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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 07:55
Or donc, résumé des épisodes précécents

Dans la saison 1 (oui, je sais, je plagie Martin Winckler, c'est mal mais en même temps pour parler de santé, ça le fait, non ?), je changeai de médicament pour éviter le T***, potentiellement tératogène. Comme la numéro 2 a mis un moment à arriver, qu'ensuite je n'étais pas "en état de pratiquer le protocole de remplacement de médoc", je suis restée pas loin de vingt ans sous G***

Dans la saison 2, je me plaignis de fatigue excessive et de trous de mémoire. Je me décidai donc à aller consulter la neurologue, qui me fit plutôt bon effet lors de la première consultation, mis à part le fait que sur l'heure que je passai dans son cabinet, elle s'isola durant 50 minutes pour téléphoner, et qu'elle eut le toupet de me dire ensuite d'un ton étonné, "on a parlé très longtemps ensemble !" Ceci dit, elle avait posé son verdict dès les cinq premières minutes "ma pov' dame ! Ca fait vingt ans que votre cerveau est imbibé de G*** ; à quoi vous attendiez-vous donc ?" Et de me proposer un remplacement par du K***, très efficace pour ce que j'ai parait-il et, argument suprême, un nouveau médicament. Tout en précisant qu'il faudra toujours que je prenne une petite quantité de G*** parce que je suis accro, et qu'elle en veut pour preuve le fait que quand l'O***, un autre médicament, a été supprimé, les patients ont eu beaucoup de mal à le supporter. Et là, je suis un peu surprise. Je me souviens de l'O***, j'en ai eu, sa seule différence avec le G*** était une amphétamine (qui empêchait qu'on soit trop abruti, le pied !). C'est à l'amphétamine que les patients étaient accro, pas au G*** !!

C'est là que commence réellement l'intrigue de la saison 2, en fait. L'argument de l'O*** est idiot et "nouveau médicament", pour moi, c'est équivalent à "effets secondaires non connus", à "faire le cobaye", j'ai déjà suffisemment donné. Histoire d'être sûr qu'on ne passe pas à côté de quelque chose, je vais quand même subir une IRM, par acquis de conscience, mais ce "nouveau médicament", ça me tracasse. Et là, se place un épisode crucial. J'ai RV avec ma généraliste pour ma fille, une broutille, et je lui fais au passage un résumé des épisodes qu'elle a manqué. Réaction : elle fait la grimace, me dit "ça m'embête, quand même, faudrait pas que vous [fassiez une crise au volant, vous êtes équilibrée comme ça... Dites-lui de m'appeler la prochaine fois que vous la voyez."

Ce que je fais. L'IRM n'a révélé aucune lésion sur mon cerveau, ça m'a assourdie (ça fait un barouf d'enfer, ça ! C'est pas sffisemment montré dans Dr House), mais tout va bien de ce côté-là. Mais quand je dis à la big Spécialiste que ma généraliste a un doute et souhaite lui parler, elle se met en rogne, me dit que puisque c'est ça, je n'ai qu'à repartir avec mon G*** et qu'elle ne me force pas à prendre du K***, ne m'explique pas (malgré mes demandes répétées) pourquoi on ne me repasse pas au T*** (ça n'est pas comme si j'avais l'intention d'avoir d'autres mômes, à mon âge). Elle finit tout de même par appeler sa consoeur et là, j'hallucine : ma généraliste se défausse totalement, dit que jamais elle n'a mis en doute, bla-bla, que les patients interprètent les mimiques, c'est bien connu, bla-bla... Bref, en un mot : elle ment.

Et l'autre est toujours en colère. Parce que, vous comprenenez, une piqûre d'épingle sur son ego, c'est plus grave que ma santé, n'est-ce pas ? Qui plus est, elle se met en colère contre une patiente qui vient la consulter pour des troubles de mémoire et de compréhension... et moi (mais ça doit être mes troubles de mémoire et de compréhension, sûrement) je trouverais logique qu'elle me réexplique, qu'elle se mette à ma portée, plutôt que de considérer que mon "rôle" est d'accepter pour argent comptant (une autre fois je vous parlerai de l'argent dépensé, tiens !) ce qu'elle me dit.

Et là, je voudrais qu'on m'explique un truc : comment les malades peuvent-ils avoir confiance dans des médecins qui se conduisent de façon aussi puérile ? Comment accepter un diagnostic, un avis, et quelque chose d'aussi lourd qu'un protocole de remplacement de médicaments anti-épileptiques, quand il est conseillé par des gens qui se mettent en colère, qui racontent des absurdités du point de vue scientifique ou des mensonges ?

Je décide donc de consulter mon autre généraliste (ben oui, c'est un couple, en général je vais voir l'un ou l'autre en fonction de l'horaire, mais parfois je choisis celui qui me paraît le plus apte. Et, oui, à chaque fois, je trouve ça craignos et je rêve d'une consultation où ils seraient là tous les deux, à exprimer leurs avis, et où nous pourrions prendre tous les trois des décisions). Bref, on fait le point, je comprends que le K*** n'est pas aussi jeune que je le croyais,  il a quelques années derrière lui et semble vraiment bien réussir aux malades, que le T*** a lui aussi des effets secondaires craignos, etc. Je décide donc de faire le pas -- de toute façon, ce changement de médoc, c'est un peu l'Arlésienne, on en parle depuis si longtemps ! Donc, c'est décidé, on lance le protocole. Ce qui signifie, en clair, que je commence à prendre le K*** en n'arrêtant surtout pas le G***, et que dans trois semaines, je commencerai à diminuer très progressivement, très lentement, la dose de G***, de manière à n'être plus couverte que par le K***, et à ne plus avaler qu'une petite dose de G***, juste de quoi empêcher que je souffre d'un syndrome de manque (et j'ai toujours un doute sur ce syndrome de manque puisque le G*** ne contient pas d'amphétamine et qu'on ne peut donc pas comparer la situation avec les patients sous O***)

Alors parmi les effets secondaires du K***, il y a bien entendu aussi la fatigue (moindre), la "viscosité mentale" (le terme a bien fait marrer mon généraliste), mais curieusement, les effets ne sont pas censés s'additionner parce qu'ils sont produits par des causes (i.e. des molécules, donc des modes d'action) totalement différentes. Si vous voulez : le chaffage est réglé trop chaud et en plus vous portez un polaire + un pull, vous ne devriez pas avoir plus chaud parce que les causes de la chaleur sont différentes. Bizarrement, je suis sceptique, m'enfin, si j'insiste, on va finir par me dire que je suis vraiment de mauvaise foi ;-)

Autre chose : quand on entreprend un protocole de ce genre, on s'arrange pour se réserver une période pendant laquelle on n'a pas besoin d'une trop grande activité, on ne prévoit pas de déplacements, on va s'économiser, quoi ! J'ai donc laissé passer les Imaginales et le colloque sur la fantasy, j'ai bouclé le boulot urgent. J'avais prévu de faire une pause sur le boulot éditorial. De toute façon, il était temps que je repasse en mode auteur, comme dit Nath, vraiment temps. Bien sûr, les événements ne se passent jamais comme on l'avait prévu, je me retrouve avec énormément de mails auxquels je dois répondre en utilisant mon cerveau... et c'est bien là que le bât blesse : le cerveau, il est visqueux ! Il est lent, il fatigue, il oublie, il se trompe. Il est imbibé de G*** !

(il m'arrive de me dire qu'avec tout ce que je fais, toute imbibée que je sois, je suis plutôt pas si mauvaise. Mais bon, ce genre de "pensée positive" ne dure pas réellement...)

Bref, j'ai commencé hier soir : j'ai avalé mon premier comprimé de K*** dosé à 500, et mon second ce matin. Résultat des courses : je marche de travers, j'ai du mal à tenir debout. Je présume que je vais m'habituer, d'ailleurs, si ça se trouve, c'est pas le K***, je n'en ai pas encore assez dans le sang, c'est juste psychologique (l'argument qui tue !!) Et c'est vrai que des raisons psychologiques d'être épuisées, j'en ai un paquet. Mais ça commence à bien faire, cette manie de qualifier de "psychologique" tout ce dont on ignore la cause physiologique, et surtout, d'ajouter cette note condescendante, ce "c'est dans votre tête" ou, plus exactement "c'est du pipeau. Vous inventez." Ca commence vraiment à bien faire...

L'argument suprême de la médecine : le patient invente des symptômes et en plus, il fait ça rien que pour emmerder le spécialiste qui sait mieux que lui ce qu'il ressent, la preuve : ses diplômes.

Et là, j'ai envie de tous les renvoyer lire Winckler, en particulier son blogue médical, et son site personnel. Et de leur balancer mes diplômes à la tête, aussi (et là, forcément, ils se vexent encore plus).

ce que j'ai rayé plus haut est faux, mais c'est ce que j'avais cru. Je n'avais pas le haut-parleur, mais la neurologue m'a fait croire que la généraliste se défaussait. Pas mal, hein !!

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Published by Lucie Chenu - dans bla-bla-bla
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commentaires

Lily 25/06/2009 05:15

Ah intéressant le coup de la spécialiste qui raconte des mensonges pour te faire croire que la généraliste ne te soutien plus... quelle dose de confiance en soi nécessaire pour cette dame ? A t elle autant besoin de prendre des détours pour asseoir son ego ?

Lucie Chenu 25/06/2009 07:43


C'était plus subtil que ça... tout dans l'atttitude, elle n'avait pas mis le haut-parleur et me répercutait des choses qui n'étaient pas ce que ma généraliste avait réellement dit... c'était très
bizarre


Lionel Davoust 19/06/2009 14:48

Hulà, comme ils sont imbus d'eux-mêmes... Ca rend fou de rage. Bon courage à toi.

Lucie Chenu 19/06/2009 14:55


En fait, j'ai l'impression qu'ils sont surtout pas sûrs d'eux du tout. Et du coup, ça fait vraiment flipper, quand tu as besoin de leurs compétences...

Ca me fait penser que depuis longtemps, et plus particulièrement en fac, je voue une grande admiration à ceux qui avouent sans fard "je ne sais pas, je vais me renseigner"

(oui, je voue / avouent... pas très zoli)


Nedeleg 18/06/2009 20:17

Eh non, Lily, ça n'existe pas parce que la fac de médecine opère sa sélection uniquement à partir du bachotage et du par coeur.
Et le pire c'est quand tu tombes sur de jeunes médecins (enfin, des quadra environ) qui, sous prétexte qu'ils n'ont pas étudié ta maladie à la fac (vu qu'elle est orpheline et découverte depuis peu) essaient de te convaincre que tes souffrances sont psychosomatiques et qu'il faut te faire suivre chez les psy.

Lucie Chenu 19/06/2009 09:56



Et si au moins ça provenait d'un réel souci pour le patient, d'une réelle inquiétude à propos de son état et d'un réel avis -- fût-il faux -- qu'un suivi psychologique pourrait l'aider à apaiser
ses souffrances ! Mais de plus en plus "psychologique" devient synonyme de "chiqué" ! Et oui, les médecins incoméptents qui, parce qu'ils ne connaissent pas quelque chose, décrètent "ça n'existe
pas", c'est à gerber. Mais là, en fait, c'est l'inverse que j'ai rencontré. Quelqu'un qui comprenait, qui connaissait, ce que je vivais, et qui, à cause de ça, ne supportais pas que je ne plonge
pas tout de suite dans son nouveau traitement, que je prenne le temps de réfléchir, moi, la malade. Et ça aussi, ça me fait gerber.
(et par contre, je n'ai pas compris pourquoi mon message se met partiellement en caractères gras !)



Lily 18/06/2009 18:29

Aie ouille ouillllle !!! Bravo pour garder la tête sur les épaules avec tout ça Lucie ! Les médecins assis sur leurs diplômes qui oublient qu'ils sont là pour guérir ou aider des patients (j'aime pas soi-nié comme dirait Salomé ;) ), eh bien y'en a pas assez ! y'a pas de diplôme qui donne un certificat d'empathie ? Ca devient plus que nécessaire ! Bon courage et bisous !

Lucie Chenu 19/06/2009 09:58


Merci Lily. Tu sais que je vais finir pas penser du bien de Salomé, ça m'inquiète     j'avais un a-priori
assez négatif mais le "j'aime pas soi-nié", c'est excellent !!


Nedeleg 18/06/2009 12:46

Comme je te comprends... et comme je compatis !
Les médecins sont objectivement de plus en plus imbuvables. Je regrette l'époque du gentil médecin de famille. J'en connais encore quelques-uns, pas forcément des vieux, d'ailleurs. Des médecins pour lesquels l'humain est plus important que l'égo. Malheureusement, j'habite à 1000 km de chez ce super docteur.^^
Je te souhaite plein de courage et je te fais d'énormes bisous pas visqueux du tout.
ta Nath

Lucie Chenu 19/06/2009 09:57


Je ne sais pas si les médecins sont plus imbuvables qu'avant, ou s'il y a des endroits où ils le sont particulièrement... Dans l'ensemble, il y a une morgue toulousaine assez pénible à supporter...