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  • : Les Humeurs de Svetambre
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  • : Je n'aime pas les étiquettes, les catégories, les petites cases... je m'y sens à l'étroit. J'ai l'intention de parler de bien des choses, ici ! De mes livres ou de ceux que j'ai lus, de mon travail ou de ma famille, de ce qui me fait hurler et de ce qui me fait jouir de la vie...
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  • Lucie Chenu
  • Je suis un être humain, Yeah ! et comme tout être humain, je possède trop de facettes, trop d'identités, pour les définir en moins de 250 caractères. Vous devez donc lire mes articles !
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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 10:04
Je relaie et m'associe à un appel publié dans Génération Science-Fiction.

Nous, le peuple de la science-fiction, auteurs, traducteurs, illustrateurs, critiques et chroniqueurs, essayistes, libraires, blogueurs, éditeurs et directeurs de collection, tenons à exprimer par ce texte notre opposition à la loi Création et Internet.

C'est un truisme de dire que la science-fiction se préoccupe de l'avenir et que nombre de ses acteurs ont dénoncé les dérives possibles, voire probables, des sociétés industrielles et technologiques ; le nom de George Orwell vient spontanément aux lèvres, mais aussi ceux de John Brunner, Norman Spinrad, Michel Jeury, J.-G. Ballard, Frederik Pohl & Cyril M. Kornbluth, et bien d'autres encore.

La science-fiction sait déceler les germes de ces dérives dans le présent, car c'est bien du présent que rayonnent les avenirs possibles, et c'est au présent que se décide chaque jour le monde de demain.

La méfiance face aux nouveaux développements technologiques et aux changements sociaux qui en résultent, la peur de l'avenir et le désir de contrôle d'une société obnubilée par un discours sécuritaire… tout cela a déjà été abordé par la science-fiction, et s'il est une chose dont elle a permis de prendre conscience, c'est que les technosciences et leurs développements sont la principale cause de changement dans nos sociétés modernes. De ces changements en cours ou en germe, nul ne peut prévoir les retombées mais on sait aussi qu'élever des barrières ou des murs n'amène qu'à les voir tomber un jour, de manière plus ou moins brutale. Aussi, plutôt qu'interdire, la sagesse, mais aussi le réalisme, devrait inciter à laisser libre cours à la liberté d'innover et de créer. Le futur qu'il nous faut inventer chaque jour ne doit pas être basé sur la peur, mais sur le partage et le respect.

La loi Création et Internet, rejetée le 9 avril dernier à l'Assemblée nationale, doit être de nouveau soumise à la fin du mois à la représentation nationale.

Cette loi, dont on nous affirme qu'elle défendra les droits des artistes et le droit d'auteur en général, nous apparaît surtout comme un cheval de Troie employé pour tenter d'établir un contrôle d'Internet, constituant par là même une menace pour la liberté d'expression dans notre pays.

Les artistes, les créateurs, tous ces acteurs de la culture sans qui ce mot serait vide de sens, se retrouvent instrumentalisés au profit d'une loi qui, rappelons-le, contient des mesures telles que le filtrage du Net, l'installation de mouchards sur les ordinateurs des particuliers, la suspension de l'abonnement à Internet sans intervention d'un juge et sur la base de relevés d'IP (dont le manque de fiabilité a depuis longtemps été démontré) effectués par des sociétés privées et l'extension de mesures prévues à l'origine pour les services de police luttant contre le terrorisme à l'échange non autorisé de fichiers entre particuliers.

Profondément attachés au droit d'auteur, qui représente l'unique ou la principale source de revenus pour nombre des travailleurs intellectuels précaires que nous comptons dans nos rangs, nous nous élevons contre ceux qui le brandissent à tout bout de champ pour justifier des mesures de toute façon techniquement inapplicables, certainement dangereuses, dont le potentiel d'atteinte aux libertés n'est que trop évident aux yeux de ceux qui, comme nous, pratiquent quotidiennement dans le cadre de leur travail l'expérience de pensée scientifique, politique et sociale qui est au cœur de la science-fiction.

Également conscients de l'intérêt et de la valeur des communautés créatives, nous nous élevons aussi contre les dangers que cette loi fait peser sur le monde de la culture diffusée et partagée sous licence libre, qui constitueune richesse accessible à tous.

Internet n'est pas le chaos, mais une œuvre collective, où aucun acteur ne peut exiger une position privilégiée, et c'est une aberration de légiférer sur des pratiques nées de la technologie du XXIe siècle en se basant sur des schémas issus du XIXe siècle, songez-y.

Car l'avenir est notre métier.

 

 

 

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(Liste mise à jour le 3 mai à 22 h 35.)

 

 

 

J'en profite pour redonner le lien vers La Quadrature du net, qui propose différentes actions, du coup de téléphone au député au black-out des sites et blogs, afin d'exprimer notre avis auprès de nos élus.

 

(j'ai hésité à classer cet article en thématique "culture", mais me suis dit que pour une fois "économie" conviendrait)

 


edit : c'est la gloire ! Libé en parle.

 

re-edit : et Livres Hebdo aussi ! Ce qui est intéressant, parce que cela porte le débat à un niveau différent, auprès d'autres acteurs de l'édition...

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commentaires

Lucie 04/05/2009 14:09

Heu non, la pétition dont tu parles n'est pas antérieure, il s'agit d'encore autre chose et j'ai confondu les deux... voilà ce que c'est que d'avoir un gros manque de sommeil !

Vladimir+Vodarevski 02/05/2009 19:20

Bonjour,
j'ai trouvé, totalement par hasard en plus, des artistes qui ne signeront pas la pétition! A cette adresse: http://marcdhere.over-blog.com/

Lucie Chenu 04/05/2009 13:52


Oui, en fait, la pétition dont tu parles est antérieure à celle des science-fictionneux. La liste des signataires comporte beaucoup de gens des milieux cinéma, télé, musique (mais pas des
indépendants !), qui brassent beaucoup d'argent et pensent avoir beaucoup à perdre. Et qui critiquent une proposition du PS plus qu'ils ne défendent la loi HADOPI, aussi !

Dans l'autre, on retrouve plus des gens qui estiment
-- que cette loi sera inefficace puisque dans tous les pays qui en ont adopté des similaires, les hackers ont adopté des outils informatiques leur permettant de la contourner
-- que les gens qui se retrouveront privés de connexion (et obligés de payer quand même leur abonnement !!) seront des boucs émissaires -- et seront vraiment dans la mouise tant il est vrai qu'on
ne peut plus accomplir aucune démarche administrative, ni chercher du travail, sans Internet ; et qu'il est injuste d'obliger les internautes à acheter des logiciels de surveillance
-- qu'il est contraire à la Justice d'appliquer une sanction sans passer par une procédure, en étant assisté d'un avocat, et cela suite à des délations (beurk !)
-- que la promulgation de cette loi permettra très facilement, ensuite, via la surveillance des e-mails (http://www.pcinpact.com/actu/news/50590-filtrage-email-messagerie-hadopi-communication.htm)
entre autres, via la surveillance des contenus des sites consultés, de contrôler encore plus l'opinion publique

et j'avais un autre argument, mais je ne trouve plus la référence, donc il faudra que j'en reparle ;-)


charlotte 26/04/2009 17:08

Et on signe où ?

Lucie Chenu 26/04/2009 19:36


Sur le blog de Génération Science-Fiction ! Sur le lien en tête de mon article :)


Vladimir+Vodarevski 26/04/2009 14:22

Bonjour,
Bonne idée d'avoir classé cet article en économie, sinon je ne l'aurais pas vu. J'ai l'impression qu'une majorité d'auteur soutient Hadopi. Personnellement, je trouve que le net offre des opportunités pour les auteurs.
Mon opinion, c'est qu'on prête beaucoup de tort à internet. Les ventes de musiques baissent parce que le filon des best of s'est épuisé. Et puis, il y a le prix. Celui de la musique n'est-il pas trop élevé? De plus, les gens ont toujours eu l'habitude d'écouter la musique gratuitement, à la radio. Le raisonnement est le même pour le téléchargement de séries. Un coffret d'une saison coûte peut-être un peu cher pour ce que c'est. Et les diffusions sur les chaînes hertziennes sont erratiques. Et, même sur l'ADSL, il y a assez rarement la VO. En diminuant le prix des coffrets, on augmenterait les volumes. Les magasins pourraient également être mieux achalandé. On ne trouve pas la saison 2 entre la saison 1 et 3. On trouve des kilomètres du derniers blockbluster, mais aucun conseil pour un film plus original. Qu'on serait prêt à payer plus cher.
Je connais mal la problématique pour les livres. C'est encore un peu pénible de lire sur écran. Par contre, il faudrait peut-être que certains sortent en livre de poche un jour. Mais, à titre de comparaison, on peut avoir une bonne BD pour 12,90 €, un livre de poche pour 8 €, ce qui incite à l'acte d'achat.
Je pense que ce que je viens d'écrire sont les critiques qui reviennent chez les gens.
J'ajouterai que la loi hadopi protège des acteurs établis, alors que des puissants nouveaux apparaissent (Live Nation en musique).
Je vais mettre ce blog en favori. J'ai vu des liens sympa.
Bonne continuation

Lucie Chenu 26/04/2009 19:49


Bonjour Vladimir, bienvenue sur mon blog :-) Ma foi, si le fait d'avoir classé cet article en économie peut permettre de faire connaître l'opinion des auteurs de SF, je suis contente d'avoir eu
cette idée ;-)

En fait, je ne sais pas si une majorité d'auteurs soutient Hadopi. Je dirais plutôt la majorité de ceux qui sont répercutés dans les media. C'est à dire ceux qui gagnent bien leur vie, et surtout,
ceux qui n'ont pas besoin de se faire connaître parce qu'ils sont déjà connus du grand public. Internet est très utile pour se faire connaître, en particulier pour les auteurs (et compositeurs, et
peintres, et graphistes, etc.) indépendants, et pour les petites maisons d'édition qui n'ont pas les moyens d'envoyer des SP à tous les chroniqueurs littéraires, de se faire connaître dans les
cocktails parisiens, et j'en passe... Par contre, beaucoup de petites maisons d'éditions de science-fiction ou de fantasy ont des forums fréquentés par des passionnés, et le bouche à oreille va
vite sur le net. Alors ces petites maisons, quand elles vendent quelques centaines d'exemplaires d'un ouvrage, c'est la gloire ! Ce qui n'empêche pas les grands groupes (qui tirent à quelques
dizaines, voire quelques centaines de milliers d'exemplaires) de se plaindre de la concurrence qu'elles leur font !

Mais je suis d'accord avec le fait que le téléchargement (à moins qu'il soit hyper intensif et visiblement destiné à un trafic, mais ça n'est pas le plus fréquent) fait de la promo plutot que de la
concurrence ! Des groupes de musique, comme Omnia, metttent leur dernier album en libre téléchargement sur leur site officiel. Ils savent bien que ça donnent envie de découvrir les autres, et ils
savent aussi que le fan va acheter, et faire connaître autour de lui.

S'il n'y avait pas de téléchargement... il y aurait moins de culture, mais pas plus d'argent pour les artistes. Plus d'argent pour les grosses maisons d'éditions / de production (livres, musique ou
films...), peut-être. Mais pas pour les indépendants...

je vais essayer d'explorer ton blog, mais ça va être rude, je ne comprends rien à l'économie ;-) Enfin, si un peu, mais c'est vite rébarbatif, pour moi. Comme le droit, mais depuis que j'ai
découvert le blog d'Eolas, je fais des progrès. Qui sait ? Ca va peut-être faire pareil ;-)