ils s’épanouissent tout de même dans leur art, à leur manière.

2Comme le dit Léa Silhol, « présenter la limitation du droit des auteurs comme favorable au bien du public est la blague du siècle ».

3Oui, parce que l’artiste tombe malade, comme tout un chacun. Mais lui, c’est sa faute, c’est la clope ou le vin.

4Je vous renvoie à l’excellent article de Lionel Davoust, et à la lettre ouverte du S.E.L.F. aux eurodéputés.

5Mais dans le privé, chacun fait bien ce qu’il veut, apprendre un texte par cœur, chanter à tue-tête, copier des tableaux de maîtres ou se torcher avec un livre !

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Published by Lucie Chenu - dans Coup de gueule
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