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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 10:54
Un excellent article de Charlotte, sur son blog, m'a renvoyée à mes "interrogations" sur ce qu'est l'identité, la nôtre, celle qu'on voit-veut-voir-refuse de voir dans l'oeil du voisin. Et surtout, donné un lien vers A contresens qui m'a l'air d'être un site fort intéressant, et plus particulièrement vers un article intitulé 1940-2008 : la France et ses lois racistes Un rapprochement nécessaire : du Fichier des Juifs au Fichier ELOI. Je vous en livre la présentation de l'auteur  et un extrait qui m'interpelle particulièrement.

<<Français juif, enfant caché pendant la Seconde Guerre mondiale et fils de déporté mort pour la France, Georges Gumpel fut notamment partie civile au procès de Klaus Barbie (jugé à Lyon en 1987 pour Crimes contre l'Humanité). Il est aujourd'hui délégué régional Rhône-Alpes de l'Union juive française pour la paix, association notamment investie dans la lutte contre la politique xénophobe de l'Etat français, à travers la plate-forme RESF (Réseau Education sans frontières).>>

<<Le processus s'articule de la façon suivante :

exclusion, fichage, rafle, internement


Puis livraison aux nazis pour déportation. >>

Et puis j'ai appris quelque chose, comme quoi, il n'y a pas d'âge...

<<A la Libération, le Gouvernement Provisoire de la République annule tout le corpus inique de lois et décrets de Vichy, à l'exception des textes visant les Tsiganes… Leur internement, dans les camps de concentration français, se prolonge jusqu'à la fin 1945-début 1946…>>

Je vous conseille aussi, sur ce site, la lecture de cet article sur un livre que j'ai repéré il y a quelque temps, déjà : Les filles voilées parlent. Je ne l'ai pas encore lu, mais ce que j'en lis ici ou là me montre que je n'étais pas seule et débile, il y a quelques années, de penser que la meilleure façon de faire du tort à une adolescente, qu'elle porte le voile par soumission aux hommes de sa famille ou au contraire pour s'affirmer par rapport à la société, était de l'exclure de l'école.

Et ce temps-ci, alors qu'on parle d'interdire (totalement ? Partout ? dans la rue ? Et dans les maisons, que se passerait-il ?) le port de la burqa et du nikab, je me pose juste une question : que va-t-on faire des bonnes soeurs qui ne sont pas en civil ? Vous savez, ces femmes, religieuses, qui vouent leur vie à Dieu, au point de "l'épouser", de lui jurer fidélité et chasteté, prenant pour exemple une "vierge" qui "n'a jamais connu d'homme"... Ne faudrait-il pas, en toute logique, interdire à ces femmes de mener leur vie de recluse ? Ne devrait-on pas les obliger à s'habiller en civil ? Et interdire les films de Louis de Funès (Le Gendarme...) où l'une d'entre elles, avec sa cornette et sa 2CV qu'elle conduit dangeureusement, est un exemple tragique pour la jeunesse laïque ?

Oui, il y a un problème, parce que oui, il y a heurts entre l'homme et la femme, entre la laïcité et la religion (quelle qu'elel soit), entre la liberté de l'un et celle de l'autre. Mais ce problème, ne devrait-il être posé, discuté, résolu, plutôt que d'en interdire la manifestation ? Ah ! Ah ! J'allais en écrire une bien bonne ! J'allais dire "puisqu'on ne peut pas se voiler la face devant les voiles, on veut dévoiler les autres". Puisqu'on ne peut pas faire l'autruche, détourner le regard, on veut éradiquer la manifestation ostensible de la différence, sans même se poser la question de savoir quelle est réellement cette différence, si elle est une et apostolique, ou multiple, variée, selon les individus.

Sur Rue89, la discussion s'est engagée et certains commentaires sont intéressants. Sans trop d'agressivité, ils donnent des opinions contradictoires avec des arguments étayés, des points de vue et des tranches de vies différentes et... vous savez quoi ? J'aime la différence.

Je voulais mettre un morceau mais Deezer ne semble pas fonctionner pour ce morceau-là, ou alors je ne sais pas le faire fonctionner. Donc voilà le permalien : http://www.deezer.com/track/3507562


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Published by Lucie Chenu - dans Cri du coeur
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commentaires

Lucie 23/06/2009 22:36

Morse, vos deux derniers commentaires sont des appels à la haine et n'ont pas leur place ici. Outre le fait que mon blog n'est pas un lieu de haine, ni de haine de l'Islam, ni de haine de la laïcité, ni de rien d'autre, vos propos sont illicites. Je les supprime donc.

Je dirai juste ceci : il n'y a pas un Islam et un seul, celui de la burqa... Il y a l'Islam qui, au temps de l'Inquisition, était la seule religion de tolérance envers autrui. Toutes les religions ont leurs extrémistes et leurs monstres, et la laïcité aussi.

Nedeleg 23/06/2009 10:09

Je ressens les choses à peu près comme toi, Vladimir. C'est pour cela que l'amalgame "voile islamique" et "habit de religieuse" me heurte. Je maintiens que l'habit de la religieuse est le reflet de leur statut religieux et j'insiste en ajoutant sur le fait que c'est aussi un métier. L'habit de la religieuse est une sorte d'uniforme. Même si la religieuse a ensuite une autre activité (enseigner, soigner comme infirmière...), son métier principal est quand même la prière.
En outre, même chez les religieuses chrétiennes, l'habit tombe en désuétude depuis qu'elles en ont été dispensées par je ne sais plus quel pape. J'étais petite fille quand les soeurs dominicaines de mon école ont cessé de porter l'habit et se sont mises à porter des sortes de robes-blouses, très typées "tenues de concierges" dans les films caricaturaux.
Je me souviens de soeur Magdaléna, qui enseignait les mathématiques au collège. Une fois, elle s'est mise en grève parce que nous n'avions pas étés assez motivés/impliqués pendant la prière. Elle nous avait fait tout un discours pour nous expliquer qu'elle n'était pas "un marchand de soupe" et que nous apprendre les maths n'était pas sa préoccupation principale. Parfois, je me dis que si elle savait ce qu'a été ma vie, ce que je suis devenue, quelle foi est désormais la mienne, elle se retournerait dans sa tombe, la pauvre. Je l'aimais bien, cette soeur-là, même si elle était "terrible".
Plus tard, alors que j'avais déjà quitté les rangs du christianisme, j'ai rencontré des nonnes cloîtrées, dans une abbaye. Là oui, j'ai réfléchi sur la notion de liberté, d'asservissement volontaire, de place dans la femme au sein de l'église. Mais les Dominicaines de mon enfance, je les ai toujours ressenties comme des femmes de tête et de pouvoir. Chacune avait son caractère : certaines étaient gentilles, d'autres pas. Mais aucune ne donnait le sentiment d'avoir vécu une quelconque contrainte ni de regretter ce choix.
Je connais nettement moins bien l'islam. Est-ce qu'il y a, au sein de cette religion, l'équivalent des religieuses chrétiennes ? Si oui, alors ces femmes-là doivent être autorisées à conserver leur "uniforme religieux", bien évidemment.
En revanche, la tolérance actuelle envers les comportements intégristes commence à avoir des répercussions sur les non islamistes, en France même, dans les quartiers comme le mien. Dans le collège de ma fille aînée, ce ne sont pas les seules filles musulmanes qui ne peuvent pas venir en jupe sous peine de se faire "traiter", ce sont toutes les filles, quelle que soit leur confession ou leur absence de confession. Hier soir, conseil de classe. On remarque une montée de la violence physique et verbale dans l'établissement, et une montée d'un "mauvais esprit" envers les filles et les femmes chez certains jeunes garçons, qui grandissent avec l'idée que la femme est une sous-merde puisque c'est comme ça que la considère leur propre culture.
On s'est battu pour que les femmes occidentales soient libérées après des siècles d'oppression. Je suis mère de trois filles, et je refuse que mes filles voient la société régresser à ce niveau-là parce qu'on aura voulu se montrer tolérant vis à vis de traditions incompatibles avec l'égalité.
C'est l'éternel paradoxe de la liberté. Pour que le peuple soit un peu plus libre, des têtes sont tombées et des riches ont été spoliés. Après, le peuple s'est rendu compte qu'il s'était fait avoir et que les privilèges avaient juste changé de mains sans tomber dans les siennes... mais c'est une autre histoire.

Lucie Chenu 24/06/2009 16:40


Coucou Ned. Je crois que ma réponse à Vladimir contient ce que je voulais te répondre. Juste un truc : j'ai aussi été dans un collège de dominicaines où j'ai été choyée et dont j'aimais les
religieuses. Mais l'une des choses (il y en a un grand nombre) qui m'ont le plus éloignée de la religion catholique, ça a été de découvrir les atrocités de l'Inquisition... fondée par St Dominique
! L'Inquisition, qui brûlait les sorcières, les hérétiques (Cathares et autres) et les Juifs (particulièrement en Espagne). Et où pouvait à l'époque vivre les Juifs sans avoir à renier leur foi ?
Dans la partie de l'Espagne sous domination musulmane...

Ce sont les hommes qui craignent. Les religions... sont un des moyens dont des hommes se servent pour asservir leurs semblables... ou encore un des moyens dont des hommes se servent pour libérer
leurs semblable ! Comme les idéaux politiques. On a commis des atrocités au nom du Peuple, du socialisme, de la liberté ou de l'ordre. Autant de grands mots dont on se sert.

Et encore une fois, je balance plus mes questions (voire mes angoisses) que des réponses ! J'en suis désolée. Au moins, l'avantage, c'est que je ne risque pas de balancer des réponses toutes faites
;-)


Vladimir Vodarevski 22/06/2009 23:14

Je ne suis pas encore à l'aise avec les commentaires. A chaque fois je veux faire court, puis je m'aperçois que j'ai trop résumé. Je ne distingue pas entre le port du voile forcé et volontaire car le symbole est celui de la place de la femme dans la société. Si c'était un simple choix religieux, cela ne poserait pas problème. Je considère qu'il faut un geste fort pour s'opposer à une certaine idée de la femme. Même si, c'est vrai, j'ai une idée toute personnelle de l'application de l'interdiction, finalement inapplicable. Il me semble évident qu'on ne peut pas l'interdire à une immigrée de 60 ans, pour qui c'est un vêtement traditionnel.
Le "traitement" social du problème me paraît décidément le plus adapté.
Je réagis toujours trop vivement dès qu'il s'agit du voile car j'ai l'impression que la dimension "féministe" est oubliée dans le débat. De même, il faut le rattacher selon moi à la situation de ces cités, où les filles ne peuvent pas porter de jupe sans se faire traiter de pu... Ce qui a donné naissance à l'association de Fadela Amara. L'explication par la religion de cette situation ne me paraît pas pertinente. Ni par les traditions des pays d'origine des populations concernées. J'ai le sentiment qu'on se défausse du problème à bon compte en en faisant un problème religieux, ou éthnique.
j'espère avoir précisé ma pensée. Cela m'apprendra à réagir trop impulsivement, sur un sujet si sérieux.

Lucie Chenu 24/06/2009 16:29


Bon, de toute façon, il est clair que les commentaires de blog ne sont pas l'endroit le plus commode pour discuter, surtout d'une question aussi complexe. Parlons-nous du voile, de la burqa, d'un
choix ou de quelque chose qui est imposé ? Ce dont je parlais, au départ, dans mon article, était d'un livre-témoignage de femmes ayant choisi de porter le voile. J'ai aussi parlé d'un reportage
que j'ai vu sur une femme qui dit avoir choisi de porter la burqa par choix religieux et être étonnée de l'agressivité que cela provoque chez les autres. Et ce reportage m'a fait penser aux
religieuses catholiques et là, j'ai eu le sentiment qu'il y avait deux poids deux mesures, qu'on ne respectait pas de façons égales la religieuse catholique qui fait un choix encore plus extrême,
et la musulmane voilée.

Après, la situation des cités, la délinquance, la violence, sont des choses que je ne nie absolument pas. Mais je ne suis pas convaincue du rapport de cause à effet. Plus exactement, je crois que
les choses sont tellement complexes que si quelque chose est la cause d'une situation, elle est l'une des causes, mais pas la seule. (je ne sais pas si je suis très claire, là !)

Et tu n'as pas réagi trop impulsivement, non, pas plus que moi :-) Mais ça n'est pas facile à exprimer

j'ai dû fermer les commentaires de mon blog :-/ Mais on peut continuer à discuter par mail, si tu veux.


Nedeleg 22/06/2009 21:04

Tiens, y a ma copine la Noiraude, vache laitière de profession, qui va être bien épatée quand je vais lui dire que la cloche qu'elle porte autour du cou n'est pas laïque, selon ma Lucie ;op

Lucie Chenu 22/06/2009 22:14


^_____^ Chez moi, c'est une des chattes qui s'appelle Noiraude... l'a pas de cloche autour du cou.

N'empêche que "son de cloche", comme "querelle de clochers", ça vient bien des paroisses !

(et ceci dit, toute athée que je sois, je trouve très agréable d'entendre la cloche de mon village, surtout que je ne suis pas trop près, donc ça ne fait pas trop de bruit)


Vladimir Vodarevski 22/06/2009 20:01

Bonjour,
concernant le voile, je crois que le débat est surtout mal engagé. Ce n'est pas un symbole religieux. Il n'apparaît pas dans le Coran, et existait avant. La religion n'a fait que jouer le rôle qu'elle avait dans nos anciennes sociétés, de gardienne de la morale. Le voile est le symbole de la place de la femme dans la société.
Par conséquent, aucune analogie avec les vêtements des religieuses ne peut être faite. Par ailleurs, N'oublions pas que dans de nombreux pays, les femmes se battent pour leur liberté, et l'abandon du voile est le symbole de cette liberté. Si le voile était un symbole religieux, il ne poserait pas problème.
Maintenant, l'interdire est nécessaire mais insuffisant. Aucune loi nouvelle n'est d'ailleurs nécessaire pour l'interdire. La loi stipule déjà l'égalité entre l'homme et la femme.
Cependant, derrière les problèmes de voiles, il y a tous les problèmes sociaux, qui touchent les gens d'origine immigrée, mais aussi ceux qu'on appelle des français de souche, dont le malaise peut lui s'exprimer lui par l'extrémisme, de gauche ou de droite.
Deux faces d'un même problème selon moi. D'un côté l'enfermement dans les traditions du pays d'origine, pourtant combattues dans ce pays d'origine. De l'autre,enfermement dans une autre forme d'intégrisme.

Lucie Chenu 22/06/2009 20:22


Je ne comprends pas ton "par conséquent". Pourquoi ne pas faire l'analogie avec les vêtements des religieuses : ne sont-elles pas des femmes ??? Elles sont des femmes qui ont fait le choix d'un
certain type de vie extrême (de mon point de vue) et d'un certain costume, avec voile sur la tête, et elles ont fait ce choix "pour Dieu". Les musulmanes qui portent le voile ou la burqa disent
avoir fait ce choix "pour Dieu" aussi. Pourquoi ne pas comparer ? Pourquoi nier leurs ressemblances ?

De plus, quand tu dis qu'interdire le voile est nécessaire mais insuffisant : nécessaire pour qui et pour quoi ? J'ai l'impression que tu confonds (dans la phrase sur l'égalité hommes-femmes)
interdire le port forcé du voile, avec interdire le voile. Pour moi, ce sont deux choses différentes.

Mais je suis bien d'accord avec tes deux derniers paragraphses !

Et bon, faudrait que je lise ce livre avant d'en parler !