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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 10:09

Je ne veux pas attendre trop longtemps avant de publier cette suite à mon article intitulé Identité nationale … et la citoyenneté dans tout ça ?. Mais ce qui suit risque de paraître confus, nourri de la colère que j’éprouve suite à des propos tenus sur mon mur facebook. J'espère que vous vous y retrouverez quand même.

 

Il est temps d’arrêter de dire n’importe quoi. Qu’en 2009 on puisse encore écrire « Les femmes d'immigrés, elles sont plutôt des pondeuses en puissance, ce qui en fait des demandeuses d'emplois par procuration (pour leurs enfants à venir) (…) je suis plutôt pour la relance de la colonisation. Ce fut une grosse erreur de l'abandonner, ainsi qu'en témoigne l'état lamentable de l'Afrique aujourd'hui.. » me met dans une colère telle que tout d’un coup, je trouve les jeunes beurs délinquants de banlieue fort mesurés lorsqu’ils expriment la leur, de colère.


Immigration, chômage… et la colonisation/décolonisation dans tout ça ?

 

La France, royaume plutôt centralisé (monarchie catholique absolue de droit divin et tout le tintouin) vit une première Révolution en 1789 (après avoir connu de nombreuses et douloureuses guerres de religion, c’est bon de le noter). Après quelques décennies d’alternance entre république, empire, retour de la monarchie, viennent d’autres révolutions différentes de la première, et la IIIe République, période faste et bousculée à la fois. Il s’y passe plein de choses, et entre autres une intensification de la colonisation qui avait débuté avec une participation active au commerce triangulaire ce qui, pour ceux qui l’ignoreraient, signifie esclavage et traite de Noirs. S’ensuivent les deux Guerres Mondiales. La prise de conscience de l’horreur nazie. Et puis la décolonisation.

 

Mais déjà bien avant cela, la France et l’identité française se sont bâties sur des vagues de migration, invasions ou conquêtes : les Celtes, poussés vers l’ouest, qu’on appela ici les Gaulois, les Romains, envahisseurs impérialistes, les Goths, Wisigoths et autres « hordes barbares » qui donnèrent leur nom au pays, j’ai nommé « les Francs », les Wikings venus du nord qui donnèrent leur surnom à la région que le roi de France leur octroya, la Normandie, les Anglais, les Bourguignons, les Bretons, les Savoyards… tous ces peuples très différents les uns des autres, par leurs us et coutumes, par les langues qu’ils parlaient, se sont amalgamés tant bien que mal pour former un pays où la grande majorité (le Tiers État) était opprimée par des élites – sauf qu’on ne les appelait pas « élites » puisqu’ils n’étaient certainement pas élus ! – composées de la noblesse et du clergé. Centralisée, la France l’était, oui. Homogène ? Sûrement pas. Au point que les dialectes et patois étaient parfois incompréhensibles pour ceux d’une province éloignée. Au point que le mot « pays » désignait quelqu’un originaire de la même province – quand ce n’était pas plutôt du même village.

 

Pour la suite, pour ce qu’on appelle actuellement l’immigration en France, je conseille vivement de lire cet article de Wikipédia qui fait le point sur les significations données aux mots, sur les chiffres

 

Un exemple, un extrait : « Par sa situation géographique qui en fait un lieu de croisement des commerces et des populations, puis par son histoire d’ancienne puissance coloniale, la France est un pays de migration de longue date.Cependant, depuis les années 1990, la France présente un solde migratoire deux fois et demi inférieur à la moyenne des autres pays européens[1]. »

 

Alors, pourquoi vient-on nous casser les b… avec un soi-disant « problème de l’immigration » ?

 

J’étais vraiment en colère qu’on écrive ça sur mon mur facebook, ces insultes sur les femmes d’immigrés « pondeuses en puissance », et puis « je suis plutôt pour la relance de la colonisation ». Alors bien sûr, c’est venu suite à une discussion, en réponse à ce que je disais qui était déjà une réponse à un commentaire déplaisant. Mais, ce qui est déplaisant n’est pas, par définition, faux. Et si j’ai effacé l’insulte de mon mur (et le commentateur de mes amis parce que ça n’est pas la première fois qu’il trolle chez moi comme ailleurs et que là, c’était une fois de trop), j’ai répondu à une partie de son message. Mais pas à la partie sur la colonisation, parce que j’avais déjà en tête ce que je suis en train de vous écrire (ça va, c’est pas trop embrouillé ? Vous arrivez à suivre ?)

 

 

Or donc, en réponse à ceci « Le problème des immigrés, c'est qu'ils apportent leur misère; Or, de la misère, on en a déjà beaucoup, en France. Lorsqu'on travaille à Pôle Emploi, on la rencontre chaque jour. Évidemment, planqué dans les beaux quartiers ou dans une région peu urbanisée, cela se sent moins. », voilà ce que j’avais écrit :

 

« Enfin, pour parler plus précisément de l'immigration en provenance des pays d'Afrique : il nous faut bien admettre que la France a foutu un tel bordel dans ses colonies que nous -- nous les "Français de souche" et nous les immigrés -- payons les pots cassés par nos ancêtres (des deux bords).


Tant qu'on s'obstinera à ne pas parler de la colonisation, des colonisations, j'ai envie de dire, parce que ça s'est passé de façon bien différente selon les régions et les époques, tant qu'on s'obstinera à se taire, à fermer les yeux et à se boucher les oreilles, comme les trois singes, et tant qu'on occultera les années 70 où on allait chercher les travailleurs de l'autre côté de la Méditerranée parce que les Français ne voulaient pas accepter de bosser dans des conditions déplorables pour des salaires de misère, alors oui, on croira qu'un immigré n'est rien d'autre que quelqu'un qui apporte la misère, qui paupérise le pays.


Et on ne réglera ni le problème du chômage, ni celui des sans-papiers, ni celui de la délinquance. Et on ne réussira qu'à détruire encore, un peu plus, le patriotisme, le vrai. De ceux pour qui être Français signifie avoir fait leur la devise de la France : "Liberté, Égalité, Fraternité" »


L’intégrale, c’est ici.

 

Donc, en supprimant l’insulte, j’ai aussi supprimé le passage sur la colonisation. Qui n’allait pas dans le sens de ce que je pense, certes, mais après tout, j’appelais à en parler.

 

Or donc, colonisation-décolonisation. Et leur corollaire : l’immigration en provenance des ex-colonies, parce que l’immigration existe aussi en provenance de plein d’autres pays, j’espère que tout le monde en est bien conscient. D’ailleurs, j’aimerais avoir du temps pour parler des Ritals, des Polaks, des Yougos, des Espingouins qui fuyaient la guerre, l’oppression ou la misère, et de tous les autres, des Boat People errant des semaines…

 

En cherchant des références, des précisions, je suis tombée sur des articles qui m’ont fort étonnée et dont je ne sais pas trop quoi penser. J’ai commencé sagement par Wikipédia, à chercher à préciser les notions de nationalité et de citoyenneté, et puis j’ai continué par les articles sur la colonisation et la décolonisation. Par là-dessus, est arrivé la newsletter de Rue 89, et j’ai lu ceci : Identité nationale : la fin de cinquante ans de mensonges ? et surtout, j’ai cliqué sur les liens nombreux et intéressants.

 

En résumé, la thèse de l’auteur de l’article, Alexandre Gerbi, est que « Depuis un demi-siècle, la Ve République vit sur un gigantesque mensonge. Selon l'histoire officielle, la France a perdu malgré elle ses colonies d'Afrique. Or, en réalité, c'est essentiellement la France qui a imposé l'indépendance à ses populations africaines, afin d’esquiver la « bougnoulisation » et perpétuer le colonialisme. » C’est ce qu’il cherche à démontrer par de nombreux articles sur son blog, intitulé Fusionnisme : Mouvement pour l'Unité franco-africaine .

 

Et là, je suis perdue. À la fois bien loin du but de mon article, et en plein dedans. Parce que l’identité française, si on ne connaît pas réellement l’histoire de la France, c’est quoi ? Et comment partager des valeurs communes, tous ensemble, si l’on ne nous a pas raconté la même chose ?

 

J’ai toujours pensé qu’un après-guerre entraînait des mensonges, des altérations de la vérité (commencées, bien sûr, avant et pendant la guerre !). J’en ai vu les effets pendant les guerres en Yougoslavie. Je me suis toujours doutée que la version de la guerre d’Algérie enseignée en Algérie et en France n’était pas la même, que l’indépendance du Gabon n’avait pas la même signification vue du Nord ou bien du Sud. Que dire « la colonisation c’est le mal, et la décolonisation, c’est le bien », c’était peut-être un peu trop simpliste. Que dire « les pieds-noirs sont tous des racistes et les harkis sont des traîtres » était monstrueux. Et bien d’autres choses.

 

Mais là, j’en suis restée comme deux ronds de flanc.

 

Alexandre Gerbi est interviewé ici. Si certains d’entre vous ont un avis éclairé – connaissent mieux que moi l’histoire de la France et de ses colonies d’Afrique et d’ailleurs – je suis preneuse !

 

Mais je ne suis pas preneuse d’opinions émises à l’emporte-pièce, d’insultes (envers moi ou autrui) et je supprimerai tous les commentaires injurieux.

 

Et je réaffirme ici hautement que mon identité à moi ne se satisfait pas d'être « nationale ». mon identité de Française est celle d’une métisse (même si mon sang et mes gènes ne sont que blancs, ce qui ne signifie strictement rien) et que, privée d’immigration, d’échanges culturels avec autrui, avec des gens différents de moi, dont le vécu, l’expérience, les connaissances sont différentes et donc, complémentaires, privée de mes amis, je m’étiolerais.

 

Or donc, mon sous-titre annonçait que je vous parlerais aussi d’immigration et de chômage, et je vois que je suis partie dans tous les sens, que j’ai passé un temps fou à rechercher des sources et des références (que je ne vous ai pas toutes retransmises, parce qu’en plus, Firefox a buggé).

 

 

C’est que le message qui m’a tant énervée commençait par ceci : « Quand même, il me semble, tout immigré sans exception, est a priori un demandeur d'emploi. »

 

Et là, je trouve ça simpliste, et crétin. Et oublieux d’une histoire bien plus récente que celle de la décolonisation, et dont je me souviens parfaitement. Cette période où l’on allait chercher les Africains, où on leur demandait d’émigrer, pour servir de main d’œuvre.

 

L’histoire de l’immigration n’est pas l’histoire du chômage !!! L’immigration économique commence avec le travail – soyons logique : qui irait chercher du travail dans un pays où le chômage domine ? Le chômage est venu ensuite, avec les crises du sucre, de l’énergie ou des finances, et surtout avec l’automatisation des usines, avec l’importation de produits finis moins chers (textile) et la délocalisation des entreprises.

 

Le chômage en France est la conséquence de la mondialisation et du libéralisme, pas de l’immigration – légale ou clandestine.

 

Alors, oui, on peut se poser la question, se dire : « bon, ça n’est peut-être pas leur faute, aux immigrés, mais maintenant que le chômage est là, faudrait peut-être qu’ils partent, non ? Qu’ils rentrent chez eux et laissent le boulot aux Français ? »

 

Ben oui, tiens, c’est une idée, ça : on prend et on jette. Après tout, c’est ce que font les patrons des grandes entreprises, non ?

 

Mais voilà : licencier quelqu’un ou le chasser du pays où il vit, ça n’est pas la même chose du tout. Déjà, pour commencer, « immigré »  ne signifie pas « étranger », beaucoup (même si trop peu, à mon avis) d’immigrés ont été nationalisés. Ensuite, on ne vit plus à l’époque d’Athènes où les Métèques (les étrangers) et les esclaves étaient des sous-hommes sans citoyenneté (et je ne parle pas des femmes !). Et la devise du pays, mise en place par la constitution de la république française adoptée le 4 novembre 1848, c’est « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et se garder pour soi la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, ça serait les trahir.

 

Et durant ces années durant lesquelles les immigrés étaient les bienvenus pour faire le dur boulot qui ne manquait pas, la France s’est métissée. Et ce métissage racial et culturel l’a enrichie. Et mon identité française à moi, c’est ça : black, blanc, beur, même si je n’aime pas le foot (et même Paris Foot Gay, alors que je n’aime toujours pas le foot, foot le faire ;-)), bi-sexualité, même si ce que je fais et avec qui je le fais ne regarde que moi, multi-culturalité et… pas nationaliste. Mais citoyenne, oui.

 

Alors pour commencer, parce que j’aime la France, je veux l’avertir. Lui dire que la Liberté, l’Égalité et la Fraternité ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas, que si l’on ne les partage pas. Et qu’elles sont incompatibles avec le racisme et l’anti-sémitisme, le sexisme et l’homophobie, et toute autre forme de rejet de l’autre, de la différence.

 

Et je veux lui dire aussi que la laïcité, ça n’est pas de rejeter une religion qui nous est étrangère tout en se laissant gouverner par un cardinal de Latran ou d’ailleurs, que la séparation des pouvoirs politiques et religieux ne signifie pas l’interdiction du culte, et que si je suis athée, la France ne l’est pas (Cuba est athée : souhaitez-vous que la France imite Cuba ? À bien des égards, je répondrais oui. À d’autres… non.), d’ailleurs, l’Alsace-Moselle vit sous un régime de concordat et non de laïcité.

Or donc, parce qu’il est tard et que cet article est long, je vais l’interrompre provisoirement. Et j’espère y revenir. J’espère surtout ne pas vous avoir étourdi dans un puzzle de réflexions partant dans trop de directions, et parfois elliptiques.

 

Ah oui, pour ceux que ça intéresseraient, j’avais évidemment réagi à « de la misère, on en a déjà beaucoup, en France (…) planqué dans les beaux quartiers ou dans une région peu urbanisée, cela se sent moins » en répliquant que pas de misère dans les régions peu urbanisées, j’aimerais bien ! En ces temps où le monde paysan croule sous les dettes, où les suicides sont nombreux (mais les pendaisons dans les granges sont nettement moins excitantes que les défenestrations chez France Télécon alors forcément, donc vous n’en entendez pas parler), où l’on ne peut que vendre à perte ce qu’on travaille sept jours sur sept (et parfois 24 h / 24) à produire, lire que la misère se sent moins à la campagne… Arf !

 

Encore un truc : les migrations, ça marche dans les deux sens. Combien de Français ont émigré en Afrique, en Amérique ou ailleurs, pour des raisons économiques, ou par choix personnel, par affinité envers un autre pays, une autre culture ? Certains se définissent encore comme français, d’autres ont chois de changer de nationalité/citoyenneté, ou encore de conserver la double nationalité.

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Published by Lucie Chenu - dans Cri du coeur
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commentaires

Lily 10/11/2009 02:06


Salut Lucie
Bravo pour cet article. Même si je n'ai pas le temps de voir les liens de plus près, je soutiens tes arguments. :)
En tant qu'immigrante françaie au Canada, je peux dire que ça permet de se rendre compte de ce que peut vivre un immigré. Toutes proportions gardées, dans la mesure où cela fonctionne différemment
ici : préparer un dossier, payer pour entrer avec le visa, avoir un job porteur, une certaine tranche d'âge.. mais une fois que c'est fait compter 3 ans et il est possible d'obtenir la citoyenneté,
modérant 200$ de frais et un examen sur le pays. Ca donne le droit de chanter Ô Canada tous en choeur ;)
Blague à part, pour avoir tenté de faire entrer mon ex conjoint en France pendant 3 ans, je sais que c'est bien plus facile de venir ici que l'inverse. Et pourtant il était Canadien, pas black ni
beur !


Lucie Chenu 14/11/2009 14:37


Merci Lily :-)


Vladimir Vodarevski 09/11/2009 22:40


C'est compliqué d'écrire un article quand on est trop envahi par ses sentiments. Et tu es bien courageuse de t'engager dans ce débat de l'identité nationale. Pour moi, ça ne veut rien dire,
identité nationale. Il y a des valeurs françaises, et ce sont celles de la République.
Le problème, c'est que la République ne remplit plus le rôle qu'on attend d'elle. Le débat devrait être: quelle politique mener pour qu'elle remplisse ce rôle. C'est un grand débat sur cette
politique que l'on devrait avoir. Sur l'éducation par exemple. Qui devrait être le creuset de l'égalité des chances, et le vecteur de transmission de la culture. J'ai l'impression qu'on ne cherche
même plus à transmettre la culture (je parle de la langue, de la littérature, des arts, bien sûr). Quant à l'égalité des chances, c'est en panne. On nous fait tout un foin sur les immigrés. Mais
comment les enfants des plus basses couches sociales, dont font partie les enfants d'immigrés, pourraient-ils progresser socialment, s'intégrer comme on dit, si l'école ne remplit pas son rôle?
L'intégration, ce n'est pas seulement celle des immigrés.
Il y a aussi la politique économique. Les problèmes sociaux viennent des difficultés dans ce domaine. On n'arrive pas non plus à débattree intelligemment de cette politique, et il n'y a pas non
plus de débat sur la manière dont est redistribué l'argent de la dépense publique en France. Elle représente quand même plus de 50% du PIB, et de grandes injustices subsistent.
Il y a aussi une contradiction dans ce débat sur l'identité nationale. Dans le même temps, on a l'impression qu'il y a une volonté de mener une politique d'affirmative action à l'américaine. Or,
là, c'est du communatarisme. Que veut-on faire au juste? Le communautarisme, ou l'identité nationale.
Tout cela n'est peut-être que de la com', après tout. Mais ça peut faire du dégât, et réveiller des comportements extrémistes.
Voilà ma contribution Lucie.
A+


Lucie Chenu 14/11/2009 14:37


A te lire, une idée me vient : et si cette volonté d'affirmer une "identité nationale" n'était qu'une forme de communautarisme parmi d'autres, un communautarisme du plus fort en quelque sorte ?

Sinon, bien d'accord qu'il y a un gros problème avec l'Education nationale qui a été vidée de ses moyens, financiers, mais pas uniquement cela (programmes, etc.)


Pierre Gévart 08/11/2009 11:16



"C’est que le message qui m’a tant énervée commençait par ceci : « Quand même, il me semble, tout immigré sans exception, est a priori un demandeur d'emploi. "
Il y aurait des tas de façons de répondre à ce début. On pourrait dire que tout immigré est par nature un demandeur d'humanité, ou d'amitié, ou seulement d'écoute
On pourrait dire encore que toute personne en âge de travailler est un demandeur d'emploi en puissance...
je préfère cette deuxième formule, car eklle pulvérise l'appellation "immigré", ici conçue comme infamante. Et je voudrais que chacun eut pu lire "Si c('est un homme, de Primo Levi". Si c'est un
homme, que j'ai devant moi, il peut avoir changé de pays, mais il ne se limite pas à) cette étiquette. Si c'est un "immigré", pour moi, avant d'être un fils, un ingénieur, une jeune fille en
fuite, un chinois du Yunnan, un lecteur de Stephen King, un jardinier, alors, que suis-je ? je me limite à mes frontières, et dès que je suis au dehours, je ne suis plus moi-même, mais un
étranger... Si je me trouve devant un homme à la peau noire qui s'intéresse aux mêmes choses que moi, je m'interdis d'échanger avec lui ?
Je hais les xénophobes et les nationalistes, et pour moi, l'identité nationale, c'est celle de l'ouverture, c'est celle de la seconde partie de la phrase tronquée de Michel Rocard : La France
doit prendre sa part de la misère du monde, et continuer comme elle le fait depuis qu'elle a assimilé les celtes, les romains, les francs et les goths, les ouvriers anglais, belges (j'en viens),
italiens, polonais, d'afrique du Nord, de partout... La France etst mosaïque et richesse, et échange. ne la laissons pas devenir pauvreté, rejet, camps, enfermement, et pourquoi pas un jour
crématoires !
Oui, elle est là, mon identité, dans la cuisine française, faite de potée, de boeuf bourguignon, de couscous, de riz cantonnais, de Paëlla, de fajitas, de burgers, de tofu...

Pierre


 


 



Lucie Chenu 08/11/2009 18:49


Merci de ton (de tes) messages, Pierre. Je suis tellement d'accord avec toi, tu le sais...

Même et y compris sur tes comparaisons gastronomiques, que j'emploie aussi beaucoup. C'est à ça qu'on reconnait les Taureaux, pas vrai  ?


charlotte 07/11/2009 14:37


je suis assez hallucinée par ces commentaires que tu as reçus - en particulier le premier... Et je ne peux que te dire : 1/ continue tes articles, ils sont excellents et HUMAINS 2/ plussoyer ce que
t'a écrit fabien


Lucie Chenu 08/11/2009 19:00


Merci Charlotte ! moi aussi, je suis assez hallucinée !! 

Big smack


Mabrouck 07/11/2009 14:07


Tres bon article qui montre une fois encore que tu es une humaniste. Merci.


Lucie Chenu 08/11/2009 18:55


Merci, Mabrouck, j'essaye d'être simplement humaine, c'est déjà bien compliqué 

Et je remercie ma mère qui m'a appris a prêter attention à ce que je ressentais et à l'exprimer (à oser l'exprimer) en mots, me gardant ainsi de mélanger mes angoisses avec la peur de l'autre, et
tout ça...

oui, bon, je ne sais pas si c'est très clair ! Elle était psy, ma mère, pas prof de français