Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Les Humeurs de Svetambre
  • Les Humeurs de Svetambre
  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
  • Contact

Profil

  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !

Recherche

28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 20:12
Récemment, une jeune stagiaire en seconde année d'IUT "métiers du livre" m'a interviewée pour son mémoire intitulé Étude d'une production particulière : la place de la science-fiction dans l'édition aujourd’hui et sa représentation en librairie. Des événements récents et quelques discussions sur SFFranco m'ont fait me replonger dans quelques-unes des idées que j'avais développées à l'époque. Il est question de Glyphe - Imaginaires, puisque c'est au titre de directrice de collection qu'elle m'interrogeait, et de science-fiction, mais beaucoup de choses sont transposables à la fantasy. Le "public" de ce mémoire, son jury de soutenance, n'est pas un public de science-fictionneux, donc ne vous étonnez pas des explications parfois détaillées. Et je laisse ses notes de bas de page.

Ah, et elle a eu une bonne note à son mémoire


-Date(s) de création de la/des collection(s) : 2007

-Nombre de titres de la/des collection(s) : sept (bientôt huit avec Le Bar de partout, de Claude Mamier, à paraître), plus trois livres hors-collection mais qu’on peut rattacher : La Mallette jaune, de Carole Boudebesse (le livre qui a donné envie à Éric Martini de créer la collection), La Chambre de sable, de Joëlle Wintrebert, l’un des plus grands auteurs français de SF et fantastique – mais ce roman présente un fantastique extrêmement diffus – et Le Temps, de François Martini.

-Public(s) visé(s) par vos publications dans cette/ces collection(s) : public adulte féru de littératures de l’Imaginaire.

-Comment définiriez-vous la science-fiction ? Qu’est-ce que la « science-fiction » pour vous ? Je n’ai jamais été douée avec les étiquettes ! Je dirais que la SF raconte des histoires qui n’existent pas, dans des mondes qui n’existent pas, mais dont on pense qu’ils pourraient exister un jour (dans l’avenir) ou ailleurs (notion de mondes parallèles, uchronies...). Se rajoutent à cela les histoires de voyages dans le temps, que je n’arrive pas à concevoir comme pouvant être possible un jour, mais qui sont bel et bien de la SF.

-Choisissez-vous de défendre des auteurs, des textes, des idées, ou êtes-vous contraint par le marché et/ou des politiques éditoriales particulières ? Euh… Des textes avec des idées dedans écrits par des auteurs ! Sincèrement, je n’ai pas l’impression que ça soit dissociable.

-Quels sont vos rapports avec le monde de la librairie ? (Travaillez-vous via un diffuseur, donc avec des représentants ou êtes-vous en relation directe avec les libraires ?) Avec un diffuseur, CED, et un distributeur, Daudin. Mais je suis en contact avec certains libraires spécialisés qui n’hésitent pas à me faire part de leur opinion, et c’est un atout.

- Existe-t-il beaucoup de salons de SF ? (Je connais les Utopiales, les Imaginales d'Épinal... y'en a t'il d'autres et pouvez-vous me parler de ces salons ? S'ils existent depuis longtemps par exemple, si vous avez l'impression qu'il y en a de plus en plus ou non...)

Le deuxième samedi de décembre, ont lieu les rencontres de l’Imaginaire à Sèvres. C’est un évènement très intéressant, intense, puisqu’il ne dure qu’une journée. Au mois de mars à Bagneux, Zone Franche est un festival qui prend de l’importance, mais il faut jongler avec le Salon du Livre, à peu près à la même époque. Et puis les Étonnants Voyageurs (fin mai-début juin à Saint Malo) est très intéressant aussi pour les genres de l’Imaginaire !

De petits salons semblent démarrer en province ; il n’est pas possible de participer à tous, mais c’est vraiment intéressant pour les auteurs et éditeurs locaux. Une autre façon de découvrir la littérature, en quelque sorte.

- Quels prix littéraires connaissez-vous concernant la SF ?

Le Grand Prix de l’Imaginaire (GPI, décerné lors des Utopiales, en novembre à Nantes) et le prix Imaginales (décerné à Épinal en mai) sont les plus prestigieux des prix français ; il y a aussi le prix Julia Verlanger, le prix Une Autre Terre (qui récompense une œuvre s’intéressant à l’écologie), le prix du Lundi… Et nos voisins belges nous honorent parfois du prix Masterton (plutôt axé sur le fantastique) ou du prix Bob Morane (plus SF). Enfin, les deux prix du public sont le Rosny Aîné (SF) et le prix Merlin (fantasy et/ou fantastique). Les prix Infini et Pépin sont des concours de nouvelles (le second récompense les meilleurs textes de moins de 300 signes !).

Mon anthologie (Pro)Créations a été lauréate du prix Bob Morane 2008, et j’ai été coup de cœur Bob Morane, pour mon activité d’anthologiste, en 2009 ! Cette année, les fées nous ont gâtés puisque La Dame des MacEnnen, d’Armand Cabasson, ainsi que deux nouvelles de l’anthologie Identités étaient nominés au second tour du prix Imaginales.  Très exactement, le texte co-signé Philippe Ward et Sylvie Miller était nominé mais éliminé, Sylvie Miller étant membre du jury, ainsi que deux textes de Lionel Davoust : celui de mon anthologie De Brocéliande en Avalon, parue chez Terre de Brume, et celui d’Identités !! C'est la nouvelle parue chez Terre de Brume qui a remporté le prix, mais le prestige a rejailli sur Glyphe. Donc du point de vue de l'éditeur, c'est vraiment un plus.

Un autre prix fait couler beaucoup d’encre – ou de pixels sur les forums ! Il s’agit des razzies, décerné une fois par an par la revue Bifrost, sur le principe des Razzies Awards américains, aux pires productions éditoriales. Le but de cette revue n’étant pas de faire une critique « objective », mais plutôt un article satirique, les commentaires se veulent méchants. Ceci dit, j’ai été aux anges que, cette année, le razzie de la pire incompétence éditoriale ait été attribué à Estelle Valls de Gomis, pour son anthologie Vampires – qui est le livre de la collection « Imaginaires » qui se vend le mieux, et de loin, ce qui n’est certes pas un gage d’incompétence éditoriale ! – et j’ai trouvé extrêmement révélateur que la revue Bifrost lance, juste après, un appel à contributions pour un numéro spécial sur le thème des… vampires !

-Pour vous quel est l'intérêt d'avoir de bonnes ou mêmes de mauvaises critiques dans des supports très variés ? Qu'entendez-vous par « supports très variés » ? Quels sont ces supports ?

Les supports variés sont, outre les sites, journaux, revues, cités plus haut, des supports auxquels nous avons l’opportunité d’envoyer tel ou tel ouvrage en sachant qu’il sera lu et très probablement chroniqué (il faut savoir que les critiques littéraires croulent sous les livres). Les quotidiens, les chaînes de télévision ou stations de radio locales, des régions où habitent les auteurs, bien évidemment, mais aussi Urgence Pratique (la revue de référence des médecins) pour Armand Cabasson, qui est psychiatre, Psychologies, pour Michèle Sébal, qui est psychanalyste… Enfin, nous envoyons parfois des SP à quelques libraires, afin d’attirer leur attention sur tel ou tel livre dont nous avons une raison de penser qu’il peut intéresser particulièrement leur public. Et puis, il ne faut pas sous-estimer l’influence des blogs, tenus par des passionnés, lus par des passionnés, dont les avis font parfois boule de neige. Les opinions émises sur les forums et listes de discussion peuvent être importantes, aussi, en matière de promotion.

L’intérêt des mauvaises critiques ? Il y a le buzz, évidemment, mais surtout le fait que les lecteurs ne se laissent pas mener par le bout du nez par les chroniqueurs « établis ». Ainsi les razzies, qui ont la réputation d’être bêtes et méchants, sont commentés durant deux mois sur les forums, peuvent donner envie de lire un livre, tout simplement parce que l’internaute se fiche de l’opinion de la revue Bifrost et préfère se faire la sienne (voire, sait qu’il est généralement d’avis contraire), et qu’il n’avait pas entendu parler du livre auparavant !

Nous essayons de tenir régulièrement des revues de presse sur le blog MySpace de la collection : http://blogs.myspace.com/glyphe_imaginaires Nous prévenons aussi nos lecteurs des dédicaces de nos auteurs – on en a peu parlé, mais les salons, rencontres et séances de signatures sont un atout de plus dans l’art difficile de la promotion !

-Comment voyez-vous la place de la science-fiction dans l’édition aujourd’hui ? Je dirais que la science-fiction est de plus en plus présente dans la culture, à l’heure actuelle – un excellent marqueur est la publicité qui utilise la SF pour vendre le moindre produit – mais qu’une grande partie de l’édition s’est dissociée de la culture. Du coup, on fait croire au public qu’il n’aime pas la SF, parce qu’on ne lui vend, sous l’étiquette SF, que des livres écrits pour des gens connaissant bien la SF. Pour essayer d’être plus claire, je vais prendre un exemple : dans les années 50, Asimov a imaginé toute une mythologie basée sur les robots. Maintenant, les auteurs de SF qui sont des lecteurs de SF depuis leur enfance, écrivent pour un public qui sait ce qu’est un robot et, plus encore, qui connaît par cœur les Trois Lois de la Robotique. Or, des gens naissent tous les jours, et tous les jours des gens découvrent la SF. Ils ne peuvent pas la découvrir et l’aimer à partir de romans exigeant d’avoir des bases, non pas scientifiques, mais bien culturelles, pour être appréciés. Il s’écrit donc deux types de SF, une SF « tout public », considérée à tort comme une littérature de gare de mauvaise qualité parce qu’elle se lit facilement, et une SF « élitiste », considérée à tort comme une littérature de grande qualité parce qu’elle est difficile d’accès. En réalité, dans ces deux types de littérature de SF, il y a de bons et de mauvais romans et nouvelles, et de bons et de mauvais auteurs.

-Pour vous est-ce une production qui régresse (avec le fort accroissement de la production de fantasy notamment), qui stagne, qui tend à se stabiliser ? À mon avis, le terme « science-fiction » risque bien de devenir obsolète, il n’empêche  que de plus en plus d’ouvrages pouvant s’en réclamer sont publiés. Un phénomène que je trouve particulièrement intéressant se produit avec l’arrivée de nouveaux courants littéraires, plus ou moins borderline, que Francis Berthelot appelle « transfiction » ou dont Francis Valéry parle, en employant le terme « esthétique de la fusion ». Le genre d’œuvres publiées dans la collection « Interstice » des éditions Calmann Lévy (dirigée par Sébastien Guillot).

Il y a eu des dérives de sens qui font que la SF croit avoir perdu du terrain, alors qu'il s'agit en fait d'une certaine branche de la SF, plus ardue, ou plus pessimiste (les gens lisent pour leur plaisir, et il est nettement plus agréable de sauver le monde avec Frodon que d'assister à sa fin avec le post-apocalyptique, à mon goût. Pourtant La Route a beaucoup de succès… publié en littérature générale !)

-Pour vous, quelles sont les éditions et collections phares du moment mais aussi de l'époque de l'apogée du genre qui ne sont plus présentes sur le marché ? (Les plus représentatives du genre de la SF, les plus importantes, celles qui marchent le mieux, celles que vous conseilleriez, dont la qualité du fonds, de la production, est la meilleure...) « qui ne sont plus présentes » ? Qui ont disparu, donc ? « Fleuve Noir Anticipation », bien entendu ! « Présence du Futur », Opta... « qui sont le plus présentes », eh bien, en SF pure et dure, il faut citer la revue Galaxies (http://monsite.orange.fr/galaxies-sf/), il y a aussi Bifrost, mais qui publie dans les genres de l'imaginaire, pas seulement SF.

En collections ou maisons d'édition, « Rivière Blanche », la collection francophone des éditions Black Coat Press (http://www.riviereblanche.com/), qui a repris le principe du FNA (et s'appelle « Rivière Blanche » en hommage au Fleuve !) qui est principalement, mais pas totalement, SF, ainsi que la collection SF de Bragelonne. Qui publient différents genres de l'Imaginaire dont de la SF, il y a les Moutons électriques, Le Bélial, La Volte, ActuSF (collection « les 3 Souhaits », petit tirage, mais très intéressant), Griffe d'encre... Mais les maisons d'éditions ne différencient pas obligatoirement les trois sous-genres de l'Imaginaire. Par exemple Griffe d'encre publie des textes ayant un lien avec notre réalité (pas de space opera, donc, ni d'heroic fantasy). Et je ne sais pas si on doit réellement exclure Mnémos, parce que je ne sais pas classifier le steampunk, par exemple. Est-ce de la fantasy ou de la SF ? Je dirais SF, mais parfois on trouve du steampunk avec des pouvoirs magiques, voire des fées, donc ça se complique. Pour moi, en tant que lectrice, ce genre de question n'a pas grand intérêt. Par contre, il sera intéressant de se poser la question de l'étiquette au moment de vendre le livre !

-Pour vous quels sont les auteurs classiques du genre ? Asimov, que j'adore ! Van Vogt, et aussi Clark, Simak, Heinlein... les classiques de l'âge d'or, quoi. Et puis, Philip José Farmer, qui est décédé récemment, et que j'adore aussi.

-Depuis plusieurs années, avec le phénomène Harry Potter suivi au cinéma puis le phénomène du Seigneur des Anneaux, « redécouvert » également au cinéma, la fantasy grandit en popularité et surpasse la science-fiction (on l’observe en librairie), comment pensez-vous que cette « mode » évoluera ? Euh… Je ne suis pas sûre que le phénomène Harry Potter ou même le succès du film Le Seigneur des Anneaux aient dépassé La Guerre des Étoiles ! Et Star Wars est de la SF, pas de la fantasy, quoi qu’en disent certains amateurs de hard science qui nomment « fantasy » ce qu’ils n’aiment pas, comme si ce mot était une insulte ! Ceci dit, je pense que cette « mode » évoluera via les jeux vidéo, le nouveau media artistique (et j’insiste sur « artistique »). De nouveaux héros, de nouveaux univers, de nouvelles histoires, très souvent SF car la SF se prête visuellement très bien au média, sont créés par le jeu puis, ultérieurement, transposés, « traduits » en films, BD ou romans. Je crois qu’il faut cesser de considérer les Arts comme distincts : ils vont de pair. De la même manière que l’Opéra ne peut se concevoir sans décor, sans musique, sans texte et sans jeu de scène.

-Avec l’apparition de ce phénomène « fantasy », avez-vous développé votre collection/secteur imaginaire ? Si oui, sur quel genre avez-vous le plus axé votre production ? Avez-vous développé la fantasy ou en avez-vous profité pour conforter votre secteur science-fiction ? Eh bien, comme vous aurez pu vous en rendre compte, l’étiquette n’est pas ce qui gouverne notre choix. Par contre, elle peut gouverner notre stratégie commerciale.

-Selon vous quel est le devenir de la science-fiction dans l’édition ? (Finira-t-elle par disparaître…) Comme dit plus haut, à mon avis, l’appellation « science-fiction » va se dissoudre, disparaître au profit d’un autre mot, qu’on estimera plus représentatif, ou qui sera plus vendeur, c’est selon. Mais les œuvres, elles, existeront toujours.

services de presse, livres gratuits, de promotion

Steampunk : type de récits qui superposent des intrigues et des évènements qui ne devraient pouvoir exister que par la technologie de notre siècle, mais qui sont projetés sur un arrière-fond du XIXe siècle, celui de la machine à vapeur. Cela donne lieu à de curieux mélanges de ton et à quelques paradoxes. (Définition extraite du livre La science-fiction, Bozzetto Roger, éditions Armand Colin, collection « 128 », 2007)

Liée à l’âge d’or américain des années 1940, la hard science est une science-fiction marquée par l’emploi des sciences exactes, des logiques rationnelles et, parfois, une idéologie conservatrice. (Définition extraite du livre La science-fiction, Fontaine Frédéric, éditions Milan, collection « Les essentiels », 1996)

Partager cet article

Repost 0
Published by Lucie Chenu - dans Livres - édition
commenter cet article

commentaires

Lucie 04/08/2009 09:04

Je suis tout à fait d'accord avec l'idée que la science ne devrait être que le prétexte à raconter des histoires... mais d'une part, certains ont des goûts différents et ce qu'il préfèrent dans la SF, c'est la science, d'autre part, la science a tellement évolué ces dernières décennies que la SF s'est efforcée d'évoluer avec, de la suivre, voulant la précéder envers et contre tout...

Je crois que dans une certaine mesure, la SF ne s'est pas remise d'avoir vu arriver certaines choses qu'elle avait "prédites", comme par exemple les robots, le virtuel, le clonage, etc. Bien sûr, ça n'arrive pas exactement comme les auteurs de SF des années 50 l'ont raconté, mais ça arrive.

Et là, certains auteurs de SF ont le sentiment qu'ils doivent prédire à tout prix, ou du moins, raconter des histoires "cohérentes", donc... quasi-possibles.

Alors qu'en fait, ces prédictions avérées ne sont qu'un effet secondaire de certains livres et à côté de ceux-là, il en existe des centaines (des milliers) d'autres qui racontaient des histoires restées (en tout cas pour le moment) totalement impossibles (voyages dans le temps, voyages intersidéraux, extraterrestres, télépathie...)

Et du coup, certains lecteurs très science-fictionneux purs et durs supportent mal les histoires impossibles (ce qui est un comble, à mon avis !) voire simplement improbables.

C'est pour ça que je pense qu'il y a eu un glissement du sens du mot "science-fiction" (qui n'a jamais été un bon mot, AMA) et que ce mot (mais pas la SF !) va tomber en désuétude.

Vladimir Vodarevski 02/08/2009 12:44

Dans les librairies, la SF est rarement mise en avant. Dans le rayon SF-Fantasy, on mettra plus en avant le dernier bouquin Fantasy d'un grand éditeur, ou un classique d'Asimov. Peut-être attribue-t-on un aspect trop scientifique à la science fiction. Pour la Fantasy, il y a un aspect moyen-âgeux, ou légendaire, style histoire de Merlin. Cela compte dans notre pays. Le mot science réserve ce genre à un public technophile, et non aux littéraires. (Ce qui influe peut-être la sélection des ouvrages par les éditeurs, et crée un cercle vicieux. En repensant à Fleuve Noir Anticipation, j'ai l'impression qu'il y avait des livres plus accessibles à des non technophiles que dans des collections actuelles, dont je feuillette les livres en librairie.) Pourtant, la science n'est souvent qu'un prétexte en SF pour raconter une histoire humaine, qu'on ne pourrait pas raconter au présent. Le policier a lui aussi mis du temps a acquérir quelques lettres de noblesse.

corwin 31/07/2009 15:48

Bonjour Lucie,
interview très très intéressante.
Par contre, j'ai un peu de mal à croire que la SF se dissolve : il n'y a qu'à voir le succès que rencontre cette "nouvelle vague" qu'incarnent Richard Morgan, Peter Hamilton par exemple. Le premier plutot cyber et hardSF et le second pur produit SpaceOp.

Le vrai soucis, c'est le phénomène de mode : actuellement la Fantasy a le vent en poupe et les auteurs "pros" (ainsi que les éditeurs) ont besoin de "bouffer" comme tout le monde et se tournent assez facilement vers la fantasy mieux perçu par le public (y aurait pas d'ailleurs un RedSonja et un nouveau Conan dans les tuyaux pour le cinéma ?).
Après, on se colle les étiquettes qu'on a envie.
Et puis il y aura toujours des débats de fans.

Je trouve cependant que la scène SF est plutôt bien portante.... et ça me va bien :)

à bientôt,

Lucie Chenu 02/08/2009 10:08


Je ne pense pas que la SF se dissolve : je pense que le mot, l'étiquette, est un vrai repoussoir pour une grande partie du public français (et je ne parle que de l'édition en France, on est bien
d'accord ?). Bragelonne arrive à publier quelques romans de SF comme ceux que tu évoques, mais Bragelonne est avant tout un éditeur de fantasy, et ça n'est pas la SF qui leur fait gagner leur vie.
Ni les actes du colloque de Cerisy, qu'ils publient pourtant bel et bien.

Question qualité, oui, la SF est très bien portante, et même la SF francophone. Questions ventes, le livre qui s'est le mieux vendu ces derniers temps : "La Route", s'est vendu sans l'étiquette SF.
Relis bien mes réponses : à aucun moment je ne dis que la SF se dissout dans quoi que ce soit ! Je parle juste du mot "science-fiction". Ca n'est pas du tout pareil !!

Quant à la fantasy, à mon avis, elle est loin d'être un simple phénomène de mode. Mais ceci nécessiterait un autre article  



Vladimir Vodarevski 29/07/2009 23:03

Evidemment, comme tu dis que Rivière Blanche s'appelle ainsi en référence à Fleuve Noir, j'ai été voir. J'ai trouvé en page d'accueil un livre de PJ Hérault, La Fédération de l'Amas. Content de retrouver cet auteur. Je l'ai commandé. Je vais découvrir cette collection. Merci Lucie.

Lucie Chenu 30/07/2009 09:59


Ah oui ! il faut découvrir Rivière Blanche !! Il y a quelques bijoux, il y a aussi quelques livres sans prétention. Et c'est là que je publie mon recueil de nouvelles fin 2009-début 2010 :-))

Ca va me changer de m'occuper de mes nouvelles à moi :-D


Vladimir Vodarevski 29/07/2009 22:47

Bel interview. Tu défends bien la littérature, tu la décrit bien.
Ah! Fleuve Noir Anticipation! j'ai lu Cybione, d'Ayerdhal. Un Space Opera, l'histoire de Gurvan, de PJ Hérault je crois, et d'autres histoires, sans prétention pourrait-on dire, mais qui se lisait bien, prenantes. Et très variées. Et pas chers, les bouquins.
Tu vois, je ne m'intéressais pas qu'à l'économie quand j'étais étudiant!

Lucie Chenu 30/07/2009 09:58


Merci m'sieur ! Heureusement que tu t'intéresses aussi à la SF, sinon, je ne sais pas quel intérêt tu trouverais à mon blog ;)